Logo du site
Dossier : Monde cherche citoyens

La société civile doit se mettre au jeu d'échecs

©Alexa / Flickr
©Alexa / Flickr
Difficile de situer son engagement, quand il n’y a plus de grand récit mobilisateur, ni d’action évidente pour rendre plus juste un monde où « tout est lié ». Pourtant, les interdépendances grandissantes ont aussi pour effet de diversifier nos leviers d’influence, elles nous invitent à penser en stratèges.

De quoi peut-on encore se sentir responsable à l’heure de la mondialisation ? La dimension des problèmes et leur imbrication croissante défient la volonté d’agir rationnellement pour atténuer les maux dont souffre le monde. Il nous faut ainsi, à la fois, prendre en compte les effets à grande échelle et à long terme de nos actions, et faire face à une multiplication de problèmes de différentes natures, difficiles à hiérarchiser et qui semblent parfois exiger des actions contradictoires. Comment, par exemple, concilier la défense de l’emploi et celle de l’environnement, l’intérêt national et la solidarité universelle, etc. ? Même lorsqu’on décide d’inscrire ses choix dans la perspective du développement durable, la diversité des impacts écologiques et sociaux à prendre en compte peut être source de perplexité. Le foisonnement des normes et des labels censés éclairer les consommateurs en fournit l’illustration : faut-il privilégier le bio, le commerce équitable, le recyclage des emballages ou la réduction de l’empreinte carbone ?

Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle a longtemps été occultée par un métarécit progressiste qui prétendait transcender ces contradictions et faire converger toutes les avancées vers la justice sociale, le bien-être et la démocratie. Or le point d’aboutissement fait désormais problème : avec la montée des fondamentalismes et des populismes, le caractère universel et forcément conquérant de l’idéal démocratique ne va plus de soi. La fin des « grands récits » sous-tendus par les philosophies de l’histoire du XIXe siècle (Hegel et Marx) a été diagnostiquée depuis plusieurs décennies. Jean-François Lyotard, notamment, a mis en doute le grand récit de la modernité qui, depuis les Lumières, fait de l’histoire humaine un chemin continu vers l’émancipation de l’indivi

Cet article est réservé à nos abonné·e·s

vous pouvez l’acheter à l’unité pour 3€
Pour accéder à cet article :

Déjà abonné.e ?

M'identifier

La Revue Projet donne gratuitement accès aux articles de plus de 3 ans.

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules