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CCFD-Terre Solidaire Vers une spiritualité de l’engagement

Mobilisation contre l'accord d’association Israel-Union européenne à Paris en mars 2024. 
©Ophélie Chauvin/CCFD-Terre Solidaire
Mobilisation contre l'accord d’association Israel-Union européenne à Paris en mars 2024. ©Ophélie Chauvin/CCFD-Terre Solidaire

Ni optimisme béat ni militantisme à bout de souffle : la spiritualité de l’engagement articule transformation intérieure et action collective. Mais cette dialectique ne tient que portée par des structures et des médiations instituées.


Dans un contexte marqué par les crises internationales, l’aggravation des inégalités et des rapports de force, mais aussi par les dérèglements écologiques et la fragilisation de nombreux acquis sociaux et environnementaux, la spiritualité apparaît pour nous comme une force de résistance au découragement et à la résignation. Elle nous aide à penser les rapports de domination.

Au CCFD-Terre Solidaire, certains combats peuvent sembler perdus d’avance. Pourtant, l’association revendique une espérance active qui nous engage à la persévérance. Par exemple, après plusieurs années de luttes et d’engagement, l’organisation a contribué à l’adoption, en 2017, de la loi sur le devoir de vigilance. Cette loi vise à responsabiliser les entreprises sur leurs pratiques sociales et environnementales. En 2025 encore, l’association a participé à une marche entre Roubaix et Bruxelles pour défendre ce dispositif menacé de remise en cause.

Ainsi, cette espérance chrétienne ne relève pas d’un optimisme naïf, mais consiste plutôt à refuser la fatalité. Elle oriente la manière d’agir de l’association, en évitant de réduire les combats sociaux à des affrontements idéologiques. Pour le CCFD-Terre Solidaire, la spiritualité de l’engagement consiste à ne pas condamner des personnes, mais plutôt à dénoncer des systèmes d’injustice ou d’exclusion dans une approche de don et de pardon.

La création est reçue comme un don, non comme une propriété à exploiter sans limite.

La spiritualité constitue également une ressource essentielle pour interroger notre rapport au vivant et interroger les logiques de domination exercées sur la nature comme sur les êtres humains. Dès le XIIIe siècle, François d’Assise rappelait, dans le Cantique des créatures, que la Terre est « notre sœur la mère Terre » et que la

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