Une revue bimestrielle, exigeante et accessible, au croisement entre le monde de la recherche et les associations de terrain.
Et si la tradition confucéenne offrait une réponse à nos désenchantements politiques ? Dans les Entretiens de Confucius, le travail sur soi n’est jamais repli intérieur, mais préparation exigeante à l’exercice de la responsabilité collective.
Lorsqu’on utilise les ressources d’une tradition étrangère pour réfléchir à des problèmes contemporains, il existe toujours le risque de trop simplifier cette étrangeté qui sert de contraste, ou bien d’y projeter ses propres craintes ou attentes. Le problème n’est pas nouveau : dès la Grèce antique, qui nous est tout aussi étrange que la Chine, Socrate souligne son rôle d'atopos.
L’a-topos est cet étrange, le sans-lieu ou hors du lieu, ce quelque chose qui n'est pas en place, ou pas à sa place, et qui dérange. C’est la pierre d'achoppement sur laquelle on bute, ou le taon qui vient piquer le cheval endormi qu’est Athènes.
La « Chine » joue souvent ce rôle pour les Occidentaux1. Dans le cas de la Chine, se rajoute une autre difficulté, celle de trop faire, ou trop peu, confiance aux représentations qui en sont faites, en particulier lorsque celles-ci sont trop unilatérales ou tendent à faire croire que gouvernement, population(s) et culture(s) sont des réalités de même ordre, en totale continuité les unes par rapport aux autres.
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