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Bénévolat ou travail gratuit ?

Dan Ferrand-Bechmann
Chercheur

Certains élus songent à conditionner le RSA à un travail bénévole. Mais peut-on encore parler de bénévolat quand il s’agit d’un service obligatoire ? Comment juger de son caractère gratuit s’il y a une contrepartie financière ? Certains élus songent à conditionner le RSA à un travail bénévole Mais peut on encore parler de béné...

[VIDÉO] La diaconie : « Permettre aux pauvres de se sentir en famille dans l’Église »

Aurore Chaillou, Étienne Grieu et Gilles Rebèche
Question de sens

Diacre, diaconie, Diaconia… Pour l’Église catholique française, l’année 2013 a été marquée par le grand rassemblement à Lourdes les 9, 10 et 11 mai 2013, de plus de 12 000 personnes, dont un quart en situation de grande pauvreté. Ce rassemblement, préparé de longue date dans de nombreuses paroisses et dans les mouvements d’Église...

Envisager la fraternité

Bruno Mattéi
Question de sens

C’est à une « en-quête » philosophique que nous convie l’auteur. Pourquoi se réfère-t-on si peu à la fraternité, qui s’impose pourtant à nous ? Et pourquoi s’y référer ne suffit-il pas ? La République lui préfère souvent la solidarité, évitant ainsi l’épreuve ultime : la rencontre d’autrui, qui, si elle comporte une mis...

« La fraternité passe par l’innovation »

François Marty
Acteur de terrain

François Marty se définit d’abord comme chrétien, puis comme patron. Pour lui, la fraternité passe par obligatoirement par l’innovation, car elle demande d’entrer en relation avec l’autre, de prendre en compte ses besoins, ses attentes. Avec les personnes en insertion qui travaillent pour le groupe Chênelet, il refuse d’être donneur...

Cercles de silence, la non-violence au service des migrants

Alain Richard
Acteur de terrain

Il y a cinq ans en octobre 2007 la communauté des frères franciscains de Toulouse prenait l'initiative d'inviter à un Cercle de silence le dernier mardi de chaque mois Le motif en était l'existence à 10 kilomètres à peine du Capitole siège de la mairie de Toulouse d'un Centre de rétention administrative CRA où sont enfermés en nombre cr...

« Le courage des autres nous donne de l’espérance »

Daniel Maciel
Acteur de terrain

L'Église professe l'option préférentielle pour les pauvres Mais arrêtons nous un instant où sont les plus fragiles dans nos églises Quelle place leur réserve la vie de nos paroisses Dans plusieurs diocèses de France des groupes réunissant des personnes isolées ou en situation de fragilité font une expérience rare et à bien des égards...

Un antidote à l’individualisme

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Chrétiens musulmans francs maçons républicains tous nous avons ce mot à la bouche frères omettant au passage la moitié de l'humanité Sur les frontons dans les rituels dans le nom de congrégations ou de mouvements politiques la fraternité est là comme revendiquée Sauf qu'elle ne relève pas de l'incantation Elle se vit se découvre dans ...

Si les bénévoles faisaient grève ?

Dan Ferrand-Bechmann
Chercheur

L’aide bénévole, par sa gratuité, rend tangible la fraternité pour des personnes seules, malades, mal logées. Sans ces 13 millions de personnes engagées dans le social, la santé, la culture, le pacte social s’effondrerait. Or ce lien fraternel est invisible socialement. Un remède ? La grève, tout simplement ! L'aide bénévole par sa g...

Salut et fraternité !

Étienne Grieu
Question de sens

Dans la tradition chrétienne, la fraternité est d’abord un don de Dieu et le reconnaître prévient d’un repli sur le clan. Remise entre les mains des hommes, elle s’éprouve dans la vérité des relations, dans l’accueil réservé par les institutions à chaque être singulier. Dans la tradition chrétienne la fraternité est d'abord un ...

Peut-on mener une politique de la fraternité ?

Dominique Balmary, Étienne Pinte et François Soulage
Acteur de terrain

La fraternité est une boussole de leur engagement dans l’administration, la politique, l’entreprise ou l’associatif. De là à en faire un fondement des politiques publiques, aux côtés ou à la place d’une solidarité plus institutionnelle ? La crise rend la question aiguë. Mais les avis divergent. La fraternité est une boussole de leu...

Le droit à la fraternité n'existe pas

Jacques Le Goff
Chercheur

Si la liberté et l’égalité trouvent une traduction concrète dans les textes de loi, la fraternité, quant à elle, est difficilement transposable en droit. Peu à peu délaissée au profit de la solidarité, la fraternité n’en est pas, néanmoins, un strict équivalent. Elle ne peut s’ancrer que dans une relation et une présence à l’...

Pour une pédagogie de la fraternité

Claude Berruer
Acteur de terrain

La fraternité nous dit Véronique Sarda n'est pas une visée un projet encore moins un objectif à atteindre elle s'éprouve Nombre d'initiatives pour susciter la fraternité passent par des propositions d'engagement dans des actions caritatives Il faut bien entendu poursuivre tant le monde a besoin de l'engagement solidaire et fraternel Mais ces...

Le scoutisme, école de fraternité

Sophie Boivin
Acteur de terrain

Lorsque Baden Powell a créé le scoutisme en 1907 celui ci était destiné aux enfants les plus pauvres aux plus fragiles1 Son désir était avant tout de servir son pays l'Angleterre en améliorant la situation de chaque homme et en luttant contre la ségrégation sociale Lors d'un premier camp sur l'île de Brownsea en 1907 il propose à des en...

Éduquer à la fraternité, c’est en témoigner

Véronique Sarda
Acteur de terrain

L'éducation doit elle former des gagnants ou susciter des frères Pour le réseau lasallien qui accueille 110 000 jeunes aucune hésitation l'objectif est de faire grandir des enfants des jeunes et des adultes dans la foi la fraternité et le service Mais c'est sur le terrain que notre mission d'éducateur doit donner une traduction à cette vis...

« Je ne suis pas un numéro de Sécu »

Nicolas Duvoux
Chercheur

L’institutionnalisation de la protection sociale menace la fraternité. Elle appelle en complément un lien direct avec les personnes vulnérables. Mais quand les réponses sociales actuelles ciblent uniquement l’individu, elles font peser sur lui l’entière responsabilité de ses problèmes. La fraternité peut renaître dans la résistance ...

Frères de palier

Atanase Périfan
Acteur de terrain

Comme chaque année la Fête des voisins a mobilisé largement le 1er juin dernier 15 millions d'Européens dont 7 millions de Français se sont retrouvés autour d'un verre ou d'un buffet pour le simple plaisir de se rencontrer d'échanger de partager Ce phénomène de société mérite que l'on s'y attarde un instant Les ravages du repli sur soi...

Une utopie pour retisser du lien

Jean-François Petit
Question de sens

Dans une société où l’important est d’être vu, mais qui fragilise les liens, les demandes de fraternité se multiplient. Cette fraternité, fondement de la vie en commun chez les Grecs anciens, corollaire de l’unicité de la famille humaine dans la Bible, trouve difficilement une traduction politique. Mais elle ouvre à une reconfiguratio...

Écrire ses galères

Jean-Marc Boisselier
Acteur de terrain

Exister ! Exister par ce que j’écris, par ce que je dis, par ce que je vaux à tes yeux. Parce que j’ai des frères. Une leçon de vie lumineuse, tirée d’ateliers d’écriture avec des personnes en galère. Exister Exister par ce que j'écris par ce que je dis par ce que je vaux à tes yeux Parce que j'ai des frères Une leçon de vie lumi...

Question en débat : La fraternité, une contre-culture ?
©h2v/ Flickr/CC
©h2v/ Flickr/CC

Cercles de silence, la non-violence au service des migrants


Il y a cinq ans, en octobre 2007, la communauté des frères franciscains de Toulouse prenait l’initiative d’inviter à un Cercle de silence, le dernier mardi de chaque mois. Le motif en était l’existence, à 10 kilomètres à peine du Capitole, siège de la mairie de Toulouse, d’un Centre de rétention administrative (CRA) où sont enfermés en nombre croissant des étrangers dépourvus de papiers leur permettant de séjourner légalement dans notre pays.

Écouter nos consciences

Vivre l’Évangile reste le premier mot de la règle de l’ordre fondé par François d’Assise. Nous avons ressenti très intensément l’enfermement d’étrangers et le comportement des personnes exécutant les ordres gouvernementaux. Car les centres de rétention sont gérés comme des prisons et perçus comme tels par les personnes qui y sont maintenues, même s’ils n’en sont pas officiellement. Pour toute personne écoutant sa conscience, les conditions psychologiques et sociales de cette privation de liberté semblent difficiles à accepter. Or notre compréhension de la foi chrétienne suppose d’écouter notre conscience d’êtres humains, qui nous relie à tous nos concitoyens et même à tous les habitants de la planète.

Nous avons jugé la situation extrêmement grave : l’enfermement systématique et l’expulsion des étrangers en situation illégale nous apparaissent comme des étapes vers une banalisation plus étendue d’atteintes graves à la dignité humaine. Ces actions expriment le refus de l’étranger, vu comme un problème et un danger et non comme un proche qui peut devenir une chance. Elles violent ses droits fondamentaux. Notre désir de vivre l’Évangile donne encore plus de force à notre désaveu des comportements, décrets ou lois qui blessent profondément l’humanité d’êtres humains.

Ces actions sont faites par la République, « en notre nom ». Nous avons donc décidé de signifier publiquement notre réprobation et d’inviter nos concitoyens à écouter leur propre conscience. Plusieurs articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme semblent incompatibles avec la façon dont notre pays traite les personnes sans-papiers. D’ailleurs, la Cour européenne des droits de l’homme a plusieurs fois condamné la France en raison de textes ou pratiques violant les lois européennes à l’égard des étrangers.

Quand Saint François rencontre Gandhi

Cette action a touché bon nombre de personnes qui, sans se référer à la foi chrétienne, sont attachées à faire respecter la dignité de chaque être humain. La particularité d’un Cercle de silence est de se situer à la rencontre entre une méthode de la non-violence gandhienne et la foi de religieux catholiques. Celui de Toulouse a été entrepris avec l’accord explicite des responsables internationaux de l’ordre franciscain.

Devant une violence ou une injustice, l’esprit de la non-violence invite à évaluer lucidement dans quelle mesure les personnes ou groupes en opposition partagent des responsabilités dans la situation. Nous avons à reconnaître notre part – active ou passive, directe ou indirecte – dans ce qui nous choque et que nous combattons. En raison même de cette lucidité, nous nous adressons à l’adversaire avec l’espoir ferme qu’il puisse changer et que nous-mêmes devenions capables de changement. L’absence d’arrogance ou de bonne conscience est capitale pour que l’adversaire ne se raidisse pas ou ne s’arme pas encore plus, s’enfonçant dans sa violence. Il faudra peut-être une certaine coercition pour qu’il se « désarme », mais cette coercition devra se réaliser de manière clairement respectueuse de sa dignité.

La lutte contre une injustice grave nécessite des moyens qui fassent ressortir la gravité et la profondeur de l’atteinte à l’humanité des victimes, comme à l’humanité de ceux qui y collaborent. Il fallait aller au-delà des mots et des cris trop souvent utilisés pour des causes où la dignité humaine n’est pas profondément en jeu. Nous avons choisi un silence qui soit digne, non méprisant, habité par le cri d’une humanité blessée qui reste aimante. Un silence qui permette d’être en contact avec la vérité de notre être propre et le protège du bla-bla. Un silence qui exprime notre certitude de la richesse qui existe au profond de chacun et notre refus de voir disparaître cette richesse de notre espèce humaine.

Nous nous adressons à l’adversaire avec l’espoir ferme qu’il puisse changer.

Nous avons donc invité nos concitoyens à se joindre à nous par ce geste de vérité à la portée de tous, en participant au Cercle de silence ou à un autre moment. En même temps, le Cercle de silence vise à interpeller tous ceux qui forment l’opinion publique et qui ignorent ce qui se passe, ainsi que les détenteurs des pouvoirs publics qui peuvent ne pas avoir pris conscience de la gravité des actions menées contre les sans-papiers. Nous en connaissons qui ont été touchés. D’autres semblent plutôt en rire. Nous ne pouvons que leur rappeler fraternellement que, de nos jours, les tribunaux nationaux ou internationaux jugent de plus en plus de personnes ayant fait fi des droits de l’homme.

Grandir en humanité

La naissance d’un droit et d’une justice internationale est un des acquis réconfortants de notre époque. La perception du fait que l’espèce humaine constitue un corps et doit veiller sur le trésor qu’elle détient se généralise. Avec émotion, nous voyons que la fraternité entre tous les êtres humains se manifeste souvent par la solidarité, mobilisant l’ensemble des peuples de notre planète face aux drames qui frappent quelques membres de la famille humaine. Les chrétiens sont appelés à entrer plus avant dans cette fraternité universelle : l’intérêt porté par Dieu à la destinée de chaque être humain, qui devient un frère, leur est rappelé en Jésus. Les Cercles de silence s’inscrivent dans une exigence intérieure : exprimer concrètement la blessure ressentie devant les souffrances imposées à nos frères et sœurs, comme devant la dégradation que certains responsables acceptent en favorisant le dédain des étrangers cherchant refuge dans notre pays.

On nous interroge souvent sur les résultats chiffrés de notre action. Nous visons le changement d’une mentalité, un éveil plus profond de la conscience morale. Connaissez-vous une « balance à peser les consciences » ? Les mêmes critiques ont été adressées au Mahatma Gandhi ! La non-violence ne vise pas une résolution du conflit qui serait rapide mais fragile. Elle vise à gérer le conflit pour permettre aux deux parties d’en tirer bénéfice, en ayant grandi dans leur humanité. La constance est indispensable. Une action non-violente a besoin d’acteurs déterminés et patients, qui veillent à maîtriser leurs anxiétés, en particulier celle de l’absence de résultat immédiat.

Plus de 175 Cercles de silence se réunissent chaque mois en France et plusieurs autres moins souvent. D’autres, dans le même esprit, se sont formés en Espagne, en Suisse et en Italie. Beaucoup semblent avoir trouvé en cette action très simple un moyen adapté à leur personnalité et à leurs désirs. L’impact médiatique, surprenant, se poursuit.

La parole des chrétiens est parfois critiquée quand elle se réfère d’abord à l’enseignement de l’Évangile et à celui de l’Église. Sans avoir honte de notre foi et de la lumière qu’elle apporte à notre recherche de vérité pour le bien de l’humanité, sommes-nous assez attentifs à la voix de notre conscience d’êtres humains et à l’humanité que nous partageons avec tous ? La Déclaration universelle des droits de l’homme ne donne-t-elle pas les balises pour naviguer au milieu de mille et une violations des droits de la personne ? Soyons pleins de gratitude pour ceux qui l’ont écrite ou votée et pour ceux qui luttent sans cesse pour que toutes les personnes soient respectées comme de véritables frères et sœurs. L’être humain n’est pas jetable.

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