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De qui apprend-on à devenir frère ?

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Quand le terrorisme fait vaciller les fondements de la société française vers qui se tourne t on L'école encore et toujours Réflexe bien français En elle on imagine trouver tantôt le responsable de tous nos échecs tantôt le creuset d'un pays réconcilié La charge est commode qui évacue toute réflexion sur les tensions qui traversent no...

Les cultures numériques sont-elles vraiment collaboratives ?

Sylvie Octobre
Chercheur

Internet et les réseaux sociaux ont fait émerger une figure nouvelle : celle d’un jeune connecté qui contribue, se forme, crée, partage, joue au gré de ses passions et de ses émotions. De là à faire du numérique un lieu de collaboration ? Internet et les réseaux sociaux ont fait émerger une figure nouvelle celle d'un jeune connecté qu...

Violence à l’école : les élèves acteurs du changement

Catherine Blaya
Chercheur

Pour prévenir la violence à l’école, il n’est désormais plus possible d’ignorer ce que les élèves font sur internet. Ni de négliger plus longtemps leur point de vue. Améliorer le climat scolaire et le bien-être des élèves à l’école, c’est, aussi, associer adultes et élèves dans une démarche collective. Pour prévenir la vi...

Des mythes pour refonder une culture commune

Serge Boimare
Question de sens

Dans une classe de 6e, un exercice régulier à partir des mythes grecs est l’occasion de souder les élèves autour d’un patrimoine culturel commun. C’est aussi l’opportunité de faire travailler ensemble des professeurs de différentes disciplines et de donner aux élèves le goût pour le débat argumenté. Dans une classe de 6e un exerc...

Personne ne vaut zéro !

Frédéric Delemazure
Acteur de terrain

Nul Petit mot gros dégâts Mot terrible qui lorsqu'il est prononcé résonne dans la tête du jeune comme un coup dévastateur à un âge où la confiance en soi peine à se construire Et si c'était vrai Mais non tu as de l'excellence en toi Il t'appartient de la faire jaillir pour mieux t'en servir et réussir ta vie C'est bien la première foi...

« J’ai pris la Bible dans une main, le Coran dans l’autre »

Marie-Jo Deniau
Acteur de terrain

Dans une école de l’Enseignement catholique qui regroupe une trentaine de nationalités, la diversité est un trésor que contiendraient des vases d’argile. À tout moment, le fragile équilibre entre les uns et les autres peut se fissurer. Un défi à relever chaque jour, pour faire face à l’ordinaire comme à l’extraordinaire. Dans une ...

L’école contre la fascination pour le djihad

Denis Meuret
Chercheur

La fraternité n’est peut-être pas la valeur la plus à même de détourner les jeunes du djihadisme. Si elle amène à reconsidérer son rapport aux autres, elle néglige deux autres domaines que l’école aurait avantage à travailler, au vu des motivations des terroristes : le rapport à soi et le rapport au monde. La fraternité n'est peut ...

Préparer une société fraternelle, une mission pour l’école ?

Jean Caron
Question de sens

La fraternité est ce qui permet à la liberté et l’égalité de s’épanouir pleinement. L’école est un des lieux où l’on se frotte à la différence et où l’on peut apprendre la vie en société avec d’autres, différents de soi. En forgeant son esprit critique, en apprenant à tisser des liens et à travailler ensemble, plutôt qu...

Nouvelles proximités dans les collèges publics

Françoise Lorcerie
Chercheur

Le travail d’une enseignante de collège avec ses élèves, celui du ministère de l’Éducation nationale sur la notion de laïcité ou le programme de formation d’une académie : ces trois exemples montrent que de nouveaux types de relations se cherchent, entre professeurs et élèves, entre personnels enseignants. Des occasions de faire viv...

« L’adulte est un frère au milieu des jeunes »

André-Pierre Gauthier et Jean-Marie Petitclerc
Acteur de terrain

Table ronde – À l’école, comment faire vivre la fraternité quand certains jeunes se replient sur leurs « tribus » ? Comment garder les décrocheurs ou faire face à la violence ? Deux pédagogues, l’un frère, l’autre prêtre, témoignent de leurs patientes expérimentations et invitent les adultes à incarner dès à présent cette fr...

Pour une école où la fraternité se vit

François Dubet
Chercheur

L’école a longtemps cru pouvoir inculquer la citoyenneté aux élèves par des cours magistraux. Ayant perdu l’autorité morale qu’elle exerçait jadis, l’institution scolaire risque de se replier sur elle-même et d’exclure davantage. L’enjeu pour elle est alors de considérer pleinement les élèves pour ce qu’ils sont, de s’ouvr...

Question en débat : L’école, laboratoire de fraternité ?
© Cédric Lafont/Wikimedia/CC
© Cédric Lafont/Wikimedia/CC

Pour une école où la fraternité se vit


L’école a longtemps cru pouvoir inculquer la citoyenneté aux élèves par des cours magistraux. Ayant perdu l’autorité morale qu’elle exerçait jadis, l’institution scolaire risque de se replier sur elle-même et d’exclure davantage. L’enjeu pour elle est alors de considérer pleinement les élèves pour ce qu’ils sont, de s’ouvrir à l’altérité pour devenir un lieu de relations et de mixité où la fraternité se vit plus qu’elle ne s’invoque.

École : la fraternité vacille sur ses fondements

Depuis la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, un consensus semblait s’être installé autour de ce que Jules Ferry appelait la « bonne vieille morale de nos pères » commune aux croyants et aux non-croyants. En revanche, Jules Ferry invitait les instituteurs à n’enseigner aucune « théorie sur le fondement de la morale », des citoyens adhérant à la même morale pouvant se déchirer sur le rôle de Dieu et celui de la raison. Pour le reste, il allait de soi que croyants et non-croyants partageaient largement la même conception de la morale quotidienne, le même attachement à la famille, à la patrie et aux institutions. D’ailleurs, la loi de 1905 légiférait sur la place des cultes dans l’espace public, pas sur la liberté de croire ou non. La longue sécularisation de nos sociétés a fini par nous laisser penser que la question était réglée une fois pour toutes. Les écoles privées sous contrat peuvent avoir un « style propre » tout en adhérant à la laïcité, conçue comme la liberté de conscience. Sécularisation oblige, la plupart de ceux qui choisissent l’enseignement catholique ne le font guère pour des raisons religieuses et changent volontiers d’école en fonction des circonstances et des intérêts. Ainsi s’est installée une image de la fraternité fondée sur l’attachement à une morale commune fixant nos devoirs envers les autres, la société et la nation, et sur la tolérance conçue comme la liberté de choisir ses propres croyances. Or ce consensus, d’autant plus fort qu’il allait sans dire, semble aujourd’hui menacé.

La représentation de notre société comme étant sécularisée, laïque et de culture chrétienne est mise à mal par la présence d’une religion, l’islam, pour laquelle la place des croyances dans l’espace public briserait le vieil acc

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