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Les renouvelables, entre privatisation et projet citoyen

Luminiţa-Anda Mandache et Olivier Servais
Chercheurs

En Wallonie, un projet d’éoliennes soutenu par des habitants a été repris en main par le secteur privé. Mais les citoyens étaient-ils réellement au cœur du dispositif ? Retour sur la genèse de ce projet. En Wallonie un projet d'éoliennes soutenu par des habitants a été repris en main par le secteur privé Mais les citoyens étaient ils...

Soustraire l’énergie à la logique du marché

Anousheh Karvar
Chercheur

Il est des biens essentiels, comme l’énergie, l’eau, qui ne devraient pas être soumis aux lois du marché. L’instauration d’un système de solidarité, semblable à celui qui existe pour la couverture santé, permettrait que chacun puisse y avoir accès. Il est des biens essentiels comme l'énergie l'eau qui ne devraient pas être soumis ...

Climat : concilier efficacité et justice

Pascal Canfin, Cécile Renouard et Pablo Solón
Vu d'ailleurs

Les négociations de la conférence de l’Onu sur le changement climatique peuvent-elles aboutir à une solution juste en 2015 ? Voilà la question que nous avons posée à un ancien ministre, un leader altermondialiste et une religieuse philosophe. Ils y répondent sans langue de bois. Les négociations de la conférence de l'Onu sur le changemen...

Un nouveau récit pour une transition juste

Sylvain Lavelle
Question de sens

La transition énergétique peut-elle être un levier de justice sociale ? Le défi est de taille : c’est le récit du changement qu’il nous faut inventer. Le contexte d’une société d’individus atomisés, impuissants, ne s’y prête guère. La capacité à faire de cette crise une opportunité réside sans doute chez les acteurs qui subi...

Énergie : l’enjeu agricole

Christian Couturier
Acteur de terrain

Les sols, les forêts doivent-ils produire de l’énergie, stocker du carbone, alimenter les animaux ou les humains ? Et comment dé-carboner la chaîne agro-alimentaire, grosse émettrice ? L’agriculture et l’alimentation sont au cœur des tensions liées à la transition énergétique. Les sols les forêts doivent ils produire de l'énergie ...

Remunicipaliser l’électricité : le modèle allemand

Teva Meyer
Chercheur

Le marché des énergies connaît une vague de remunicipalisation en Allemagne. Ce mouvement, étudié ici à Hambourg, se donne pour objectif de rendre le contrôle du secteur aux citoyens et d’améliorer la justice énergétique. Une dynamique envisageable en France ? Le marché des énergies connaît une vague de remunicipalisation en Allemagn...

Mobiliser l’énergie sociale

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

2009 Le consensus s'impose pour tous les acteurs du Grenelle de l'environnement l'avènement d'un modèle soutenable passe par une taxe carbone Mais la mesure n'est guère expliquée Le concert des protestations s'organise La société française n'est pas prête L'avis contraire du Conseil constitutionnel sur les modalités de mise en œuvre vien...

Pour une Europe de l’électricité

Dominique Maillard
Acteur de terrain

Les énergies renouvelables produisent une électricité disséminée et fluctuante. La consommation suit ses propres variations. L’équation technique est redoutable et invite à mieux intégrer les réseaux de transport d’électricité au niveau européen. Les explications de Dominique Maillard, président de RTE. Les énergies renouvelables ...

Écologie : pourquoi bouge-t-on si peu ?

Patrick Viveret
Question de sens

Notre maison brûle, nos sociétés marchent sur la tête, mais l’on regarde ailleurs. Pourquoi ? La sidération se conjugue avec l’illusion qu’on aura le temps et l’incapacité à imaginer d’autres issues. D’où l’importance de démontrer, par l’exemple, qu’autre chose est possible. Et enthousiasmant. Notre maison brûle nos soci...

Au fondement matériel de la démocratie

Bruno Villalba
Chercheur

Les crises écologiques et énergétiques interrogent les conditions d’existence matérielles de la démocratie, qui s’est longtemps perçue comme extérieure à la nature. Ces crises, cumulées avec les enjeux sociaux, obligent la démocratie à reformuler son projet politique, dans un délai de plus en plus réduit. Les crises écologiques et...

Se libérer de la consommation

Dominique Méda
Question de sens

L’insoutenabilité de nos modes de consommation, désormais bien établie, rend plus intolérable encore le fait qu’une minorité se gave tandis que d’autres manquent de l’essentiel. Mais le consumérisme habite aussi nos imaginaires. Le dépasser suppose d’y substituer un nouveau paradigme. L'insoutenabilité de nos modes de consommation...

Quels indicateurs pour éclairer la précarité énergétique transport ?

Audrey Berry
Chercheur

L'automobile est aujourd'hui le mode de transport dominant des déplacements locaux En 2008 en France 65 d'entre eux étaient réalisés en voiture l'équivalent de 83 des distances parcourues en France Si les transports en commun la marche le vélo forment des alternatives durables à la voiture elles ne sont ni toujours accessibles ni toujours a...

Transition énergétique : les prix de l’immobilier en question

Éric Lagandré et Vincent Renard
Chercheurs

La précarité énergétique, qui touche 15 à 20 % des Français, requiert certes un effort accru de rénovation thermique des bâtiments. Elle appelle aussi à desserrer l’étau des dépenses de logement qui étranglent les ménages. À quand une action publique déterminée pour faire reculer les prix de l’immobilier ? La précarité énerg...

Vers des transports amoureux du climat ?

Jean-Pierre Orfeuil
Chercheur

Nos sociétés exigent d’être mobiles, mais une large part de la population vit des difficultés de déplacement pénalisantes. Peut-on concevoir une transition énergétique dans les transports, grands émetteurs de gaz à effet de serre, qui n’aggraverait pas la situation de ces personnes ? Quelles options mobiliser dans un contexte budgéta...

Droit à l’énergie, progrès ou illusion ?

Soisic Rivoalan et Fabien Tocqué
Acteur de terrain

Un Français sur cinq est en situation de précarité énergétique. Une situation qui risque de s’aggraver lorsque les prix de l’énergie augmenteront. Garantir l’accès à l’énergie de tous est donc plus que jamais une nécessité. Un Français sur cinq est en situation de précarité énergétique Une situation qui risque de s'aggraver ...

« Manger ou se chauffer, il faut choisir ! »

Magdala (association)
Droit de cité

À Lille, un groupe de personnes en situation de précarité a engagé, avec l’association Magdala, une réflexion et des actions sur le logement écologique, l’alimentation biologique, l’accès à l’eau… Il nous livre ici le fruit de ses échanges sur la transition énergétique et la justice sociale. À Lille un groupe de personnes en s...

L’énergie au XXIe siècle, le sens des limites

Jean-Charles Hourcade et Nebojsa Nakicenovic
Chercheurs

Les énergies fossiles menacées d’épuisement ? Du point de vue climatique, il y en a trop. Si nous les exploitions toutes, l’atmosphère et la biodiversité ne pourraient en supporter les rejets. Ce n’est pas le « pic » des fossiles qui nous forcera à changer de modèles énergétiques, mais notre désir de voir émerger un autre dévelo...

©Bruno Parmentier/Flickr/CC
©Bruno Parmentier/Flickr/CC

Pour une Europe de l’électricité


Les énergies renouvelables produisent une électricité disséminée et fluctuante. La consommation suit ses propres variations. L’équation technique est redoutable et invite à mieux intégrer les réseaux de transport d’électricité au niveau européen. Les explications de Dominique Maillard, président de RTE.

Quel est le rôle de RTE (Réseau de transport d’électricité) en France ?

Dominique Maillard – RTE est l’entreprise chargée de l’acheminement de l’électricité entre les producteurs et les grands consommateurs, industriels directement raccordés au réseau de transport ou distributeurs. Sa mission première est d’assurer à tous ses clients un accès économique, sûr et propre à l’énergie électrique : les connecter par une infrastructure adaptée et leur fournir les outils et services pour répondre à leurs besoins, dans un souci d’efficacité économique, de respect de l’environnement et de sécurité d’approvisionnement.

La qualité et la continuité de l’alimentation électrique représentent un enjeu essentiel pour la compétitivité de l’économie française, mais aussi pour les consommateurs finaux, PME, petites et moyennes entreprises de l’industrie et particuliers qui, sans être directement raccordés à notre réseau, en dépendent par l’intermédiaire des distributeurs.

Depuis la loi sur l’ouverture à la concurrence des marchés de l’énergie, les activités de production et de transport de l’électricité ont été séparées. RTE a été créé le 1er juillet 2000, en même temps que la Commission de régulation de l’énergie, chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz. En 2005, RTE a acquis la personnalité morale en devenant une filiale d’EDF. Nos statuts garantissent notre indépendance et notre neutralité à l’égard de l’ensemble des producteurs d’électricité.

À quoi sert le réseau de transport d’électricité ?

L’existence de ce réseau est essentielle, car tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. Côté production d’électricité, certains disposent de conditions favorables à l’énergie solaire, éolienne ou hydraulique. La consommation dépend quant à elle des habitudes de vie, du tissu industriel ou de la démographie. Les équilibres entre zones productrices et consommatrices d’électricité peuvent s’inverser au cours d’une journée, d’une saison, ou d’une année. Les panneaux photovoltaïques installés sur les toits des pavillons dans les quartiers résidentiels produisent, en journée, une électricité qui sera exportée et utilisée à l’endroit et au moment où elle est nécessaire, dans les bureaux et les principaux centres de consommation. En retour, ces zones résidentielles resteront alimentées la nuit, grâce à une électricité provenant de zones plus éloignées. On comprend que les équilibres entre production et consommation d’électricité ne sont figés ni dans le temps, ni dans l’espace. C’est bien la mutualisation des moyens de production et la complémentarité des sources d’énergie à l’échelle d’un territoire, d’un pays et d’un continent qui permettent d’assurer la livraison à tout instant et en tous points d’une électricité sûre et fiable et de limiter le recours à des capacités supplémentaires de production. Le réseau de transport est un vecteur clé de la sécurité de l’alimentation et de la solidarité électriques.

En modifiant la carte de la production, le développement des énergies renouvelables (ENR) accentue la contribution de la solidarité électrique. Leur production, en effet, ne coïncide pas avec les besoins locaux. En l’absence de capacités de stockage disponibles à la bonne hauteur (pour l’heure circonscrites au pompage hydraulique), le réseau de transport est le meilleur instrument de flexibilité aujourd’hui disponible pour leur valorisation.

Des mécanismes de marché agissent sur toute la chaîne de valeur de l’électricité à travers les signaux qu’ils émettent. Ils contribuent à la sécurité d’alimentation électrique, à l’optimisation économique du système et donc à de meilleurs prix pour les consommateurs. Associées à ces mécanismes, les interconnexions permettent aux sources de production les moins chères de répondre aux besoins de consommation, indépendamment des frontières politiques ou des limites de réseaux.

Quels sont les enjeux liés à l’interdépendance des réseaux européens ?

L’interconnexion des réseaux permet d’étendre cette optimisation technique et économique à une plus large zone. Par exemple, la France importe de l’électricité d’Allemagne les jours ouvrés en période de production photovoltaïque élevée, mais elle exporte la nuit et en période de faible vent. Plus les réseaux sont interconnectés, plus la sécurité d’alimentation est renforcée. L’analyse prévisionnelle offre-demande réalisée chaque année par RTE à l’approche de l’hiver montre que la France pourra recourir aux importations pour couvrir toute la consommation du matin en janvier 2015 et que les capacités d’exportation seront suffisantes en moyenne sur toute la période pour répondre, notamment, à d’éventuelles demandes de la Belgique.

L’architecture du marché européen a été pensée pour que les opérateurs puissent commercer, optimiser leur portefeuille, gérer leurs risques, anticiper leurs positions. Le couplage des différentes zones de marché, étendu en mai 2014 au marché ibérique, est une avancée majeure. Par une convergence des prix sur l’ensemble des zones intégrées, il sera l’occasion d’économies pour la collectivité évaluées à plusieurs centaines de millions d’euros par an pour toute l’Europe, accroissant la compétitivité des industriels européens.

Naturellement, ce couplage suppose une coopération étroite avec nos homologues européens. Depuis une dizaine d’années, ENTSO-E1, l’association des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité européens, a contribué à intensifier ces relations, à mieux intégrer le marché européen, avec des règles et des mécanismes harmonisés, afin de promouvoir la construction du marché européen de l’électricité.

Ce mouvement plaide-t-il pour une véritable Europe de l’énergie ?

Il est illusoire de rechercher un bouquet énergétique commun, qui n’aurait guère de sens, en raison de la diversité des situations géographiques et environnementales. Il faut plutôt viser la convergence du cadre institutionnel et des règles de marché. Ainsi, le transport d’électricité fait l’objet d’une planification commune à dix ans pour le développement des infrastructures de réseau.

Le traité de Lisbonne fait de l’énergie une compétence partagée mais laisse aux États membres le choix de leur bouquet énergétique. Alors que les États recherchent une convergence politique, les réseaux de transport d’électricité ont ici un temps d’avance. Leur coopération constitue un socle à consolider, sur la base à la fois d’une volonté politique et d’une nouvelle donne économique. Car les investissements nécessaires avoisinent au total en Europe 200 milliards d’euros d’ici 2020 ; ils dépendent largement des tarifs fixés par le régulateur et de la dette bancaire. Sans recours à des formes alternatives de financement, se profile un mur d’investissements que les opérateurs ne pourront franchir à eux seuls. Par ailleurs, aucune transition énergétique ne sera pleinement aboutie sans le soutien des citoyens et sans leur acceptation des lignes de haute et très haute tension. Il importe donc de travailler à la bonne compréhension des enjeux et de l’utilité des réseaux de transport d’électricité. Les transitions entamées partout en Europe ne réussiront que si les infrastructures sont au rendez-vous pour développer de nouvelles capacités de production à partir des énergies renouvelables et de nouvelles capacités des « consom’acteurs » à différer leur consommation aux heures creuses (on parle d’« effacement »).

À lire dans la question en débat
« Aura-t-on l’énergie d’une transition juste ? »

Et aussi sur Revue-Projet.com



1 « European Network of Transmission System Operators for Electricity ».


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