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Dossier : Pourquoi est-il si bon de consommer ?

Enfants : affronter la frustration

© iStockphoto.com/shironosov
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On sait aujourd’hui que les jeunes enfants n’ont pas les capacités cérébrales pour faire face à la frustration. Le marketing qui leur est destiné utilise cette fragilité, proposant sans cesse de nouveaux jouets, de nouvelles friandises. Dans un tel contexte, comment aider les tout-petits à gérer leurs émotions et leurs désirs ? Marguerite de Larrard a fait un choix radical : exposer le moins possible ses enfants à la société de consommation.

Les neurosciences viennent confirmer ce qu’intuitivement nous savions déjà : le cerveau du petit enfant n’est pas suffisamment mature pour affronter la frustration en toute sérénité. Là où la plupart des adultes sont (théoriquement) capables de prendre une saine distance émotionnelle par rapport à l’objet d’un désir, l’enfant est submergé par une tempête hormonale qu’il n’est pas en mesure de maîtriser. Ce fameux « caprice », où l’enfant se jette par terre en hurlant, la bave aux lèvres, a longtemps été interprété comme une stratégie de manipulation des parents. Au XIXe siècle, ces accès de rage étaient assimilés à une manifestation du démon, qu’il s’agissait de mater le plus tôt et le plus vigoureusement possible.

Du « caprice » à l’apprentissage de la frustration

Heureusement, ces conceptions ont évolué. La plupart des pédagogues s’accordent aujourd’hui sur le fait que les parents doivent accompagner l’enfant dans la gestion de la frustration, afin qu’il établisse progressivement les connexions neuronales lui permettant de faire face au « non » 1. Concrètement, cet accompagnement peut prendre la forme d’une attitude ferme, douce et bienveillante. Julia, 2 ans, me demande un gâteau. Lorsque je lui explique que ce n’est pas l’heure, elle se jette par terre en hurlant, essaye de me taper et de casser quelque chose. Je la contiens doucement mais fermement dans mes bras, ce qui amplifie encore sa rage. Puis, au bout de quelques minutes, c’est fini. La frustration est sortie, Julia se détend. Un dernier sanglot, un soupir, un sourire et on passe à autre chose. Ces expressions de la frustration sont souvent d’autant plus courtes qu’elles sont intenses

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