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Dossier : Forêt : que perdure l'or vert !

Traque-affût « Les non-chasseurs ne nous voient pas »

© Bois Landry
© Bois Landry

La traque-affût se distingue par sa discrétion, son efficacité et son impact positif sur les milieux forestiers. À rebours des pratiques traditionnelles, elle permet une nouvelle alliance entre chasseurs et forestiers.


Pouvez-vous nous raconter comment tout a commencé en 1998 au Domaine du Bois Landry ?

Bertrand Monthuir – Pour exploiter en France une forêt de plus 20 hectares d’un seul tenant, vous devez obtenir un agrément appelé « plan simple de gestion », qui vous engage auprès de l’État en contrepartie d’avantages fiscaux.

Le Bois Landry ne disposait pas de ce document en 1998, d’autant plus difficile à obtenir que nous avions, à l’époque, un problème sur la propriété. Le domaine comptait beaucoup de chevreuils, mais nous avons constaté, d’une part, qu’ils ne pesaient vraiment pas lourd, et d’autre part, que la forêt ne poussait pas, autrement dit ne se renouvelait pas.

C’est ainsi que l’histoire a commencé. Nous avons obtenu l’agrément, ce qui ouvrait la voie à une gestion forestière active. Toutefois, l’enjeu principal résidait dans la nécessaire conciliation entre chasse et foresterie. La chasse, dans ce contexte, ne peut se réduire à un simple loisir pratiqué par des bénévoles passionnés ; elle doit devenir un véritable outil de gestion durable des milieux forestiers.

Les conflits d’usage sont pourtant nombreux et parfois très médiatisés entre chasseurs et non-chasseurs. Comment parvenez-vous à vous faire accepter de ces derniers ?

Nous sommes d’autant mieux acceptés par les non-chasseurs qu’ils ne nous voient pas ! Une anecdote. Il y a deux ans, un collègue a récupéré un territoire de chasse domaniale dans l’Orne, d’une surface de 1 200 hectares. Les conflits d’usage y étaient permanents, un véritable enfer avec les chiens, notamment en raison d’une chasse jugée trop « spectaculaire » par le voisinage.

L’an dernier, une personne s’est présentée aux agents de l’Office national des forêts (ONF) du secteur pour les remercier d’avoir arrêté de chasser. Les conflits avaient cessé.

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