Logo du site
Dossier : Ce qui nous lie
Dossier : Ce qui nous lie

Contre-culture à Notre-Dame-des-Landes

Cabane des Cent Noms, détruite pendant l'expulsion d'avril 2018, Notre-Dame-des-Landes, 2016. © Margot Verdier
Cabane des Cent Noms, détruite pendant l'expulsion d'avril 2018, Notre-Dame-des-Landes, 2016. © Margot Verdier

Dans la « Zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, une nouvelle culture communicationnelle a vu le jour. Pour autant, elle n’a pas empêché la reproduction de rapports de pouvoir. 


La « Zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes a permis à des milliers de personnes d’expérimenter de nouvelles manières de vivre, respectueuses de l’environnement. Le mouvement d’occupation (2007-2018), qui a émergé en réaction au projet d’aéroport, a ouvert un espace d’autonomie fondé sur des valeurs anti-capitalistes et anti-autoritaires. Les occupant·es ont créé des modes alternatifs d’organisation, en abolissant la pratique de la représentation.

Ce refus de la délégation s’est notamment traduit par la mise en place de réunions hebdomadaires permettant aux occupant·es d’échanger des informations, de débattre et de se coordonner. Mais comment se mettre d’accord malgré la diversité des origines sociales et des parcours politiques de chacun·e ? À partir des données récoltées lors de plusieurs enquêtes de terrain conduites en 2013 et 2014 (voir En savoir +), cet article analyse les règles et les pratiques de communication par lesquelles les occupant·es ont tenté de conjuguer l’exigence de l’égalité avec la nécessité de l’efficacité.

Pour comprendre la critique radicale de la représentation cristallisée sur la ZAD, il faut remonter à 1848, année où l’introduction du suffrage universel masculin inscrit l’égalité formelle de tous les citoyens dans la Constitution française. Pour autant, les représentants continuent à être choisis parmi les notables prédisposés par leur origine sociale et leur formation à exercer les fonctions d’État (les juristes notamment). Si les membres des classes populaires peuvent désormais voter, ils peinent à faire valoir leurs intérêts auprès d’élus qui ne partagent pas les mêmes conditions de vie et de travail. Une critique de la mal-représentation émerge, qui aboutit à la création de partis ouvriers, portés par des représentants issus du prolétariat.

Les anti-autor

Cet article est réservé à nos abonné·e·s

vous pouvez l’acheter à l’unité pour 3€
Pour accéder à cet article :

Déjà abonné.e ?

M'identifier

La Revue Projet donne gratuitement accès aux articles de plus de 3 ans.

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules