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Face à une modernité qui accélère et isole, le philosophe allemand Hartmut Rosa avance une piste inattendue : et si la religion offrait les espaces de résonance qui nous font défaut ?
Pourquoi la démocratie a besoin de la religion1. Le titre d’un petit ouvrage du philosophe et sociologue allemand Hartmut Rosa, reprise d’une conférence donnée lors d’une rencontre au sein de l’Église catholique de Würzbourg en 2022, semble provocant tant sous certains aspects (extrémismes, fondamentalismes, pertes de crédibilité, etc.) les religions paraissent davantage du côté du problème que de la solution. Et pourtant la proposition de Rosa est suggestive. Elle s’inscrit dans la continuité de ses réflexions depuis trente ans.
Dans Accélération2, Rosa a posé un diagnostic précis sur notre modernité tardive. Elle se caractérise par une accélération permanente et systémique de la technique, des transformations sociales et des rythmes de vie, qui est la condition même de son maintien. La réponse est alors, non pas une décélération généralisée mais plutôt de cultiver le souci d’entrer en résonance et de créer les conditions pour cela. C’est ce qu’il déploie en une théorie critique dans son ouvrage majeur, Résonance3.
La résonance est un mode de relation au monde qui renvoie à une forme fondamentale d’être-au-monde des humains. Quatre caractéristiques définissent ce mode de relation résonant aux choses, aux autres, au monde…
La résonance n’est pas « maîtrisable » entièrement. Elle ne peut, ni être obtenue, ni être empêchée de manière certaine.
Premièrement, entrer en résonance avec une personne, mais aussi avec une chose, avec un paysage, une idée, cela signifie être atteint, touché, interpellé. En cela le monde qui nous entoure n’est pas muet.
Deuxièmement, on ne p
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