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Dossier : Quel travail sans croissance ?

Partage du travail : perspectives interreligieuses


Le christianisme, comme l’islam, le judaïsme ou le bouddhisme insistent sur la dignité de l’homme au travail, sur son inscription dans une communauté. L’idée d’un partage du travail est diversement accueillie. Partager avec qui ? Pourquoi ? L’auteur appelle à un engagement interreligieux concret sur le sujet.

Replacée dans le cadre du dialogue interreligieux, la question du partage du travail ne tient pas de l’évidence1. Le travail se partage-t-il ? Avec qui ? On peut partager le travail, quand il manque et que l’entreprise n’a plus assez de commandes : on réduit les horaires, ainsi « la communauté » de travail est préservée. On peut le partager à l’intérieur d’un pays, au sein d’un secteur de l’économie, d’une chaîne d’approvisionnement qui inclut sous-traitants et entreprises donneuses d’ordres. Ces exemples font référence à un partage temporaire permettant de répondre à une détérioration transitoire de l’économie.

La question se pose aussi – au-delà des seules discussions sur l’efficience du travail – dans le cadre plus large des mutations structurelles résultant de la mondialisation : mise en concurrence de territoires éloignés les uns des autres, rééquilibrage entre pays du Nord et pays du Sud qui complexifie leurs relations, fragilisation de territoires industriels et délitement des communautés de type fordistes qui y étaient associées, création de zones franches, zones de moindre droit au nom d’un développement plus rapide… Dans ce contexte, comment établir un véritable partage des gains issus de la mondialisation et du travail ?

La discussion interreligieuse a toute sa place pour nourrir ce débat. Les traditions chrétiennes, qui ont contribué à établir des solidarités Nord-Sud, ont un rôle important à jouer, de même que les traditions juives, musulmanes et bouddhistes (sans exclure d’autres traditions), qui imprègnent de nombreuses cultures. Les réflexions esquissées ici prennent appui sur une consultation organisée par l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2011, ainsi que sur des échanges avec quelques représentants de chacune des traditions.

De la dignité de l’homme au travail

À ce niveau, un parallèle peut être dressé avec les années qui ont suivi la crise de 1929. Celle-ci faisait suite à des changements profonds, notamment la mise en place de nouvelles organisations industrielles libérant des gains de productivité dont les bénéfices n’ont pas été immédiatement partagés. Un débat éthique en est résulté et les chrétiens – aussi bien les catholiques que le mouvement œcuménique qui regroupe près de 120 églises protestantes et orthodoxes – y ont participé. Ils ont contribué à définir des modalités de partage des revenus au bénéfice de différents types de communautés, les familles, les entreprises et les États nations.

Deux documents significatifs ont pesé dans ce débat : en 1931, l’encyclique Quadragesimo anno2, du Pape Pie XI et en 1937 la Déclaration d’Oxford du mouvement œcuménique Vie et travail3. Les préoccupations sont les mêmes : chômage de masse, fort ralentissement économique, montée du bolchevisme, du fascisme et du nazisme, développement du syndicalisme. Les deux textes insistent sur la dignité de l’homme au travail. Pie XI s’inscrit dans la continuité de l’enseignement de Léon XIII4. Cette référence légitime l’émergence de droits nouveaux à travers les droits sociaux, qui touchent aux « travailleurs, [à] leur santé, leurs forces, leur famille, leur logement, l’atelier, les salaires, l’assurance contre les risques du travail, en un mot tout ce qui regarde la condition des ouvriers, des femmes spécialement et des enfants » (Quadragesimo anno, 30). Une expression, reprise en 1944 dans la Déclaration de Philadelphie par l’Organisation internationale du travail, y est pour la première fois énoncée : « Le travail n’est pas une marchandise »5. Dans la Déclaration d’Oxford, la dignité de l’homme est pareillement centrale : « Le travail, voulu par Dieu pour le bien de l’homme, a une dignité et une valeur intrinsèque. »

Le débat sur un juste salaire (non sans lien avec les préoccupations actuelles sur le partage du travail) s’inscrit dans cette perspective. « Tout membre de la communauté, dit le document œcuménique, doit avoir le moyen de gagner dignement sa vie. » Les inégalités mettent en danger l’existence même de la communauté. « Une infime minorité de la population possède les revenus qui excèdent, dans leur ensemble, ceux de la très grande majorité. » Et de fait, la compétition met en péril la justice sociale6. En faisant référence à une communauté (l’entreprise en général), l’accent est mis sur la dimension collective de l’existence humaine.

Pour Pie XI, le minimum salarial est supérieur à ce qui serait nécessaire à un « ouvrier sobre et honnête pour subsister ».

Les textes catholiques déploient un balancement analogue entre l’individu et la société, et abordent directement la question du juste salaire. Dans la continuité de Léon XIII, Pie XI réaffirme que le minimum salarial est supérieur à ce qui serait nécessaire à un « ouvrier sobre et honnête pour subsister ». Celui-ci doit permettre aux ouvriers de se constituer « un modeste avoir ». Le salaire est « personnel », le travail « étant à la fois individuel et social », même si des organisations collectives peuvent contribuer à en déterminer le montant. Il a une dimension familiale. L’ouvrier peut aussi légitimement participer à la propriété de l’entreprise, à sa gestion ou aux profits qu’elle apporte. Deux autres considérations rapprochent la question salariale de celle du partage du travail : la situation de l’entreprise et les « nécessités de l’économie générale ». Le salaire doit tenir compte des « besoins de l’entreprise ». Au niveau national, la visée ultime d’une politique salariale est d’assurer « au plus grand nombre possible de travailleurs le moyen de louer leurs services et de se procurer ainsi tous les éléments d’une honnête subsistance ».

La réflexion chrétienne cherche l’articulation entre le bien individuel et celui de la communauté.

Au-delà de la garantie d’un socle de valeurs (dignité humaine, égalité entre tous), la réflexion chrétienne cherche l’articulation entre le bien individuel et celui de la communauté (à différents niveaux). Elle associe immédiatement au partage du travail la question du partage du revenu.

… à la solidarité

En 2011, l’OIT a invité d’autres représentants à la table des discussions lors d’une série de rencontres interreligieuses sur le sens du travail, la justice sociale et le travail décent7. Deux valeurs essentielles, la dignité et la solidarité, constituent les bases d’un socle de référence. Cet article est l’occasion d’approfondir l’échange à propos du partage du travail.

La dignité de l’homme au travail demeure un élément fondamental dans l’engagement du mouvement œcuménique pour la justice sociale. Chaque personne a une vocation donnée par Dieu et une mission pour devenir un membre actif de la société. L’individu vit dans la dignité en soutenant sa famille et sa communauté. Ce principe, souvent réaffirmé, a conduit à plusieurs campagnes : ainsi en 2002 sur « Le commerce au service des personnes »…

Dans l’Église catholique, l’encyclique Laborem exercens, publiée en 1981 par le pape Jean-Paul II, distingue les dimensions objective et subjective du travail et met fortement l’accent sur la seconde : le sens du travail découle du sens de la vie humaine. L’homme participe par son travail à l’œuvre du Créateur et la poursuit à la mesure de ses possibilités. « L’homme est le sujet du travail. » Le travail n’est pas et ne peut pas être traité comme une marchandise.

L’islam interdit les travaux serviles ou dégradants, qui réduisent les travailleurs au rang d’objets, en raison d’impératifs de profit.

Pour l’islam, le Coran et le prophète affirment sans équivoque que le travail doit être effectué dans un environnement et dans des conditions qui protègent la dignité (karama) des êtres humains. L’islam interdit les travaux serviles ou dégradants, qui réduisent les travailleurs au rang d’objets, les déshumanisant en raison d’impératifs de profit. Quant au mot ،amal pour parler du « travail », il renvoie à une forme du culte au sens large : dans cette perspective, les rituels religieux sont satisfaits par la prière, le jeûne, le pèlerinage, mais aussi par le travail loyal. Un autre mot pour parler du travail est sun، : création et production artisanale (contrairement aux actes divins, les actes humains ne sont jamais une création ex nihilo, ils sont une transformation).

Dans la tradition juive, les Écritures insistent sur la valeur du travail. Dans le Talmud de Babylone, les rabbins enseignent que « celui qui gagne sa vie en travaillant est plus grand que celui qui craint le ciel ». Un travail décent procure un revenu correct pour la famille et la communauté. Il s’agit d’un privilège et d’une obligation. Les individus ont un sentiment de dignité quand ils ont un emploi correspondant à leur capacité, à leur créativité. Droit fondamental qui garantit les moyens de subsistance, le travail devient une façon de servir Dieu.

Pour de nombreux bouddhistes, le travail permet aux individus de gagner leur vie et d’assurer leur autonomie. Bouddha a enseigné que les employeurs devraient offrir de bonnes conditions de travail à leurs travailleurs, qui contribuent au développement de leur communauté. Une relation d’interdépendance lie les uns aux autres. Le sens de leur travail dépend en grande partie de l’intention qui les anime.

À l’insistance sur la dignité, ces traditions ajoutent une exigence de solidarité. Les individus travaillent aussi pour les autres. Renforcer les coopérations entre États élargit la solidarité au-delà des frontières. Un des cinq piliers de l’islam est la Zakat, qui permet de purifier physiquement et spirituellement la part du revenu annuel qui excède ses besoins fondamentaux. Elle peut également prendre la forme d’un travail bénévole utile. Dans le judaïsme, la solidarité est ancrée dans la loi talmudique, qui contient des lois spécifiques défendant les droits des travailleurs. De même, l’interdépendance, proche de la solidarité, est un concept clé du bouddhisme, appelant à fusionner les énergies individuelles.

À partir de ces valeurs, comment réfléchir au partage du travail ? Les experts interrogés ne sont pas unanimes. Sans doute leurs réponses ne sont-elles pas pleinement représentatives de chacune des traditions. Le point délicat est celui de la communauté de référence pour définir un partage du travail.

Vers un partage des revenus ?

Dans les milieux chrétiens, la question du partage du travail fait débat depuis longtemps. À l’assemblée du protestantisme français à La Rochelle, en 1983, le vœu a été émis (puis adopté en tant que vœu n° 3) d’engager une réflexion sur le partage des tâches et du temps (dont le sujet du temps partiel). Dans les textes de l’épiscopat catholique français, là encore, la trace est évidente. La déclaration « Pour de nouveaux modes de vie »8 a pris la famille comme communauté de référence pour aborder la question du cumul des salaires. En 1988, une réflexion sur l’organisation de l’entreprise aborde la réduction et l’aménagement du temps de travail9. Dans sa contribution à notre réflexion, Simona Beretta, catholique et professeur d’éthique à l’Université du Sacré Cœur de Milan (Italie), insiste sur les multiples dimensions du partage du travail : apprentissage, gestion et management participatif.

Pour la tradition juive, selon Willy Weisz, rabbin orthodoxe à Vienne (Autriche), la responsabilité de l’employeur s’exerce à propos de la répartition du travail : il doit se garder de licenciements superflus – que justifierait la valeur financière de l’entreprise. Celle-ci apparaît-elle plus importante que la préservation des ressources de ceux qui travaillent ?

Pour le rabbin Willy Weisz, l’employeur doit se garder de licenciements superflus.

Hafid Ouardiri, de la Fondation de l’entre-connaissance (Genève), et Mohammed Amin Al-Midani, professeur à l’Université de Strasbourg III, tous deux de tradition musulmane, mettent l’accent sur l’impératif moral que représente le partage du travail. L’effort (ijithad) est ce qui constitue l’individu dans le social. Sans lui, la construction de l’individu n’est pas possible, toute la société étant fragilisée par la déresponsabilisation de ses membres. Cet effort de solidarité, « jihad el tadamoun », est essentiel entre les membres d’une même société et entre les humains en général.

Selon Michel Aguilar10, de tradition bouddhiste, c’est aux racines du chômage plutôt qu’à ses effets qu’il importe de s’attaquer. Travailler moins pour que d’autres travaillent davantage n’est ni une bonne ni une mauvaise proposition. La vraie question est de savoir ce qui motive réellement la réduction du temps de travail pour le partager davantage. « Quand le partage du travail est imposé essentiellement à des populations dépossédées de leurs savoir-faire culturels et soumises aux injonctions de groupes financiers ou de leurs sous-traitants, l’augmentation du partage du travail contribue-t-elle à la réduction des souffrances ou à l’augmentation de la propension à s’occuper des choses de l’esprit, pour des populations entassées dans des mégalopoles et sans autonomie individuelle ? »

M. Aguilar, bouddhiste : « Le partage du travail contribue-t-il à s’occuper des choses de l’esprit, pour des populations entassées dans des mégalopoles et sans autonomie individuelle ? »

Partager, à quelle échelle ?

Deux questions demeurent. Est-ce bien le travail qui se partage ou le revenu ? L’évaluation du revenu du travail ne peut se faire sans référence au revenu du capital. Et qu’en est-il de la communauté à l’intérieur de laquelle s’exerce concrètement le partage ? La question se pose à la fois dans l’entreprise, où des ajustements sont possibles (notamment dans des moments de crise ou de réduction de l’activité) et au niveau national, où des politiques actives peuvent favoriser un partage du travail.

Mais avec la mondialisation, c’est la question de la communauté internationale pour un partage du travail (et des ressources) qui se pose. Des plateformes plus structurées de réflexions interreligieuses seraient ici importantes, des débats éthiques ainsi qu’un engagement commun concret, comme il peut en exister dans le domaine de l’accueil des immigrés. Il conviendrait aussi de s’interroger sur une troisième valeur essentielle – et qui pourrait jouer un rôle moteur – celle de l’égalité. Égalité entre individus, entre territoires, entre collectivités. Elle était présente dans le débat œcuménique dans les années 1930 ou dans l’encyclique Mater et magistra (1961). Elle a stimulé la coopération Nord-Sud et elle est réaffirmée dans le cadre des échanges Sud-Sud. L’égalité comporte une dimension critique, mais tout comme les autres valeurs de dignité et de solidarité, elle ouvre un horizon utopique qui paraît aujourd’hui plus que nécessaire.


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1 Les opinions exprimées ici sont de la seule responsabilité de l’auteur et n’engagent pas l’Organisation internationale du travail.

2 Il est fait référence ici aux paragraphes 70 à 82 de Quadragesimo anno. On trouvera les textes des encycliques dans Jean-Yves Calvez (dir.), Le discours social de l’Église catholique de Léon XIII à Benoît XVI, Bayard, 2009 ou sur www.doctrine-sociale-catholique.fr.

3 Il s’agit d’un des deux piliers du mouvement œcuménique précédant la fondation du conseil œcuménique des Églises. Cf. Ans van der Bent, Commitment to God’s World. A Concise Critical Survey of Ecumenical Social Thought, WCC publications, 1995. Le texte est disponible dans Louis Christiaens et François Dermange (dir.), Les églises protestantes et la question sociale, Bureau international du travail, 1996.

4 Rerum novarum, encyclique de Léon XIII sur la condition des ouvriers (1891), interdit « aux riches et aux patrons » de traiter l’ouvrier en esclave et appelle à « respecter en lui la dignité de l’homme relevée encore par celle du chrétien » (16).

5 Rappel explicite de Rerum novarum.

6 Le texte invite à poser une limite aux inégalités : « Les possibilités d’accumulation de la richesse privée devraient être limitées, de telle manière que l’échelle des valeurs sociales ne soit pas faussée par la peur et l’envie, l’insolence et la servilité, qui font cortège à l’extrême inégalité de la fortune. »

7 L’essentiel de ces rencontres, réalisées en 2011 à Genève, Dakar, Addis Abeba et Santiago du Chili avec des représentants de traditions catholique, protestante, musulmane, bouddhiste ou juive, est disponible sous la forme d’un livret et en ligne : BIT, « Convergences : travail décent et justice sociale dans les traditions religieuses », 2012.

8 In Denis Maugenest (dir.), Le discours social de l’Église catholique de France 1891-1992, Cerf, 1995.

9 Commission sociale de l’épiscopat français, « Face au défi du chômage, créer et partager », 21/09/1988, in Denis Maugenest, op. cit.

10 Michel Aguilar suit les enseignements du Bouddha à travers l’école Kagyüpas du bouddhisme tibétain.


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