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L’important vivier associatif est appelé à assurer des missions essentielles à la bonne tenue des Jeux olympiques et paralympiques 2024. L’engagement des volontaires formés pour l’occasion doit s’inscrire dans leur héritage.
Les Grands événements sportifs internationaux (Gesi) – dont les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) Paris 2024 – sont une aventure humaine, culturelle, économique et sociale. Ils sont une vitrine pour le pays d’accueil, démontrant sa capacité à faire monde avec les autres nations.
C’est également la mise en lumière d’une nation qui donne à voir la diversité de ses citoyens, les acteurs qui la composent et l’aptitude de la société civile, organisée ou non, à participer à un élan pour porter haut et fort cette capacité à organiser, accueillir, accompagner et à s’inscrire, le temps d’un instant, dans une citoyenneté participative.
Sensibiliser à l’engagement et au goût des autres relève d’un processus au long terme. Dès le plus jeune âge, entres autres au sein de la famille, de l’école et du monde associatif, chacun apprend à trouver et choisir une place qui lui convienne, à faire commun, à faire société. Les JOP Paris 2024 vont mobiliser un nombre conséquent de bénévoles, appelés volontaires.
Précisons que bénévoles et volontaires correspondent, en France, à deux cas de figure différenciés. Le bénévolat ne fait l’objet ni de définition ni de statut fixé par la loi. D’après la jurisprudence, il correspond à « l’exercice d’un travail, d’une activité ou la fourniture d’un service, à titre permanent ou occasionnel, à temps plein ou à temps partiel, par une personne envers autrui, spontanément et donc de plein gré, sans aucun lien de subordination juridique et sans aucune contrepartie financière ».
Les derniers chiffres du bénévolat en France approchent du niveau qui a précédé la pandémie du Covid-19.
En 2022, Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en a réactualisé la définition : « Le bénévolat est l’action de la personne qui s’engage librement, sur son temps personnel, pour mener une action non rémunérée en direction d’autrui, ou au bénéfice d’une cause ou d’un intérêt collectif. » Le volontariat, au contraire, est fixé par la loi. Il en existe différentes formes par lesquelles, notamment, les jeunes peuvent s’engager dans des missions d’intérêt général dont le service civique, avec le programme Génération 2024. Cet engagement est matérialisé entres autres par un contrat d’engagement, une formation et une indemnité.
Après la crise du Covid-19, qui a vu près de 10 000 bénévoles se désister de leur engagement initial aux JOP de Tokyo, les derniers chiffres du bénévolat en France approchent le niveau d’avant-crise avec 23 % de bénévoles engagés dans une association, contre 24 % en 2019. Les femmes, en général plus affectées par les circonstances exceptionnelles de la pandémie, reviennent, en 2023, au même niveau d’engagement dans les associations que les hommes.
L’augmentation de la part des 15-34 ans se poursuit, ainsi que le repli des 65 ans et plus. Aujourd’hui, ces deux tranches d’âge affichent une proportion identique soit 25 % (Ifop, 2023). Les moins diplômés représentent 20 % des bénévoles au sein des associations quand les plus diplômés comptent pour 30 %. Ce dernier point reste un enjeu pour la cohésion sociale et un pari pour les JOP 2024. Il s’agit bien de garantir une représentativité la plus large possible de la société vivant en France et donner tout son sens à cet engagement primordial pour des jeux inclusifs y compris au sein des équipes bénévoles.
Le bénévolat est un espace d’engagement, une citoyenneté en acte. Il offre la possibilité de s’inscrire de manière différente et volontaire dans un projet collectif, de contribuer à porter une cause commune. Endroit immatériel pour créer de nouveaux possibles, il est le seul lieu dont les seuls prérequis sont l’envie, la volonté de faire et la motivation. C’est pourquoi il doit être ouvert à toutes et tous quels que soient son âge, son genre, son lieu de résidence, sa nationalité ou encore son parcours scolaire ou universitaire.
Les bénévoles et volontaires sont une ressource indispensable lors des Grands événements sportifs internationaux, sans lesquels ceux-ci n’auraient pas la même ampleur, voire ne pourraient se tenir dans les cadres budgétaires définis. Selon Anthony Alyce, fondateur d’Ecofoot, plate-forme dédiée à la réflexion sur l’économie du sport professionnel et amateur, les bénévoles représentent, dans un tel contexte, environ 90 % des ressources humaines. Les derniers Jeux olympiques de Tokyo, en 2021, en ont rassemblé plus de 70 000.
Le Comité d’organisation des JOP 2024 souhaite, quant à lui, mobiliser 45 000 bénévoles (appelés volontaires), auxquels viendront s’ajouter 5 000 bénévoles (dits volontaires) pour la ville de Paris. En amont, plusieurs collectivités labellisées « terre de Jeux » ont lancé des pré-inscriptions pour permettre aux habitants, entre autres bénévoles du mouvement sportif de leur territoire, de s’intégrer à la dynamique de l’événement.
L’Île-de-France pèse pour 2,1 millions de bénévoles actifs au sein de 235 000 associations.
La question de la formation de ces bénévoles constitue un enjeu important, non seulement pour la réussite des missions, mais également en termes de valorisation des parcours. Les formations des personnes recrutées se dérouleront au cours du premier trimestre 2024, en ligne dans un premier temps puis sur les sites des missions, autour d’une à deux journées. La formation doit, d’une part garantir l’appropriation des missions par les intéressés et, d’autre part, renforcer les capacités d’agir.
Les bénévoles sélectionnés accéderont donc à des parcours de formations destinés à comprendre l’environnement des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, à connaître les spécificités de la mission retenue et enfin, pour chaque volontaire, à découvrir le site de son intervention. Cette phase, cruciale dans la préparation des JOP, est essentielle pour asseoir des dynamiques collectives. Elle forge un vivier potentiel pour la collectivité grâce à cette économie non monétaire sans qui la couleur du monde serait différente, mais également pour le monde associatif dans sa multiplicité.
Un des héritages immatériels à construire dans la perspective des Jeux consisterait en une réflexion sur la manière de cultiver, transformer et faire grandir cet engagement bénévole vers d’autres initiatives ponctuelles, voire plus régulières. Pour les personnes concernées, la réussite se joue dans la capacité à nourrir un nouveau savoir-faire et savoir-dire, contributif d’une nouvelle image de soi.
La réflexion à mener fournirait l’occasion d’élargir le parcours de formation des bénévoles. Il s’agirait d’aller plus avant dans l’environnement des Jeux, en direction du monde sportif fédéral en lien avec l’école et les fédérations sportives scolaires, au service d’une nation sportive en construction et avec l’appui des athlètes de haut niveau qui représenteront la France en 2024.
De là, il serait possible de valoriser la diversité de monde associatif par thématique en région, avec un focus particulier sur l’Île-de-France – si tant est que la majorité des bénévoles est issue de ce territoire. L’Île-de-France pèse pour 2,1 millions de bénévoles actifs au sein de 235 000 associations. Créer des passerelles entre les missions que les bénévoles auront menées durant les Jeux et celles possibles à l’avenir en Île-de-France (ou ailleurs) permettraient de leur donner des pistes afin poursuivre leur engagement.