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Jeunes pour le climat : en coulisses, ça continue !

Matisse Bonzon et Anne-Laure Romanet
Acteur de terrain

L’Accélérateur de la mobilisation accompagne depuis un an les Jeunes pour le climat. Au-delà des grandes marches médiatisées, comment ce mouvement décentralisé s’organise-t-il ? Quels défis se posent à lui aujourd’hui ? L'Accelerateur de la mobilisation a...

Les entreprises, l’État, le climat et moi : chacun sa part

César Dugast et Alexia Soyeux
Coup de projecteur

Face à l’urgence climatique, beaucoup se dédouanent en disant : ce n’est pas à mon niveau que cela se joue… En effet, les citoyens, les entreprises et l’État n’ont ni les mêmes responsabilités ni les mêmes leviers d’action. Qu’attendre des petits gestes...

Et que durent tes aventures !

Martin Kopp
Question de sens

Ce qui suit n’est ni une recette, ni une liste exhaustive. Un témoignage plutôt, quelques conseils pour éviter l’essoufflement. Pour faire durer ses engagements, joyeusement et collectivement. Ce qui suit n'est ni une recette ni une liste exhaustive Un temoignage plutot quelques conseils pour eviter l'essoufflement Pour faire durer ses engag...

Abandonner la voiture : mission impossible ?

Anaïs Rocci
Chercheur

Lorsqu’il s’agit de se déplacer autrement pour réduire son impact environnemental, chacun se heurte à des contraintes dépassant parfois les arbitrages individuels. Alors comment analyser nos difficultés et nos résistances pour trouver des alternatives à la voiture ? Lorsqu'il s'agit de se deplacer autrement pour reduire son impact envi...

Les Églises se mettent au vert

Robin Sautter
Acteur de terrain

En 2017, catholiques, protestants et orthodoxes de France ont créé le label « Église verte » pour encourager la « conversion écologique ». En 2017 catholiques protestants et orthodoxes de France ont cree le label Eglise verte pour encourager la conversion ecologique Quelles sont selon vous...

À l’heure de la mobilisation des cathos écolos

Noëlie Djimadoumbaye et Hélène Noisette
L'équipe de rédaction

Il est indéniable qu’il existe aujourd’hui un courant catholique fortement engagé sur le terrain de l’écologie. Maintenant, certaines résistances se font encore sentir, notamment en France. Quelles sont-elles ? Comment les expliquer ? Il est indeniable qu'il existe aujourd'hui un courant c...

Apprendre des plus pauvres

Jeanne Cadiou et Geoffrey Renimel
Acteur de terrain

Les personnes en situation de précarité subissent déjà les conséquences des changements climatiques. De quelle manière perçoivent-elles les injonctions à se mobiliser et à avoir un comportement vertueux en matière écologique ? Et si nous partions de ce qu’elle...

De la fin du mois à la fin du monde

Sara Lickel
Acteur de terrain

Quand la lutte contre la pauvreté croise celle contre les changements climatiques : au cœur même de sa mission auprès des plus démunis, le Secours Catholique en a fait l’expérience. Quand la lutte contre la pauvrete croise celle contre les changements climatiques au coeur meme de sa mission aupre...

Pour une écologie décoloniale

Malcom Ferdinand
Chercheur

Pour Malcom Ferdinand, les dégradations environnementales sont indissociables des rapports de domination raciale. Elles découlent de notre mode d’habiter la Terre, d’un sentiment de légitimité à se l’approprier. Au regard du passé, il nous revient de le réinventer. Pour Malcom Ferdi...

Qui a peur de l’effondrement ?

Loïc Steffan et Pierre-Éric Sutter
Chercheurs

Face aux discours sur un effondrement prochain du monde, nous ne réagissons pas tous de la même manière. Loin de dicter une façon d’agir, la collapsologie enjoint à une conversion du regard et une mise en mouvement. Face aux discours sur un effondrement prochain du monde nous ne reagissons pas tous de la meme...

Climat : agir local dans un monde global

Hervé Le Treut
Chercheur

Depuis un demi-siècle, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur les enjeux climatiques. Face à une situation qui n’a pas cessé de se dégrader, le physicien Hervé Le Treut a saisi l’opportunité d’agir localement, sur un territoire qui lui tient à cœur : la...

L’écologie, une affaire sensible

Aurore Chaillou
L'équipe de rédaction

Vivre revient a accroitre notre capacite a etre affecte donc notre spectre notre amplitude a etre touche change emu Ainsi slame Alain Damasio dans un morceau qui accompagne son roman de science fiction Les furtifs La Volte 2019 De cette capacite a etre affecte depend pour une part notre puissance de vie celle de la planete et celle de notre humani...

Dossier : Écologie : mobiliser les indécis
Photo de Eric Sanman provenant de Pexels
Photo de Eric Sanman provenant de Pexels

Et que durent tes aventures !


Ce qui suit n’est ni une recette, ni une liste exhaustive. Un témoignage plutôt, quelques conseils pour éviter l’essoufflement. Pour faire durer ses engagements, joyeusement et collectivement.


Voilà, tu y es. Les deux pieds dedans. Et même les jambes, le torse, les bras, la tête et tout ton être. Ta prise de conscience fut progressive ou subite. Qu’importe le déclic. Ton combat, c’est le zéro déchet, la condition animale ou la justice climatique. Qu’importe la cause écologique. À présent, tu entends faire bouger les lignes et avancer vers cette vision qui t’inspire et te porte.

Tout ceci est excellent. Mais ce qui importe, de plus, c’est de te demander : « Comment mon engagement va-t-il durer ? » Car aussi aiguë que soit l’urgence, soyons lucides, ton sprint sera un marathon. On parle d’années, au moins. Et un marathon, ça ne se court pas à peine réveillé, après avoir avalé un café. Quelles sont les ressources pour inscrire ton action dans le temps ? Nulle recette n’est ici offerte.

Plutôt, un partage de réflexions basées sur sept années d’engagement chrétien pour le climat. Puis, à toi de vivre ton chemin.
S’engager, c’est consacrer de ton temps, de tes compétences et de ton énergie pour des personnes ou des êtres vivants dont tu te soucies. À la mesure de ta passion, ton altruisme risque de dévier vers un service oublieux de toi-même. Elles planent alors, les ombres de la fatigue et du burn-out. Or un militant épuisé, c’est un militant arrêté.

Une saine militance est d’itinérance. Savoir se retirer, et être bien ; savoir revenir, et faire du bien.

Aussi, la meilleure façon de faire, c’est de s’obliger à ne pas faire. Sagesse du shabbat : s’arrêter et se reposer, régulièrement. Au-delà du sommeil, du temps libéré et de l’ennui, elles sont diverses, les fraîcheurs qui nous revitalisent le corps, l’âme et l’esprit. Pour ma part, je réjouis mes papilles de cuisine fine, vois mes amis footeux qui ne parlent pas d’écologie et suis accompagné par une pro de l’écoute. Juger qu’on ne prend bien soin d’autrui qu’en prenant, d’abord, bien soin de soi est ardu. Pourtant, une saine militance est d’itinérance. Savoir se retirer, et être bien ; savoir revenir, et faire du bien.

Ces allers-retours requièrent une discipline, surtout quand tu es mû par une volonté farouche de faire changer les choses et guidé par l’ambition de maximiser les résultats. Des dispositions qui portent en outre le risque de voir l’insatisfaction et la frustration instiller leur amertume, tant, souvent, nos moyens sont faibles et les progrès peuvent paraître lents ou dérisoires. Or un militant découragé, c’est un militant proche de quitter.

Lâcher prise ne revient pas à se désintéresser ; il s’agit de se libérer de ce qui ne m’appartient pas. C’est me remettre à ma juste place : je ne suis pas le monde. Le monde a ses responsabilités.

C’est pourquoi il importe d’ajuster la vision de sa mission. La militante féministe Caroline de Haas suggère, ayant pris une feuille, de lister à gauche d’un trait ce qui relève de ta responsabilité et à droite ce qui dépend d’autrui. Prends à cœur ce qui te concerne et lâche prise pour le reste, ou le fardeau sera trop lourd. Pour moi, accompagner la conversion écologique d’Églises, oui. Fermer les quatre dernières centrales à charbon de France, non ; c’est le job d’Emmanuel Macron. Lâcher prise ne revient pas à se désintéresser ; il s’agit de se libérer de ce qui ne m’appartient pas. C’est me remettre à ma juste place : je ne suis pas le monde. Le monde a ses responsabilités.

Prolonger son action ne revient pas simplement à éviter ces deux écueils clés et classiques. On dure également, et peut-être d’abord, parce que l’action a du sens, qu’elle célèbre ses avancées et est vécue en relations. Consciente de la positivité de ces expériences, une culture attentive embrasse le beau de l’activisme : la durée est d’envie.

Ton engagement a un sens, en tant que signification et en tant que direction. Qu’il est bon d’être ainsi orienté ! Phagocytée par l’économie, notre société ne se demande plus vers où elle roule. Seul compte de rouler plus vite, plus haut, plus fort. Loin de cette absurdité, contempler la signification que tu confères à ton action est non seulement juste, mais enracinant, motivant et ressourçant. Elle peut d’ailleurs évoluer. Car l’engagement est parcours. L’expérience, les lectures et les discussions interrogent le sens. Se laisser interpeller et continuer à penser permet de l’habiter et d’en renouveler la pertinence.

Et si le défi écologique nous présente des sommets, dont le gravissement serait l’ultime fête, il importe de savoir célébrer chaque pas en avant, petit ou grand.

Toute action tend vers un accomplissement. Et si le défi écologique nous présente des sommets, dont le gravissement serait l’ultime fête, il importe de savoir célébrer chaque pas en avant, petit ou grand. L’œil fixé sur le haut de la montagne, on risque de manquer les réjouissances légitimes de l’ascension, et de s’imbiber de l’aigreur du jamais assez. Or l’engagement se nourrit de joies et du sentiment d’utilité. Il faut du temps et du rite pour en éprouver la réalité. Publie donc l’annonce de tel mieux sur les réseaux, lève ton verre à la nouvelle de tel moindre mal, arrête-toi pour réaliser et pour sourire.
Et il n’est de bonheur que partagé, qu’il s’agisse du changement progressif de ton mode de vie, qui se raconte, ou de ta part dans une association ou une communauté, qui se vit ensemble. En ce cas, l’idéal est de cultiver un engagement convivial, voire amical. L’action est une aventure humaine. La persévérance vient d’elle-même quand on bâtit des relations fortes, qu’on se crée des souvenirs, qu’on s’entraide pour les coups d’éclat, qu’on se soutient dans les coups durs et qu’on finit par boire des coups. Pour les croyants, la communauté s’élargit de Dieu. Il soutient, inspire, vivifie et collabore. Parle et marche avec Lui.

Il y aurait encore à dire. Plus que l’exhaustivité, ce qui compte est de porter cette question, d’être attentif aux dynamiques qui te traversent et de trouver tes propres réponses. Car tout ceci, en dernier lieu, t’appartient. Et que durent tes aventures !

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