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Dossier : Monde arabe. Vers de nouveaux printemps ?

Printemps arabes Démocrates sans démocraties ?

En Tunisie, les blessés et des familles de martyrs de la Révolution manifestent le 14 janvier 2014, à l’occasion du troisième anniversaire du départ de Ben Ali pour réclamer une meilleure prise en charge et la condamnation des responsables. © Thierry Brésillon
En Tunisie, les blessés et des familles de martyrs de la Révolution manifestent le 14 janvier 2014, à l’occasion du troisième anniversaire du départ de Ben Ali pour réclamer une meilleure prise en charge et la condamnation des responsables. © Thierry Brésillon

Les espoirs et désillusions suscités par les printemps arabes de 2010-2011 puisent à la même source : une conception européo-centrée de la démocratie et une méconnaissance des ressorts des sociétés concernées.


Dans sa lecture critique de l’ouvrage dirigé par Ghassan Salamé, Démocraties sans démocrates1, le chercheur Jean-Claude Vatin identifiait quatre obstacles à la bonne compréhension des processus politiques dans le monde arabe : le primat accordé aux modèles occidentaux de démocratie ; la croyance selon laquelle les sociétés arabo-musulmanes souffriraient de handicaps culturels rédhibitoires (la religion et l’inclination au despotisme) ; le manque d’érudition des spécialistes occidentaux de l’islam et du monde arabe ; la difficulté, enfin, à rendre compte de l’hétérogénéité politique, économique, culturelle dudit « monde arabe ».

Oserais-je écrire que ce constat formulé il y a presque trente ans est encore en partie valable ? Ce serait ne pas rendre justice à la richesse des études sur la région et ignorer la vitalité intellectuelle qui a procédé des révolutions de 2010-2011. Il nous aide pourtant à comprendre les difficultés à penser les évolutions récentes de la région depuis 2010 autrement que sous le seul angle de l’échec de la démocratie et de la trahison de la révolution.

Maintien au pouvoir de Bachar al-Assad en Syrie, instabilité politique et guerre civile larvée en Libye, renforcement du régime autoritaire de Abdel Fattah al-Sissi en Égypte, éclosion d’un nouvel autoritarisme dans la Tunisie de Kaïs Saïed : nous sommes-nous vraiment donnés les moyens de comprendre pourquoi ces issues révolutionnaires sont si éloignées des projections initiales ?

Les réflexions sur  les processus de démocratisation dans le monde arabe n’ont pas attendu les révolutions de 2010-2011 pour éclore.

Il faut rappeler que les réflexions sur la démocratie et les processus de démocratisation dans le monde arabe n’ont pas attendu les

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