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Changer la société Campus de la Transition

Atelier sur la connexion à soi, aux autres, à la nature et à plus grand que soi avec des étudiants de l’Essec, en avril 2026, sur le site du Campus de la Transition. © Cécile Renouard
Atelier sur la connexion à soi, aux autres, à la nature et à plus grand que soi avec des étudiants de l’Essec, en avril 2026, sur le site du Campus de la Transition. © Cécile Renouard

L’expérience du Campus de la Transition montre que l’articulation entre changement personnel et changement systémique passe par des formes diverses de spiritualité.


Le Campus de la Transition est une association et un éco-lieu ancré en Seine-et-Marne, dans un village de 400 habitants, à 80 km de Paris. Il vise, par l’expérimentation et l’engagement, à transformer modes de vie et modèles économiques pour aller vers des sociétés marquées par la sobriété, la convivialité, le soin et la justice sociale. Le projet, laïc, est ouvert à la dimension spirituelle au sens large : question du sens, intériorité et rapport à l’altérité.

Fruit de l’écriture collective de plus de 70 enseignants-chercheurs, le Manuel de la Grande Transition, publié en 2020, propose de mettre en avant six portes d’entrée dans la Grande Transition : le diagnostic (oikos), l’aiguillon éthique (ethos), les normes (nomos), les récits (logos), l’action (praxis), la reconnexion à soi, aux autres, à la nature et à plus grand que soi (dunamis).

Pour réfléchir aux différentes manières d’envisager la spiritualité dans un projet centré sur la formation en vue d’un engagement dans la cité, je propose une typologie à partir des six portes. Le point commun à toutes les personnes engagées au Campus de la Transition est qu’elles mobilisent une dimension éthique partagée, un grand désir de justice sociale et écologique.

Je distingue trois grandes voies d’entrée dans la spiritualité, qui mettent un accent sur une des relations (à soi, aux autres, à la nature, à Dieu) abordées par le pape François comme constitutives de l’écologie intégrale.

Trois voies

D’abord, il y a l’entrée par la porte dunamis, la relation ajustée à soi et/ou à plus grand que soi. Deux expressions caractérisent l’objectif privilégié : « se changer soi-même pour changer le monde » ou « prendre soin de soi pour prendre soin des autres ».

La dimens

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