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Dossier : Savons-nous encore débattre ?

De la nécessité d'atterrir

© Manuel Braun
© Manuel Braun

Face à l’urgence, un nouveau régime climatique est en train de s’inventer. Mais les émotions que suscitent les inquiétudes sociales et environnementales peinent à s’incarner en politique. Et sans connaissance par les citoyens de leurs véritables intérêts, comment espérer une conduite politique cohérente ?


Les dernières élections européennes ont confirmé combien la question climatique, même quand on ne la mentionne pas directement, oriente toutes les positions. Nous entrons bien dans un nouveau régime climatique, au sens scientifique comme politique du terme. Les partis dits « de gouvernement » se sont effondrés, laissant face à face deux ensembles : l’un plus libéral et européen, l’autre clairement nationaliste et eurosceptique. Chacun pose, à sa façon, la question de l’espace dans lequel doit désormais se dérouler la politique et le type de peuple auquel il faut se référer. Mais, lors de ces mêmes élections, la montée des partis « verts » permet de montrer une troisième direction qui échappe en un sens au clivage habituel entre la gauche et la droite et qui pourtant définit clairement une différence entre progressistes et réactionnaires. Cette direction, que l’on peut appeler « l’attraction pour le terrestre », partage avec les deux précédentes l’angoissante question de savoir quels peuples habitent quels sols, mais la pose d’une façon entièrement différente.

Cette attraction pour le terrestre ne se réfère plus à des communautés imaginaires – le peuple, le globe, le marché, le bel autrefois – mais à un sol concret, un sol épaissi par le grand nombre d’êtres auxquels les sciences de l’écologie et du climat ne cessent de nous rendre attentifs. Au lieu d’une version abstraite et seulement horizontale d’un sol bordé par des lignes comme sur une carte, on a plutôt à faire à un sol vertical, qui limite (et délimite) tout autrement les ambitions humaines. Avec cette rematérialisation du sol vécu, l’enjeu n’est plus, comme jadis, d’organiser la production et d’en répartir les fruits au mieux, mais de reconnaître un doute profond sur ce que veut dire « produire des biens à partir de ressources ». Ce n’est pas seulement notre mo

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