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Dossier : Inde, puissance fragile

Du Nord au Sud Fédéralisme sous tension

Jawaharlal Nehru, ancien Premier ministre de l’Inde et Rabindranath Tagore,
compositeur indien, en février 1940. © Domaine public
Jawaharlal Nehru, ancien Premier ministre de l’Inde et Rabindranath Tagore, compositeur indien, en février 1940. © Domaine public

L’Inde affiche de fortes disparités régionales. Les écarts se creusent entre États du Sud, bastions de l’opposition actuelle, et du Nord, gouvernés par le parti au pouvoir.


L’Inde est « une union d’États », une fédération, comme l’affirme le premier paragraphe de sa Constitution adoptée dès 1950. Après la partition en 1947 séparant le Pakistan de la nouvelle Inde indépendante, le gouvernement Nehru1 réorganise le territoire national divisé jusque-là entre territoires directement administrés par l’empire britannique, le British Raj, et les États princiers sous sa tutelle.

Une fois ceux-ci intégrés à la République indienne, Nehru se résout à redessiner la carte de l’Inde, pour l’essentiel sur une base linguistique, seule à même de gérer une pluralité peu commune. Car l’Inde compte 22 langues dites « répertoriées », disposant d’un statut officiel, l’hindi étant la seule langue « officielle », tout en ne comptant, au dernier recensement de 2011, que près de 44 % de locuteurs dont elle est la langue maternelle. La Constitution de 1950 prévoyait que l’anglais soit maintenu comme langue de l’administration pour une durée de quinze ans, qui fut par la suite prolongée.

La volonté nehruvienne de suivre une logique linguistique – principe qui ne s’imposait pas auparavant – s’explique en partie par l’influence du mouvement dravidien. La famille des langues dravidiennes, aujourd’hui principalement concentrée dans le sud de l’Inde, se distingue nettement des langues indo-aryennes, majoritaires dans le nord du pays, où l’on enregistre toutefois des traces des premières jusqu’au Pakistan.

Nerf linguistique

En 1925, alors qu’était fondé à Nagpur, dans l’Inde centrale, le Corps des volontaires de la nation (RSS), matrice idéologique et instrumentale du nationalisme hindou2, l’Inde du sud a vu apparaître, la même année, le Mouvement pour le res

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