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Les pauvres, alibis à des politiques de courte vue

Jean-Charles Hourcade
Chercheur

Notre société actuelle se fonde sur des prix de l’énergie bas. Alors quand il s’agit d’opérer notre transition énergétique, les pauvres sont un alibi de poids… pour maintenir le statu quo. Il est donc urgent d’instaurer un nouveau contrat social. Notre société actuelle se fonde sur des prix de l'énergie bas Alors quand il s'agit ...

Pascal Canfin : « Lisez la Revue Projet... jusqu'au bout ! »

Pascal Canfin
Responsable politique

Le ministre délégué au développement était ce matin l’invité de la matinale sur France Culture. Pris à parti par un chroniqueur, il s'en est sorti grâce à sa lecture assidue de la Revue Projet ! Le ministre délégué au développement était ce matin l'invité de la matinale sur France Culture Pris à parti par un chroniqueur il s'en es...

Explosion des impayés : que faire ?

François Boulot, Olivier Favard et Thierry Saniez
Acteur de terrain

Comment expliquez vous la montée des impayés de factures d'électricité et de gaz l'augmentation du nombre de gens qui demandent des délais des échéanciers Est ce la montée des prix de l'énergie l'état du parc Y a t il d'autres raisons Olivier Favard C'est surtout la crise et la montée de la précarité dans son ensemble qui sont à l'or...

« La priorité ? Diminuer la consommation »

Jean Desessard
Responsable politique

Entretien - Une commission d’enquête du Sénat s’est enquise du prix « réel » de l’électricité. La hausse semble inéluctable. Dès lors, et le diagnostic fait consensus, il n’y a guère d’autre solution que de réduire la consommation. Entretien avec Jean Desessard, le sénateur qui a mené l’enquête. Entretien Une commission d'...

Contre la précarité énergétique, quel est le bon échelon ?

Brigitte Fouilland
Chercheur

La précarité énergétique, débattue en France grâce aux associations, est devenue une préoccupation des pouvoirs publics avec Grenelle II. Mais cette question majeure nécessite aujourd’hui un cadre d’analyse solide, l’engagement d’acteurs dotés de moyens d’agir et un traitement aux niveaux adéquats, à l’échelle des villes et ...

La transition énergétique comme solution

Emmanuel Combet
Chercheur

Derrière la récente et rapide explosion du nombre d'impayés d'énergie c'est un mouvement de long terme que l'on peut décrypter une dynamique qui contraint les trajectoires individuelles Cette vision sur une période longue est nécessaire pour en saisir les principaux moteurs anticiper l'émergence de nouvelles précarités et tenter d'enraye...

Aides au logement : « Mieux accompagner »

Gérard Dechy, Bertrand Lapostolet et Michel Pelenc
Acteur de terrain

Les aides à la rénovation existent. Cependant, le reste à charge est dissuasif et faire un emprunt, impossible pour certains propriétaires. D’autres ignorent l’existence même de ces dispositifs ou s’en méfient. Comment rendre ces aides plus efficaces ? L’accompagnement, l’information et la formation offrent quelques pistes. Les aide...

« Les tarifs sociaux ne suffisent plus »

Denis Merville
Acteur de terrain

Entretien - Quels problèmes l’énergie pose-t-elle aux Français ? Comment faire évoluer la facturation ? Comment faire payer le coût réel sans exclure des millions de ménages ? Que penser des lois en discussion ? En observateur aguerri, le médiateur national de l’énergie Denis Merville répond à nos questions. Entretien Quels problème...

On ne soigne pas un symptôme

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Été 2012 Premier test social pour le nouveau gouvernement les prix à la pompe flambent Chaque jour les médias se font l'écho de la grogne qui enfle chez les automobilistes et les professionnels Une vision de long terme aurait dicté moyennant quelques aménagements d'entériner cette hausse des prix Le gouvernement a préféré baisser les ta...

Précarité énergétique : vigilance et clairvoyance

Jérôme Vignon
Chercheur

La précarité énergétique concernait près de 4 millions de ménages de profils très divers en France en 2006. Le président de l’Observatoire national de la précarité énergétique décrit ici précisément le phénomène, en progression constante. Il analyse les réponses politiques et pointe le défi central : la transition écologique i...

C'est quoi la « précarité énergétique » ?

Jérôme Vignon
Pour en savoir plus

C'est au Royaume Uni que le vocable de fuel poverty fait son apparition au lendemain des premiers chocs pétroliers En découle une première définition précise et chiffrable Seront considérées précaires énergétiques les familles contraintes pour les usages domestiques de dépenser plus de 10 de leurs ressources pour acquitter les factures ...

Énergie : quand le Secours catholique paie la facture

François Boulot
Acteur de terrain

En 2011, 300 000 personnes accueillies par le Secours catholique faisaient face à des impayés d’énergie. La facture devient lourde pour l’association, qui a entrepris d’en étudier les ressorts. Les résultats de l’étude, publiés ici, montrent combien la faiblesse des ressources des familles est en cause, et l’aide publique, insuffis...

L’énergie, révélateur récent d’inégalités anciennes

Éric Lagandré
Acteur de terrain

Oui, la précarité énergétique aggrave les inégalités, nous confirme Éric Lagandré, de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat. Non sans émettre une double recommandation. Attention à ne pas en masquer les causes structurantes (explosion des prix de l’immobilier, relégation spatiale, etc.), et en direction des pouvoir...

Quand la voiture devient contrainte

Jean-Pierre Orfeuil
Chercheur

Commerces, logements, emplois… le succès massif de la voiture au XXe siècle a structuré l’espace. Menant dans l’impasse de nombreux Américains, étranglés entre des charges en hausse (logement, transport) et des revenus en baisse. Fragilisant aussi les Français vivant dans le périurbain ou le rural. Tout un modèle à repenser. Commerc...

« Elle a payé son loyer plutôt que le gaz et l’électricité »

Geneviève Silberstein
Acteur de terrain

À l'accueil social de Montpellier le nombre des personnes en situation de précarité énergétique qui sollicitent une aide pour payer leurs factures d'électricité et de gaz a tellement augmenté que le Secours catholique a dû repenser sa façon de les accueillir et de traiter leurs demandes Depuis décembre 2012 une demi journée est réserv...

Centre des sciences de Montréal/Flickr/CC
Centre des sciences de Montréal/Flickr/CC

« La priorité ? Diminuer la consommation »


Entretien - Une commission d’enquête du Sénat s’est enquise du prix « réel » de l’électricité. La hausse semble inéluctable. Dès lors, et le diagnostic fait consensus, il n’y a guère d’autre solution que de réduire la consommation. Entretien avec Jean Desessard, le sénateur qui a mené l’enquête.

Vous avez présidé une commission d’enquête sur le prix réel de l’électricité. Qu’appelez-vous prix « réel » ? Est-il condamné à augmenter ?

Jean Desessard – Un certain « flou » subsiste aujourd’hui encore quant au prix de l’électricité en France : reflète-il réellement l’ensemble des coûts ? La commission d’enquête a permis de faire la lumière sur le prix « réel », qui comprend le prix de production, celui du transport et toutes les taxes. Il faut savoir que le prix de l’électricité s’est établi selon deux modalités : à partir d’un tarif réglementé, fixé par les services publics (loi NOME, « nouvelle organisation du marché de l’électricité ») et à partir d’un niveau déterminé par le marché à l’échelle européenne.

Au coût de production (32 % de la facture totale) s’ajoute le prix du transport et de la distribution de l’électricité, gérés par ERDF (36 %) et financés par le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Enfin, quatre taxes constituent la dernière composante (32 %) : la contribution au service public de l’électricité (CSPE), les taxes sur la consommation finale d’électricité, la contribution tarifaire d’acheminement, et la TVA.

Le prix continuera d’augmenter, puisque, dans les trois secteurs de production d’électricité, les coûts sont en hausse. C’est vrai pour les énergies fossiles comme pour le nucléaire, tandis que les filières d’énergies renouvelables (hormis l’éolien terrestre) n’ont pas encore atteint la rentabilité du marché. La hausse concerne aussi le coût du transport, pour tenir compte des nombreux investissements nécessaires dans les réseaux, ainsi que la CSPE, pour financer le développement des filières durables et la lutte contre la précarité énergétique.

Comment faire payer ce « coût réel » sans accroître davantage encore le nombre de foyers en précarité énergétique ?

La facture est le produit du prix du kilowattheure par la quantité d’électricité consommée. Le seul moyen de ne pas voir le montant de la facture monter en flèche est de diminuer la consommation. Plusieurs solutions existent et doivent se concrétiser le plus rapidement possible. Un grand plan d’isolation thermique des logements anciens et de nouvelles normes pour les logements en construction doit être mis en place1, afin de diminuer l’utilisation du chauffage électrique, une spécificité française.

La diminution de la consommation d’électricité « spécifique » doit constituer une autre priorité. L’électricité spécifique correspond aux usages pour lesquels aucune autre source d’énergie n’est possible, comme l’éclairage et le fonctionnement des appareils électroménagers et audiovisuels. Il faut savoir qu’un ménage français consomme beaucoup plus qu’un ménage allemand. Il s’agit d’améliorer l’information des consommateurs (étiquettes énergies avec des notations de E à A +++), et d’adopter une réglementation plus stricte sur la consommation des appareils électroménagers et audiovisuels, avec un système de « bonus-malus » pénalisant les appareils énergivores.

Enfin, il est urgent de sensibiliser les personnes au « consommer mieux », en incitant la consommation aux heures creuses, qui permet de bénéficier de tarifs avantageux et d’éviter de provoquer des pointes de consommation. Dans la même veine, le développement des smart grids ou « réseaux intelligents » doit permettre le rapprochement entre consommation et production. Des compteurs électriques nouvelle génération permettraient aux ménages de devenir des consom’acteurs, capables de gérer leur consommation.

Toutes ces mesures d’urgence pour réduire la consommation d’électricité ont fait consensus au sein de la Commission. La seule divergence a porté sur les différents scénarios de production, à savoir la part du nucléaire dans la production d’électricité.

Quel peut être le rôle des collectivités, des associations qui travaillent auprès de personnes en précarité énergétique ?

Le rôle des collectivités locales et des associations pour lutter contre la précarité énergétique est multiple. Elles octroient une aide financière aux personnes qui disposent de faibles revenus, en allégeant leur facture énergétique. Il peut s’agir de tarifs sociaux de l’énergie (tarif de première nécessité pour l’électricité, tarif spécial de solidarité pour le gaz) ou de remboursements des impayés auprès des fournisseurs d’énergie via le Fonds de solidarité pour le logement.

Les collectivités locales et les associations peuvent participer aussi à la rénovation thermique des logements. Et donc faire de la prévention, au-delà de l’assistance. Les collectivités subventionnent les travaux qui serviront à augmenter la performance énergétique de l’habitat (isolation des combles, remplacement de chaudières…). Des subventions sont aussi attribuées pour de plus petits travaux d’amélioration de la performance énergétique (achat d’ampoules basse consommation, pose de double vitrage, petites réparations, etc.). Des mesures qu’il faut coupler, de plus en plus, à un travail de prévention et d’accompagnement des ménages précaires sur le terrain. Plusieurs initiatives pédagogiques ont été lancées, telles que la sensibilisation à la maîtrise de l’énergie.

Les acteurs jouent enfin un rôle de médiation auprès des fournisseurs d’énergie, afin d’obtenir des négociations d’échéanciers et des facilités de paiement. Cependant, la proportion de ces dispositifs reste encore faible au regard du nombre croissant de foyers en situation de précarité énergétique, d’où l’urgence de les amplifier.


1 La loi Duflot, prévue pour septembre 2013, doit doter les logements anciens d’une isolation thermique de qualité dans le but de juguler la hausse des dépenses d’énergie, et d’encourager la construction de logements neufs performants afin de diminuer la consommation liée au chauffage électrique.


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