Logo du site
Dossier : Écologie : mobiliser les indécis

Pour une écologie décoloniale

Fauchage d'un champ de canne à sucre par le collectif indigène nasa
Fauchage d'un champ de canne à sucre par le collectif indigène nasa "Liberación de la Madre Tierra" en Colombie. © Martin Monti-Lalaubie

Pour Malcom Ferdinand, les dégradations environnementales sont indissociables des rapports de domination raciale. Elles découlent de notre mode d’habiter la Terre, d’un sentiment de légitimité à se l’approprier. Au regard du passé, il nous revient de le réinventer.


On accuse souvent les activités humaines de l’ère industrielle d’être responsables des dégradations environnementales en cours. Or vous soulignez que cette manière de voir occulte les rapports de domination à l’œuvre depuis des siècles. L’imaginaire occidental de la crise écologique effacerait-il le fait colonial ?

Je suis loin d’être le premier à mettre en évidence le lien entre les inégalités sociales et les dégradations environnementales : c’est l’objet de l’écologie sociale, de l’écologie politique, de l’écoféminisme… Mais l’angle que je propose, lier ces questions au legs raciste, reste peu travaillé (sauf par les mouvements de justice environnementale).

Destruction de la nature et oppression sociale ont toujours été liées. Pourtant, dans l’appel à l’urgence climatique, on continue de voir des slogans dépourvus de pensée sociale. Cela permet à d’autres de s’approprier l’injonction environnementale et d’y donner une réponse technocratique : résoudre la pollution et le manque de ressources par la géo-ingénierie ou le marché carbone…

Vous faites remonter l’origine de la crise environnementale au XVe siècle, à l’époque de la colonisation…

Il y a eu plusieurs accélérations des dégradations environnementales (XIXe et XXe siècles en particulier), mais la crise écologique commence plus tôt que cela. Elle vient d’un certain mode d’habiter la Terre, une manière de se penser sur Terre en ayant la légitimité de se l’approprier pour le profit de quelques-uns. En partant des Caraïbes, je fais commencer cet « habiter colonial » à la fin du XVe, au moment où Christophe Colomb arrive en Amérique (sachant que le modèle de la plantation existait bien avant encore, par exemple à Madère).

La rencontre violente des Européens avec lesdits Amérindiens coïncide avec le moment où l

Cet article est réservé à nos abonné·e·s

vous pouvez l’acheter à l’unité pour 3€
Pour accéder à cet article :

Déjà abonné.e ?

M'identifier

La Revue Projet donne gratuitement accès aux articles de plus de 3 ans.

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules