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Faut-il parler de « réfugiés environnementaux »?

©James Jeffrey/IRIN
©James Jeffrey/IRIN
Le changement climatique et la dégradation de l’environnement ne sont pas sans incidence sur le déracinement des populations. Mais la notion de « réfugiés environnementaux » est-elle la plus adéquate et la plus efficace pour sauvegarder les moyens de subsistance et protéger les droits de ceux qui courent des risques ?

Ces dernières années1, la communauté internationale a porté une attention croissante à ce fait : la dégradation environnementale et les changements climatiques dus à l’activité humaine peuvent provoquer des déplacements de populations entières. En cause, la fréquence de catastrophes climatiques, avec des conditions météorologiques extrêmes, ainsi que l’impact lent mais inexorable de phénomènes comme la désertification, la salinisation des sols, la montée du niveau des mers, l’érosion des digues fluviales.

Il n’existe pas de terminologie officielle pour décrire les populations ainsi contraintes à se déplacer, mais la notion de « réfugiés environnementaux » est de plus en plus utilisée au niveau international. L’opinion, selon laquelle une nouvelle forme de « déracinement forcé » est apparue, progresse. Dans les nombreux débats liant déplacements forcés et impact des changements climatiques2, les « maximalistes »3 soutiennent que d’ici à 2050, jusqu’à 250 millions de personnes pourraient être contraintes de se déplacer. En outre, l’appel à la protection des droits place les migrants au centre de l’attention  ̶  ceux des réfugiés étant un élément clé des normes internationales. Mais l’expression « réfugié environnemental » est, à notre avis, utilisée de manière impropre.

Des défis conceptuels

Bien des migrations et des déplacements forcés sont liés à une dégradation des conditions climatiques, mais il n’y a pas là une relation automatique de cause à effet. Les désastres naturels ne sont pas d’eux-mêmes la cause : ce sont plutôt l

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