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Question en débat : Monde cherche citoyens

Le volontariat : un élargissement de la citoyenneté

Guillaume Nicolas
Acteur de terrain

Chaque année, des centaines de volontaires partent vivre un ou deux ans à l’étranger, au nom de la solidarité internationale. Une démarche non sans incidence au retour, sur la façon de se concevoir citoyen. Chaque année des centaines de volontaires partent vivre un ou deux ans à l'étranger au nom de la solidarité internationale Une dém...

Pour une mondialisation de la solidarité

Bernard Salamand
Acteur de terrain

Nées de la décolonisation, les organisations de solidarité internationale s’interrogent. Elles ont professionnalisé leur action, politisé leur discours, mais n’échappent pas à la concurrence, aux exigences de résultats immédiats, et la grille de lecture Nord-Sud ne suffit plus. Il leur faut pourtant assumer d’être pionnières dans l...

Désobéir pour le climat

Clémence Dubois
Droit de cité

Si elle n'est pas née activiste, Clémence Dubois nous raconte son parcours d'engagement. Il démarre en 2008, par la faillite d'une grande banque d'investissements américaine. Si elle n'est pas née activiste Clémence Dubois nous raconte son parcours d'engagement Il démarre en 2008 par la faillite d'une grande banque d'investissements américa...

La société civile doit se mettre au jeu d'échecs

Bernard Perret
Chercheur

Difficile de situer son engagement, quand il n’y a plus de grand récit mobilisateur, ni d’action évidente pour rendre plus juste un monde où « tout est lié ». Pourtant, les interdépendances grandissantes ont aussi pour effet de diversifier nos leviers d’influence, elles nous invitent à penser en stratèges. Difficile de situer son eng...

Éloge des espaces de parole

Under Construction
Acteur de terrain

UnderConstruction est une association d’éducation populaire, basée à Saint-Denis (93). Depuis plus de neuf ans, ses trente membres animent, partout en Île-de-France, des espaces de jeux et de débats sur de nombreux thèmes : la libre circulation, la démocratie, les droits fondamentaux… Pour plus d’informations : www.underconstruction.fr...

Monde vs nation : de quelle cité est-on aujourd’hui citoyen ?

Louis Lourme
Chercheur

Nous n'avons jamais eu autant conscience du monde. Ni autant besoin d'agir au niveau mondial. Mais nous sommes citoyens d'un État. Quelles institutions imaginer pour donner corps à une citoyenneté mondiale ? Nous n'avons jamais eu autant conscience du monde Ni autant besoin d'agir au niveau mondial Mais nous sommes citoyens d'un État Quelles in...

Démocratie : on joue mieux avec un ballon gonflé

François-Xavier Verschave
Acteur de terrain

Inspiré de l’historien Fernand Braudel, François-Xavier Verschave dépeint la société politique en trois étages. La démocratie ne respire qu’à l’étage intermédiaire. Celui de la société civile. Un texte de 1999 qui n’a pas pris une ride. [1] Inspiré de l'historien Fernand Braudel François Xavier Verschave dépeint la société ...

Citoyens empêchés ?

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Dès la naissance je m'inscris dans l'humanité entière une humanité diverse mais une Le droit produit de l'histoire a beau me rattacher à une communauté délimitée c'est là mon attachement le plus fort Interdire aux associations comme la maire de Calais en ce 2 mars 2017 de nourrir certaines personnes parce qu'elles n'entrent pas encore dan...

« Nous avons choisi de vivre à la marge »

Marguerite de Larrard
Droit de cité

Je m'appelle Marguerite j'ai 31 ans C'est dans le béton de la banlieue parisienne que j'ai d'abord poussé avant de me transplanter à Paris Bogotá Barcelone J'y ai développé une conscience de citoyenne du monde indignée devant les inégalités Nord Sud Convaincue de trouver dans l'économie internationale les tenants et aboutissants de l'inj...

Des citoyens inégalement liés les uns aux autres

Serge Paugam
Chercheur

Pour Serge Paugam, quatre types de liens attachent les individus entre eux et à la société. Si ces liens sont aujourd’hui plus fragiles, c’est surtout leur entrecroisement inégal, selon les individus, qui affecte la société tout entière. Le vivre-ensemble serait-il toujours possible face à ces diversités ? Pour Serge Paugam quatre type...

« La citoyenneté entraîne une responsabilité collective »

Rony Brauman et Gérôme Truc
Question de sens

Entretien - Pourquoi nous sentons-nous concernés par le sort des individus, à l’autre bout de la planète ? Pouvons-nous être responsables de tout, en permanence, et devenir de « Supers citoyens » ? Entretien Pourquoi nous sentons nous concernés par le sort des individus à l'autre bout de la planète Pouvons nous être responsables de tout...

Ma voix compte : se donner le pouvoir d’être citoyen

Karim Mahmoud-Vintam
Acteur de terrain

Depuis 2007, le mouvement civique des Cités d’Or propose à chacun et chacune des temps de rencontres, d’échanges ludiques et de formation. Le but ? Identifier et diffuser les savoirs faire et savoirs-être fondamentaux nécessaires à tout individu pour être acteur de sa vie et de la société. Autrement dit « tenir ensemble transformation...

La cité grecque et le monde

Anne Baudart
Chercheur

Il y a plus de 3000 ans, l’Agora grecque résonnait déjà des débats entre les citoyens, posant les jalons de notre culture politique, mesurant combien la citoyenneté est exigeante. Et combien une démocratie ouverte sur le monde est fragile... Il y a plus de 3000 ans l'Agora grecque résonnait déjà des débats entre les citoyens posant les ...

« Pas de politique sans passion »

Yves Sintomer
Chercheur

Entretien - Confrontés directement à la mondialisation, les citoyens se sentent parfois dépossédés de toute prise sur le réel. Démocratie directe, délibérations, tirage au sort... Comment renouveler les pratiques politiques dans un tel contexte ? Entretien Confrontés directement à la mondialisation les citoyens se sentent parfois déposs...

Plaidoyer pour le plaidoyer. Ou la force des causes justes

Jean Merckaert
Acteur de terrain

Impuissants, les citoyens ? Non, s'ils s'organisent, s'ils croient à la justesse des causes défendues, s'ils en font la pédagogie, s'ils proposent des alternatives sans rechigner à la technicité, s'ils ne lâchent rien sans s'enfermer dans des postures. Depuis 20 ou 30 ans, des mouvements, des ONG mènent ce lobbying citoyen que l'on nomme "pl...

Question en débat : Monde cherche citoyens
©M. de Larrard
©M. de Larrard

« Nous avons choisi de vivre à la marge »


Je m’appelle Marguerite, j’ai 31 ans. C'est dans le béton de la banlieue parisienne que j'ai d'abord poussé, avant de me transplanter à Paris, Bogotá, Barcelone. J’y ai développé une conscience de citoyenne du monde, indignée devant les inégalités Nord-Sud. Convaincue de trouver, dans l’économie internationale, les tenants et aboutissants de l’injustice mondiale, j'ai notamment étudié les migrations « économiques » à l’Institut d’études politiques de Paris. J’ai travaillé ensuite dans une ONG qui soutenait des projets de développement.

Cependant, j’étais assaillie par le doute. Plusieurs expériences en Amérique Latine (où j’ai vécu presque trois ans) et en Afrique m’ont interrogée : le système économique mondial était-il la véritable cause de tant de misère – même s’il en perpétue la structure ? Comment se pouvait-il que certains, riches de cultures centenaires ou millénaires, en viennent à délaisser leur mode de vie, leurs traditions, leur communauté, leur famille pour aller s’entasser dans les bidonvilles autour des grandes métropoles ? Pourquoi tant d’hommes et de femmes partent travailler, dans des conditions proches de l’esclavage, dans les serres de l’agriculture andalouse ? Certains y sont contraints, mais la quasi-totalité de ceux que j’ai connus recherchent une « vie meilleure ». Meilleure pour qui ? Et meilleure pour quoi, quand elle est le plus souvent synonyme d’exploitation, de perte d’identité et d’éloignement des proches ?

La coopération au développement m’apparut rapidement pernicieuse, en dépit (sinon à cause) de ses bonnes intentions, en perpétuant l’idéologie selon laquelle des pays « pauvres » devraient se « développer », en suivant la voie – et les valeurs – de nos pays dits « développés ». Finalement, ce qui pe

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2 réactions pour « « Nous avons choisi de vivre à la marge » »

Jean Merckaert
30 November 2017

Cher Martin, merci pour cette réaction et de partager avec nous vos interrogations ! Nous les avons envoyées à Marguerite de Larrard et voici sa réponse :

Être à la marge du système ne signifie pas être « en dehors » du système, bien au contraire. Cependant il s’agit d’une réaction courante : faire un pas de côté par rapport à la Norme (définie comme le comportement de la majorité) est assimilé à un repli, voire un rejet. En ce qui me concerne, ce « pas de côté » est au contraire la voie que j’ai choisie pour agir sur le système.
Je n’ai jamais parlé de libération, ne considérant pas avoir été enfermée ; d’autant moins qu’à échelle planétaire, je suis clairement du côté des privilégiés. De par ma naissance, la plupart des pires souillures du monde m’ont été épargnées. La « décolonisation » que j’évoque à la fin de mon texte est plus une référence à son point de départ, soit l’insupportable « inégalité Nord-Sud » qui a été le germe de ma révolte. La colonisation n’a pas seulement façonné les structures économiques des pays du Sud (par exemple, la spécialisation intégrale de l’agriculture pour l’exportation de cacao, coton, canne à sucre…) mais aussi les esprits, les valeurs et les idéaux, au Sud comme au Nord. Si j’adopte le niveau de « confort » (et donc de consommation) estimé « normal » par le Français de 2017 (grâce aux budgets faramineux consacrés à la publicité !!!), je participe à un ordre du monde bien éloigné de mon rêve de justice globale. Mais si j’y renonce en le vivant comme un sacrifice, si ce renoncement est empreint d’un sentiment de manque, il ne sera sûrement pas durable ; voire, il sera sans doute suivi d’un effet boomerang !!! Décoloniser mon esprit, c’est agir au niveau du désir, pour véritablement désirer une vie simple, une vie sobre, une consommation en cohérence avec mes principes. Et la vivre dans la joie. Pas toujours facile !...
Au niveau social, je ne comprends pas bien ce qui, dans mon texte, donne à penser que je refuse tout contact avec d’autres gens que « mes voisins immédiats ou les gens qui partagent la même idéologie que moi »… Parce que je n’ai pas accouché à l’hôpital ? Ai-je raté là une occasion de tisser des liens riches et profonds avec l’obstétricien de garde ? Où parce que mes enfants ne sont pas scolarisés? Cette question est fréquemment soulevée - comme si l’Éducation nationale avait l’apanage de l’ouverture au monde… Mes filles naviguent entre deux pays et deux milieux sociaux, entre la banlieue ouvrière de Barcelone où vit la famille de mon compagnon et le château familial de mes parents dans le Bordelais. Au quotidien, elles sont au contact d’une grande diversité d’enfants et d’adultes, avec qui elles tissent des liens différents de ceux de l’école (compétition et camaraderie à l’intérieur de sa classe d’âge, hiérarchie par rapport à l’adulte). Je crois avoir déjà insisté sur la forte dimension sociale de notre projet. Et il y a le reste : l’orchestre municipal, les cours de français à des réfugiés irakiens, les clients, mes amis d’enfance qui ont fait des choix de vie tout à fait différents des miens, mes voisins de train… À la marge ou au cœur, au-delà de toute considération sociale ou politique, je fais pleinement partie de la société humaine. Et je veux contribuer, dans la mesure de mes tous petits moyens, à construire cette société qui est la mienne.

Martin Duvaux
27 November 2017

Je trouve la position de cette femme assez malsaine. Elle semble vouloir se protéger contre toutes les souillures du monde, au nom de la libération d'une prétendue colonisation, mot dont on ne sait pas trop quel contenu elle met derrière. Sa position se résume en une phrase : le fonctionnement du monde actuel est imparfait, cessons tout contact avec lui. Elle refuse de mettre ses enfants au monde à l'hôpital, ne les envoie pas à l'école... Elle semble ne plus juger bon d'avoir des contacts approfondis qu'avec ses voisins immédiats ou les gens qui partagent la même idéologie qu'elle. Ce dont elle parle n'a rien d'une libération, mais plutôt d'un enfermement. Si c'est cela être à la marge, je préfère être au cœur et essayer de l'améliorer modestement de l'intérieur...

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