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Dossier : Pourquoi est-il si bon de consommer ?

Les Trente Glorieuses ou le bonheur par la consommation

© istockphoto.com / atlantic-kid
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L’avènement de la société de consommation a représenté pour les Français une véritable révolution de la vie quotidienne. Synonyme de modernité, de confort et d’émancipation, elle ne s’est cependant pas accompagnée d’une uniformisation des modes de consommation.

Dans Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible (Fayard, 1979), Jean Fourastié brossait avec brio le tableau d’une France radicalement transformée par trois décennies de croissance forte et ininterrompue. Les statistiques mobilisées – nombre de logements neufs, taux d’équipement des ménages, structure des budgets, etc. – faisaient apparaître une impressionnante hausse du niveau de vie moyen et un bouleversement complet des pratiques quotidiennes des Français. On peut, bien sûr, chicaner Fourastié sur la périodisation, mais l’essentiel est qu’il montre que la France a changé d’époque : entre 1948 et 1973, les Français sont entrés de plain-pied dans la « société de consommation ». La majorité d’entre eux en attendaient une amélioration de leurs conditions de vie, quand, au contraire, une partie de l’élite intellectuelle voulait n’y voir qu’uniformisation et aliénation, appelant à « dépasser l’abondance ». Il ne s’agit pas ici d’analyser les bases de l’expansion de la consommation de masse (fordisme et société salariale), ni les excès qui l’ont accompagnée (surconsommation, gaspillages, pollutions, etc.), mais de donner à comprendre la révolution qu’elle a représentée dans le quotidien des Français après la guerre.

Le monde des choses

À la fin des années 1940, on manquait de tout et les choses devaient faire de l’usage. Il n’y avait pas d’eau chaude au robinet, les toilettes étaient sur le palier ou dans la cour, on lavait le linge à la main, on conservait les aliments dans un garde-manger, les vêtements du dimanche étaient déclassés en « pour tous les jours », on écoutait les journaux parlés sur un poste de radio à lampes, on se déplaçait à pied ou à bicyclette… Trente ans plus tard, grâce à la baisse des prix et à la progression des revenus

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