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Portée par le gouvernement Modi, l’idéologie de l’Hindutva – nationalisme ethnique hindou – a nettement dégradé les conditions d’existence des minorités musulmanes et chrétiennes de la Fédération indienne.
L’arrivée au pouvoir de Narendra Modi comme Premier ministre en 2014 a sonné le glas du sécularisme indien, une doctrine considérant les communautés religieuses sur un pied d’égalité. C’est que, pour la première fois depuis l’indépendance de l’Inde, les nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP) disposaient alors d’une majorité à la chambre basse du parlement indien, la Lok Sabha, et pouvaient donc exercer un pouvoir sans partage sous la houlette de Narendra Modi. En tant que chef du gouvernement du Gujarat de 2001 à 2014, ce dernier avait appliqué des politiques traduisant son adhésion pleine et entière à l’Hindutva1.
Cette idéologie considère que la civilisation hindoue incarne l’identité indienne et que les minorités musulmanes et chrétiennes ne sont que des pièces rapportées. Une telle hiérarchie procède d’abord du fait que les Hindous sont perçus comme les fils du sol, les habitants originels d’un territoire désigné du nom de « Bharat » – reprenant ainsi un terme de la mythologie hindoue – alors que les musulmans et les chrétiens sont présentés comme descendant d’immigrés – voire d’envahisseurs – et continuent de prêter allégeance à des épicentres religieux (La Mecque et Rome) situés hors de l’Inde.
Cette vision nie pourtant l’existence d’une civilisation indienne née de la convergence (voire de la fusion) des cultures de toutes ces communautés au cours des siècles, et cherche même à la dissoudre en rejetant les traits attribués aux non-hindous au nom d’une quête de la pureté des origines. Ici, le musulman et le chrétien incarnent l’Autre par excellence.
Dès la formation du gouvernement de Narendra Modi, la vindicte des organisations nationalistes hindoues s’es
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