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Planter des arbres pour absorber davantage de dioxyde de carbone : une promesse séduisante mais trompeuse. Face à l’urgence climatique, le mirage de la compensation détourne de l’essentiel.
Est-il crédible de compenser le dioxyde de carbone (CO2) émis en plantant des arbres ou en protégeant des forêts ? Le stockage de carbone dans les forêts (ou les sols) pose en effet un problème de « non-permanence » par rapport à la réalité physique du temps de résidence du gaz carbone dans l’atmosphère. Une partie restera encore dans l’atmosphère des centaines d’années après la date à laquelle il a été émis1.
Il n’y a pas de réaction chimique au sein de l’atmosphère qui élimine le CO2. C’est l’absorption biologique ou sa dissolution par les océans qui joue ce rôle. Ce qui compte dans le réchauffement global, c’est la quantité de dioxyde de carbone en excès qui reste dans l’atmosphère.
Plus le stock de CO2 dans l’atmosphère est élevé, plus le temps nécessaire pour évacuer celui supplémentaire émis s’accroît2. En fait, une neutralisation intégrale des émissions nécessiterait un stockage sur plusieurs siècles3, ce qu’aucun planteur d’arbres ne peut évidemment garantir.
Pire, avec le réchauffement du climat et le stress hydrique lors des sécheresses, les forêts absorbent de moins en moins de CO2. Les plantations d’arbres sont plus vulnérables aux incendies, aux pathologies végétales et aux attaques de parasites. Au facteur climatique s’ajoutent les décisions politiques de changement d’usage des terres. Enfin, il y a les pressions locales de la part des agriculteurs, mineurs artisanaux et éleveurs.
De fait, les massifs forestiers d’Asie du Sud-Est et d’une partie de l’Amazonie, soumis à la déforestation et à une dégradati
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