Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !
Logo du site
Dossier : Religions et violence

Alliance ou rupture


Religions et politique entretiennent des rapports ambivalents. D’un côté, les religions servent de support identitaire et de réservoir de sens, souvent inspirants pour le politique. D’un autre côté, elles sont aussi des facteurs de résistance face aux pouvoirs oppressifs ou totalitaires. Elles contribuent, par leur message et leur pratique, à démasquer les fausses idoles et à affronter la violence, à viser une réconciliation. Cette troisième partie explore ce paradoxe d’une religion à la fois utopie mobilisatrice et force critique radicale, fécondante et pourtant distincte de l’histoire des hommes.

La révolution iranienne souligne un tel paradoxe lorsque Michel Foucault parle d’une « spiritualité politique » : à la fois pouvoir de dire « non » au despote, façonnant une volonté collective, et phénomène d’irruption, déchirure de l’histoire, qui ne peut s’institutionnaliser sans dérive ni récupération. Les soulèvements qui supposent de risquer sa vie – on songe aussi à la Pologne –, seraient-ils forcément religieux ?

Dans un autre registre, il est étonnant de voir le concept religieux de pardon pénétrer aujourd’hui le champ politique : commissions de réconciliation, gestes de repentance, devoir de mémoire… Mais peut-on transformer en vertu politique ce qui, dans le dépassement des conflits, est d’abord expérience, innovation, renaissance ?

Dernier lieu d’étude : la situation en France. Actes antisémites, occupations d’Eglise, réactions hostiles à l’installation de mosquées… : comment les pouvoirs publics et les communautés religieuses réagissent-ils à ces tensions où sont présents des éléments religieux ?


J'achète Le numéro !
Religions et violence
Je m'abonne dès 3.90 € / mois
Abonnez vous pour avoir accès au numéro
Les plus lus

Les Marocains dans le monde

En ce qui concerne les Marocains, peut-on parler de diaspora ?On assiste à une mondialisation de plus en plus importante de la migration marocaine. On compte plus de 1,8 million de Marocains inscrits dans des consulats à l’étranger. Ils résident tout d’abord dans les pays autrefois liés avec le Maroc par des accords de main-d’œuvre (la France, la Belgique, les Pays-Bas), mais désormais aussi, dans les pays pétroliers, dans les nouveaux pays d’immigration de la façade méditerranéenne (Italie et ...

L’homme et Dieu face à la violence dans la Bible

Faut-il expurger la Bible ou y lire l'histoire d'une Alliance qui ne passe pas à côté de la violence des hommes ? Les chrétiens sont souvent gênés par les pages violentes des deux Testaments de la Bible. Regardons la Bible telle qu’elle est : un livre à l’image de la vie, plein de contradictions et d’inconséquences, d’avancées et de reflux, plein de violence aussi, qui semble prendre un malin plaisir à multiplier les images de Dieu, sans craindre de le mêler à la violence des...

Un héritage tentaculaire

Depuis les années 1970 et plus encore depuis la vague #MeToo, il est scruté, dénoncé et combattu. Mais serait-il en voie de dépassement, ce patriarcat aux contours flottants selon les sociétés ? En s’emparant du thème pour la première fois, la Revue Projet n’ignore pas l’ampleur de la question.Car le patriarcat ne se limite pas à des comportements prédateurs des hommes envers les femmes. Il constitue, bien plus, une structuration de l’humanité où pouvoir, propriété et force s’assimilent à une i...

Du même dossier

De Saint-Ambroise à Saint-Bernard

Resumé Comment l'Eglise de Paris a vécu l'occupation des lieux de culte. Le 23 août 1996, à 7h30 du matin, les forces de l’ordre en grand nombre prennent d’assaut l’église Saint-Bernard-de-la-Chapelle dans le 18e arrondissement de Paris. A coups de hache, les portes sont forcées ; 228 grévistes de la faim, Africains demandeurs d’une régularisation de leur situation administrative, qui occupaient l’église depuis le 28 juin, en sont expulsés.Dès le premier jour, le curé, le Père Henri Coindé, avai...

Le pardon en politique

Resumé Quand le pardon s'affiche sur la scène politique. Les risques de l'institutionnaliser et de le banaliser. Le pardon s’affiche sur la scène politique. On s’étonne, par exemple, qu’à propos du génocide de 1994 au Rwanda, la France n’ait pas demandé pardon pour ses implications supposées ou sa passivité. Récemment encore, les Albanais du Kosovo s’indignaient du fait que les Serbes de ce territoire n’avaient jamais demandé pardon pour les exactions naguère commises contre leur communauté. Un ...

Identités, religions et politique

Resumé La culture et la religion comme réponses à un défi vital. Pour le meilleur ou pour le pire, l’actualité, mais aussi l’opinion courante, voire certains théoriciens nous imposent de réfléchir au rapport entre religion et violence dans le cadre de la question des identités collectives. On parle de plus en plus de crises, de replis, de passions identitaires. Et les religions y sont convoquées. La thèse de Samuel Huntington va jusqu’à soutenir que les guerres d’aujourd’hui traduisent le choc d...

Du même auteur

Parabole subversive

« Qui est mon prochain ? » La parabole du bon Samaritain invite les chrétiens à se poser cette question centrale et difficile. Si l’interprétation du pape François appelle à une fraternité universelle, d’autres estiment qu’elle ne saurait s’appliquer aux États. La place donnée à la parabole du bon Samaritain par le pape François ne se réduit pas au deuxième chapitre de l’encyclique Fratelli tutti, où il en dével...

De la prudence à la précaution

Resumé La responsabilité face à autrui ne nie pas la socialisation des risques, mais nourrit le sens citoyen de nos institutions. Notre époque a redécouvert la notion de catastrophe. Mais elle affronte cette situation avec un regard neuf. Le malheur n’est plus comme jadis le fait de Dieu ou de la Nature. Qui écrirait encore au bas d’une statue de la Sainte Vierge, comme on peut le voir dans les villages du Briançonnais : « Vierge Marie protégez-nous de la colère de Dieu. Inondations 1858 »    ? ...

Etre catholique, c'est être social

Il est rare de voir un homme faire l’unité d’une nation. Le Père Hurtado est de ceux qui ont su réunir autour de leur action riches et pauvres, croyants et incroyants. A l’occasion de la canonisation du jésuite à Rome, le Président Ricardo Lagos, socialiste et lui-même agnostique, déclarait : « Avec le Père Hurtado, nous avons gagné un nouveau père de la patrie ». Un tel enthousiasme populaire s’explique par l’influence durable de cet acteur de la justice sociale qui fut le porte-voix des pauvr...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules