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Dossier : Inde, puissance fragile

Retard industriel Le défi de l’économie indienne

©Iskandar Zulkarnaen/iStock
©Iskandar Zulkarnaen/iStock

L’Inde se distingue toujours par une industrie qui peine à se déployer, en raison de politiques longtemps inadaptées et de la concurrence chinoise. Son ouverture au commerce international laisse présager un déploiement industriel.


Il est désormais courant de présenter l’Inde comme « la nouvelle Chine », une comparaison que le gouvernement indien cultive volontiers pour affirmer sa place incontournable sur la scène économique mondiale. En décembre 2025, l’Inde s’est ainsi autoproclamée quatrième puissance économique mondiale, devançant le Japon en termes de produit intérieur brut (PIB) global.

Cependant, les observateurs les plus critiques soulignent une réalité plus nuancée : si le pays se classe effectivement au quatrième rang pour son PIB total, il n’occupe que la 120e place du point de vue du PIB par habitant. Cette disparité explique pourquoi l’Inde est encore largement considérée comme une économie intermédiaire, confrontée à des défis structurels.

Parmi ceux-ci figure la « désindustrialisation précoce », un phénomène analysé par l’économiste Dani Rodrik, qui pourrait compromettre son ascension vers le cercle des économies développées. L’un des traits les plus marquants de l’économie indienne reste la persistance d’un secteur agricole surdimensionné en termes d’emploi. Plus de 40 % de la population active y travaille, alors que ce secteur ne contribue qu’à 15 % du PIB national.

À l’inverse, le secteur des services, qui représente 50 % du PIB, n’emploie que 32 % des actifs : un écart révélateur d’une productivité exceptionnellement élevée dans ce domaine. Cette singularité contraste avec la plupart des économies, où la part des services dans le PIB correspond généralement à leur poids en matière d’emploi.

L’industrie vietnamienne emploie 34 % de sa population active, contre seulement 25 % en Inde.

Cette structure économique a évolué depuis le début des années 2000 : la part de l’agriculture, tant en emploi qu’en valeur ajoutée, a reculé, tandis que celle des

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