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Pour une consommation de viande profitable à tous

Cyrielle Denhartigh
Acteur de terrain

La viande occupe une forte place symbolique dans les menus des restaurants, des repas collectifs et des fêtes. Il est pourtant urgent de réduire sa consommation, pour des raisons de justice environnementale et sociale (tout le monde doit pouvoir manger à sa faim et de la nourriture de qualité). Comment se défaire d’une habitude alimentaire a...

De quelle liberté voulons-nous ?

Jean Caron
Question de sens

« Consomme et tu seras libre ! » À la liberté d’assouvir immédiatement nos désirs par l’acte d’achat, qui cache le piège d’une dépendance, la philosophie oppose une liberté plus profonde, fondée sur l’affranchissement des injonctions à consommer. Consomme et tu seras libre À la liberté d'assouvir immédiatement nos désirs pa...

Oser la frugalité

Julien Vidal
Acteur de terrain

Julien Vidal est parti en volontariat de solidarité internationale en Colombie puis aux Philippines. À son retour en France, il lance l’initiative « Ça commence par moi », un catalogue en ligne regroupant « 400 manières de changer le monde à l’échelle de l’individu ». Julien Vidal est parti en volontariat de solidarité internat...

Consommer pour faire partie de la société

Jeanne Lazarus
Chercheur

Quels rapports les plus démunis entretiennent-ils avec la consommation ? L’espoir des Trente Glorieuses était qu’ils s’intégreraient à terme dans une société où le mode de vie des classes moyennes aurait été généralisé. La crise et le chômage ont brisé ce schéma. Dans une société organisée essentiellement autour du travail, ...

Pour le pape François, le consumérisme est une addiction

Hélène Noisette
Question de sens

En juin 2015, le pape François lance un appel vigoureux pour la sauvegarde de notre planète dans l’encyclique « Laudato si’ ». Sans se contenter de recenser les dégâts que nous lui infligeons, il se penche sur les causes profondes de la crise socio-environnementale. Parmi elles : le consumérisme. En juin 2015 le pape François lance un a...

Faites durer le plaisir : consommez durable !

Samuel Sauvage
Acteur de terrain

Nos objets ne sont pas faits pour durer. Cette obsolescence programmée s’accompagne d’une frénésie consommatrice qui génère des plaisirs éphémères. Faire durer un bien, c’est faire durer le plaisir ! Nos objets ne sont pas faits pour durer Cette obsolescence programmée s'accompagne d'une frénésie consommatrice qui génère des plai...

Face à la publicité, où s’arrête notre liberté?

Julien Intartaglia
Chercheur

Quels sont les leviers d’une publicité efficace ? En alliant matraquage publicitaire, relation au consommateur et émotion, les annonceurs bénéficient d’outils d’influence particulièrement puissants. Quelle place ces nouvelles stratégies laissent-elles au libre arbitre du consommateur ? Quels sont les leviers d'une publicité efficace En...

[À écouter] Peut-on éviter le consumérisme ?

Antoine Bellier, Aurore Chaillou, Renaud Fossard et Mickaël Mangot
Pour en savoir plus

À l'occasion de la sortie de la "Revue Projet" "Pourquoi est-il si bon de consommer ?", deux auteurs du numéro et la rédactrice en chef adjointe de la revue étaient invités à débattre sur RCF. À l'occasion de la sortie de la Revue Projet Pourquoi est il si bon de consommer deux auteurs du numéro et la rédactrice en chef adjointe de la re...

Faut-il consommer pour être heureux ?

Mickaël Mangot
Chercheur

Si l’argent ne fait pas le bonheur, la consommation pourrait-elle s’en charger ? Selon les économistes du bonheur, toutes les consommations ne se valent pas. Celles qui rendent le plus heureux durablement sont celles qui renforcent notre identité et notre connexion aux autres. Si l'argent ne fait pas le bonheur la consommation pourrait elle s...

Déliaisons dangereuses

Aurore Chaillou
L'équipe de rédaction

Tout le plaisir est pour vous Avec ce nouveau slogan les supermarchés Leader Price promettent à leur clientèle une expérience magasin réinventée grâce à des produits nouveaux une zone 100 plaisir offrant produits bio papeterie téléphonie et cosmétiques Qu'est ce qui s'exprime dans cette quête insatiable de nouveauté et de plaisir Pour...

De l’extension du domaine de la pub

Renaud Fossard
Acteur de terrain

Nous sommes exposés chaque jour à des milliers d’incitations à consommer. Si certaines publicités s’affichent comme telles, les marques ont désormais recours à une vaste gamme de stratégies pour se rappeler à nous tout au long de la journée. Nous sommes exposés chaque jour à des milliers d'incitations à consommer Si certaines public...

Qui consomme quoi ?

Pascale Hébel
Pour en savoir plus

« Dis-moi comment tu consommes, je te dirais qui tu es. » Nos habitudes de consommation se sont transformées ces vingt-cinq dernières années et sont fortement marquées par des critères sociaux et générationnels. Achat de services plutôt que de biens, usage plutôt que propriété, pratiques collaboratives... Quelles sont aujourd’hui l...

Enfants : affronter la frustration

Marguerite de Larrard
Question de sens

On sait aujourd’hui que les jeunes enfants n’ont pas les capacités cérébrales pour faire face à la frustration. Le marketing qui leur est destiné utilise cette fragilité, proposant sans cesse de nouveaux jouets, de nouvelles friandises. Dans un tel contexte, comment aider les tout-petits à gérer leurs émotions et leurs désirs ? Margue...

« La consommation est impulsée par notre désir de reconnaissance »

Alain Caillé
Chercheur

Entretien – Dans quelle mesure la consommation, plus qu’une accumulation « d’avoir », nous permet-elle aussi « d’être » ? La quête de reconnaissance via la consommation est-elle vouée à l’échec ? Entretien Dans quelle mesure la consommation plus qu'une accumulation d'avoir nous permet elle aussi d'être La quête de reconnai...

Nous ne sommes pas assez matérialistes !

Alexandre Chirat
Chercheur

Soyons matérialistes ! Il y a plus d’un siècle, l’économiste américain Thorstein Veblen nous invitait à considérer les objets pour l’usage qu’ils satisfont, plutôt que pour leur valeur d’échange. Sa pensée reste d’une grande actualité. Elle nous invite à rompre avec le consumérisme. Soyons matérialistes Il y a plus d'un si...

Sortir du consumérisme est devenu vital

Bernard Perret
Question de sens

Nos modes de consommation actuels sont insoutenables pour l’environnement et menacent la qualité du vivre ensemble. Il est aujourd'hui indispensable de penser autrement notre rapport aux objets, car à travers eux se jouent nos relations aux autres et à la nature. Nos modes de consommation actuels sont insoutenables pour l'environnement et men...

Les Trente Glorieuses ou le bonheur par la consommation

Jean-Claude Daumas
Chercheur

L’avènement de la société de consommation a représenté pour les Français une véritable révolution de la vie quotidienne. Synonyme de modernité, de confort et d’émancipation, elle ne s’est cependant pas accompagnée d’une uniformisation des modes de consommation. L'avènement de la société de consommation a représenté pour les ...

Question en débat : Pourquoi est-il si bon de consommer ?
© Julien Vidal
© Julien Vidal

Oser la frugalité


Julien Vidal est parti en volontariat de solidarité internationale en Colombie puis aux Philippines. À son retour en France, il lance l’initiative « Ça commence par moi », un catalogue en ligne regroupant « 400 manières de changer le monde à l’échelle de l’individu ».

En quatre ans, j’ai effectué deux volontariats de solidarité internationale avec la Délégation catholique pour la coopération (DCC). D’abord en Colombie, à partir de novembre 2011, puis aux Philippines à partir de février 2014. Aux Philippines, j’ai pris une énorme claque : celle du réchauffement climatique. Là-bas, c’est une réalité très tangible, que j’ai vécue dans ma chair. Désormais, les Philippins ne disposent plus de suffisamment de lettres dans l’alphabet pour baptiser les typhons qui touchent le pays ! Sans parler des inondations, ni des températures qui dépassent allégrement les 40 °C. Face à cela, le volontariat induit une simplicité évidente. En vivant dans les bidonvilles ou à proximité, j’ai découvert ce que veut dire organiser différemment son quotidien, sa consommation, sa relation au temps et au bonheur.

Après cette expérience, j’avais l’impression de tout voir avec un œil nouveau, parce qu’en arrivant dans une autre culture, je remettais sans cesse tout en question : « Pourquoi font-ils ça ? Pourquoi mangent-ils ça ? » Et cette attitude de questionnement, je n’ai pas pu m’empêcher de la conserver en rentrant en France : « Pourquoi nous retrouvons-nous à vivre de cette manière ? » J’avoue avoir imaginé le retour au pays comme une fête. Mais je l’ai vécu comme un choc ! Toute cette abondance de biens… Je me souvenais avec tristesse de la magie des rares fois où, à l’étranger, j’avais dégusté du vin et du fromage. En France, c’était redevenu tout à fait banal.

Une autre prise de conscience explique que depuis deux ans et demi, je n’ai pas quitté la France pour une expérience touristique. Je suis affolé à l’idée de repartir à l’étranger pour une courte durée. Je sens, je sais que je ne pourrai pas vivre cette expérience avec l’intensité de ce que j’ai vécu en Colombie et aux Philippines. J’ai compris que, à chaque fois que des amis venaient me rendre visite pour découvrir ces endroits magnifiques, il y avait une différence fondamentale entre eux, qui étaient des touristes, et moi, qui vivait ce volontariat : celle du rapport au temps. Mes amis étaient organisés, avaient un planning, une envie et un besoin d’efficacité. Moi, présent depuis plusieurs mois, parfois plusieurs années, j’étais à la recherche d’autre chose. Et finalement, c’est de cet « autre chose » que l’on parle une fois rentré. Pendant quelques minutes, on décrit les endroits magnifiques qu’on a vus ; ensuite, pendant une heure, on raconte les rencontres extraordinaires que l’on a faites. Pour moi, il était indispensable de laisser toute la place à ces rencontres. Voilà longtemps que l’on me dit : « Viens en Inde ! » Et j’ai l’opportunité d’y aller pour une activité qui ne soit pas uniquement du tourisme. Mais je redoute de ne pas avoir le temps suffisant pour vivre l’expérience qui m’intéresse, celle de rencontres qui me décentrent et me permettent de me découvrir à travers le regard de l’autre.

Pour toutes ces raisons, j’ai lancé à mon retour l’initiative : « Ça commence par moi ». Avec mon regard neuf sur notre société, j’ai interrogé nos modes de vie. Sommes-nous vraiment obligés d’avoir des moteurs électriques pour remonter nos volets ? D’utiliser de l’eau potable pour nos toilettes ? De surchauffer nos bureaux en hiver et de les climatiser en été ? D’acheter des fruits et légumes qui ont tous la même forme ? À partir de ces interrogations, j’ai listé 365 défis que je me suis imposés pour développer de nouvelles habitudes de vie : coller un « Stop pub » sur ma boîte aux lettres, utiliser un moteur de recherche écologique, acheter mes vêtements dans des friperies, installer des mousseurs sur mes robinets, faire mon compost, manger végétarien, changer de banque, rejoindre un supermarché coopératif, passer chez un fournisseur d’électricité verte, fabriquer mes produits d’entretien, aller au travail à vélo…

Ma conviction de départ ? Le changement est en cours dans nos sociétés et nous avons déjà la réponse au défi écologique qui s’annonce. On nous dit qu’en 2030, il faudrait que nous ayons tous divisé par quatre notre empreinte carbone pour pouvoir vivre de manière pérenne sur cette planète. Aujourd’hui, ce « facteur 4 », je l’ai plus que dépassé. Si tout le monde vivait comme moi, nous n’aurions plus besoin que des ressources de 0,8 planète (alors qu’actuellement, si tout le monde vivait comment des Français, nous aurions besoin de 2,9 planètes). Pourtant, je n’ai rien inventé ! Les actions que j’ai adoptées dans mon quotidien sont aussi expérimentées par d’autres. J’ai simplement poussé la logique des petits pas un peu plus loin. Je donne une touche plus jeune et plus urbaine à la sobriété heureuse de Pierre Rabhi : on peut être un colibri en vivant en ville.

De cette expérience, je retiens deux points de vigilance. Le premier concerne la relation à l’entourage. J’ai toujours eu l’impression d’être le « mouton noir » de ma famille sur ces questions de transition écocitoyenne. À chaque fois qu’on abordait ces sujets, mon entourage se refermait et je m’énervais parce qu’on ne m’écoutait pas. Puis j’ai découvert cette phrase : « L’expérience est une lumière qui n’éclaire que celui qui la porte » et je me suis promis de ne plus essayer de changer les gens. J’ai décidé agir et de ne parler de ce que je fais qu’aux gens qui me questionnent. Rien de plus. Paradoxalement, je ne me suis jamais senti aussi influent. Ce doit être la puissance de l’exemplarité. Aller au bout des choses, mettre en cohérence mes valeurs et mes actes, cela participe à mon bonheur. Et, forcément, cela interpelle mon entourage.

Le second point de vigilance concerne le fait d’opposer action individuelle et action collective. Au risque d’être un peu brutal, je trouve que c’est une erreur. L’un ne va pas sans l’autre. Peut-on reprocher à un musicien de s’entraîner chez lui avant de jouer dans un orchestre symphonique ? Cela n’a pas de sens ! D’un côté, l’urgence est telle que chaque geste compte. De l’autre, l’enjeu collectif est si colossal que nous devons être solides individuellement pour pouvoir réorienter profondément et durablement la direction prise par notre société. Personnellement, j’ai d’abord eu besoin de comprendre mon rôle au niveau individuel avant d’envisager un changement systémique. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas aussi faire la démarche inverse. Il y a autant de bonnes manières d’agir que de personnes sur Terre. L’important, c’est d’avancer. Et vite !

Cet article a notamment été rédigé à partir d’une intervention de Julien Vidal le 5 décembre 2017 lors du colloque « Le volontariat au défi de la transition écologique et solidaire » organisé au Ministère des Affaires étrangères et européennes par la DCC pour ses 50 ans.

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