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Dossier : Comment mesurer le bien vivre ?

Refonder le débat budgétaire à l’aide d’indicateurs alternatifs

Ministère de l'économie, Paris, France. © LPLT/Wikimedia Commons
Ministère de l'économie, Paris, France. © LPLT/Wikimedia Commons
On ne manque pas d’indicateurs pour mesurer le bien-être et la soutenabilité. Il faut maintenant qu’évaluer permette d’évoluer. Et quoi de plus stratégique que de refonder le débat budgétaire à l’aide de ces nouveaux indicateurs ?

« Dépasser le PIB ». Tel était le but affiché d’une conférence internationale organisée à Bruxelles par la Commission européenne voilà plus de dix ans (19 et 20 novembre 2007). Depuis, des dizaines de commissions ont produit autant de rapports. Des centaines de propositions d’indicateurs de bien-être et de soutenabilité ont vu le jour, certains prêts à l’emploi. Point d’orgue de cet effort sans précédent, les Nations unies ont adopté en septembre 2015 un tableau de bord de 17 « objectifs de développement durable » ou « ODD », censés guider les politiques de développement dans les années à venir et réservant à l’augmentation de la croissance du produit intérieur brut (PIB) la portion congrue1. Alors que partout dans le monde, la croissance économique marque le pas, que les inégalités s’exacerbent et que le PIB est inopérant face à l’ampleur de la crise écologique, il est plus que jamais nécessaire de poursuivre cet effort.

Il importe notamment d’inscrire les indicateurs de bien-être et de soutenabilité au cœur des politiques publiques, comme commencent à le faire certains de nos voisins, tels que le Royaume-Uni et la Belgique2. Car on ne manque pas d’indicateurs alternatifs : ce qui fait défaut, c’est leur problématisation et leur caractère opérationnel. Autrement dit, il importe de passer de l’âge descriptif à l’âge performatif des indicateurs de bien-être et de soutenabilité.

La France, longtemps en retard, s’est dotée d’un outil législatif innovant qui pourrait changer la donne. La loi du 13 avril 2015, dite « loi Sas » (du nom de la députée écologiste Eva Sas, qui l’a portée), adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 29 jan

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