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Dossier : Impuissants face aux crises ?

Face à la déroute : faire assaut de fiction

Extrait de la bibliothèque de Corinne Morel Darleux.
Photo fournie par l'autrice
Extrait de la bibliothèque de Corinne Morel Darleux. Photo fournie par l'autrice

Lire des œuvres de fiction aide à se défaire des pensées toutes faites sur la situation que nous vivons. Cet ébranlement essentiel permet d’accéder à de nouveaux raisonnements et d’ouvrir le champ des possibles.


Tous les mots ont leur saveur et leur couleur singulières. Certains résonnent plus plaisamment à l’esprit. Parmi mes préférés, la vividité se définit comme la force particulière avec laquelle des images mentales s’imposent à l’esprit. L’albedo, lui, est une notion utilisée en astronomie, climatologie et géologie, qui désigne le pouvoir réfléchissant d’une surface. À l’heure où sont réclamés de nouveaux récits, alors qu’il nous faut allier construction d’autres solutions, résistance frontale au système et émergence de nouveaux imaginaires, la fiction porte sans doute un rôle particulier. Dans cette hypothèse, la vividité d’une œuvre de fiction, c’est-à-dire sa qualité subversive à percuter les esprits, dépend de sa capacité à insuffler des émotions et peut être mesurée à l’aune de son albedo politique, soit son impact quant à faire réflexion et à diffuser la lumière.

Nous expérimentons tou·tes ces moments de lassitude extrême où la répétition du réel éteint la libido (dans son acception première de pulsion de vie) et rend impuissante la verve militante. Reprendre, chaque jour, un fil d’actualités tissé de virus, de sécheresse, d’accidents industriels, de records de vente de SUV et de matchs du PSG. Lire, sur les réseaux sociaux, les mêmes polémiques et indignations, sans cesse nourries aux mêmes sources et dépourvues des mêmes effets. Suivre la révolution d’un monde qui n’en finit plus de tourner sur son propre axe et que rien ne semble désarçonner…

Pourtant, le système de croyances dont nous héritons n’a jamais autant vacillé. À la remise en cause de la croissance, du PIB et de la notion même de progrès s’ajoutent désormais celle de notre sécurité sanitaire et les conditions même de vie sur Terre. Pandémie, chaos climatique et extinction de la biodiversité agissent en révélateurs

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