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Dossier : Impuissants face aux crises ?

En Centrafrique, l’impossible résilience ?

Une femme tente de récupérer ce qui n’a pas brûlé la veille lors de l’attaque du camp de déplacés d’Alindao (République centrafricaine), 16 novembre 2018. © Benoît Lallau
Une femme tente de récupérer ce qui n’a pas brûlé la veille lors de l’attaque du camp de déplacés d’Alindao (République centrafricaine), 16 novembre 2018. © Benoît Lallau

Parler de « relance » après une crise suppose de compter sur la résilience d’une société, sur sa capacité à trouver les voies d’une reconstruction. Mais à quelles conditions ? Un détour par la Centrafrique, pour éclairer la gestion d’autres crises, d’autres guerres.


La Centrafrique est en guerre depuis huit ans. Elle l’était déjà auparavant, mais sur des parties limitées de son territoire. Cette guerre a débuté à la fin de 2012, avec l’émergence d’une coalition de groupes rebelles, la Séléka. Et, en dépit des interventions militaires de la France et des Nations unies, malgré plusieurs rounds de pourparlers, la paix n’est toujours pas rétablie. Des groupes armés sévissent sur une grande partie du territoire, de très nombreux Centrafricains vivent encore dans des camps de déplacés ou en dehors des frontières de leur pays.

Le choc subi est donc intense, prolongé, généralisé. Fait-il sens dans ce cas de parler de résilience, généralement définie comme une capacité de relèvement à la suite d’un choc ? Les travaux menés au sein d’un « Observatoire des crises et des résiliences », créé dans les territoires ruraux centrafricains, permettent d’avancer quelques pistes de réflexion qui éclairent pour le gouvernement l’usage possible de la notion de résilience dans d’autres crises, comme la « guerre » menée contre la Covid-19, pour reprendre l’expression martiale du président Emmanuel Macron, le 16 mars 2020.

L’approche « résiliente » nous oblige à comprendre l’articulation des différents risques et chocs, ainsi que leurs répercussions cumulatives.

L’approche « résiliente » nous oblige, et c’est là son principal intérêt, à penser la complexité. Il s’agit d’abord de comprendre l’articulation des différents risques et des chocs, leurs répercussions cumulatives. Des chocs, les paysans centrafricains en affrontent beaucoup. En premier lieu, les violences de la guerre : celle de la razzia, ponctuelle mais très intense, causant la destruction d’un village, d’un camp de déplacés, la perte du peu de biens possédés, la mort des proches

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