Une revue bimestrielle, exigeante et accessible, au croisement entre le monde de la recherche et les associations de terrain.
Par leurs actions, le Réseau pour les alternatives forestières et le fonds de dotation Forêts en vie promeuvent une gestion douce des milieux forestiers. Mais la culture des coupes rases a la vie dure.
À partir de quels constats relatifs à l'état de la forêt et à la gestion forestière le Réseau pour les alternatives forestières (RAF) et Forêts en vie ont-ils vu le jour ?
Nathalie Naulet – Le RAF existe depuis dix-sept ans. La structure a été créée par des professionnels de la forêt et du bois, dont beaucoup de gestionnaires et quelques propriétaires, qui développaient une approche différente et se sentaient très isolés. Il s’agissait, à partir du terrain, de partager nos pratiques, nos difficultés et nos réussites.
Puis, la forêt est devenue un sujet dont la société civile s’est emparée, notamment après la diffusion du documentaire Le temps des forêts1. Des personnes qui n'avaient pas forcément les moyens d'accéder au foncier forestier, mais voulaient agir, nous ont rejoints.
De là, le RAF s’est demandé comment sécuriser les activités en faveur d’une forêt vivante et a rédigé la charte du même nom. Ce concept interroge aussi la notion de propriété privée individuelle. Nous nous sommes donc rapprochés d’autres structures, ce qui a mené à la création du fonds de dotation Forêts en vie.
Quels objectifs principaux identifient votre action ?
N.N. – Forêts en vie a pour raison d’être d’acquérir des forêts, par le biais des dons, legs ou donations, afin de les remettre à disposition de porteurs de projets ou d’associations, pour la plupart adhérentes du RAF. Avec le souci que l'économie liée à ces activités reste sur les territoires et participe à la vie locale, que les bois réalimentent les scieries locales, et que les forêts permettent de recréer des circuits courts.
Le RAF, lui, repose sur quatre piliers principaux et très complémentaires. D’abord, la mise en réseau car il s’agit bien d'être
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