Logo du site

Conclusions

Bertrand Cassaigne
L'équipe de rédaction

Les promesses du rural Après des décennies de lamentations annonçant un déclin inévitable voici que l'avenir s'y dessine en termes de projets La population a cessé de décroître Même dans le rural isolé elle a légèrement augmenté au cours des dernières années Les enjeux du développement des territoires ruraux sont reconnus comme des...

Changer d'époque. Questions au politique

Christian Boisgontier, Hervé Gaymard, Jean Glavany et Jean-Michel Lemétayer
Responsable politique

Projet a posé les mêmes trois questions au ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales, Hervé Gaymard, à son prédécesseur, Jean Glavany, au porte-parole national de la Confédération paysanne, Christian Boisgontier, ainsi qu’au président de la Fnsea, Jean-Michel Lemétayer. Voici leurs réponses....

La dynamique des pays

René Caspar, Marie-Pierre Cattet et Marie-Claude Juhel
Acteur de terrain

Depuis plus de trente ans, la démarche de pays a ouvert une approche originale, qui permet de mettre ensemble les différents acteurs d’un territoire. Mais leur reconnaissance suppose une véritable refonte des politiques publiques. Depuis plus de trente ans la démarche de pays a ouvert une approche originale qui permet de mettre ensemble les d...

Gérer la multifonctionnalité de l'agriculture

Jean-Paul Jamet
Chercheur

La politique de soutien aux marchés et celle du développement rural n’ont pas suivi le même rythme. Un nécessaire rééquilibrage doit-il se traduire par une dérégulation ? La consolidation des filières, le soutien aux groupements de producteurs peuvent être aussi une voie pour un développement maîtrisé. La politique de soutien aux mar...

Sociabilités dans le monde rural

Anne-Marie Granié
Chercheur

Resumé Lieu de proximité, de solidarité, de rites partagés, les sociétés rurales se sont enracinées autour d’un patrimoine commun. Mais cet « en dedans » s’ouvre à de nouveaux venus, pour une nouvelle co-construction. Resumé Lieu de proximité de solidarité de rites partagés les sociétés rurales se sont enracinées autour d'un pa...

L'Europe et le développement rural

Yves Champetier
Acteur de terrain

Partant du constat que la politique agricole traditionnelle n’a pas été à même de faire face au déclin du rural, l’Europe met en place un « deuxième pilier » de la Pac. Depuis 1991, les programmes Leader préconisent une approche territoriale pour soutenir les initiatives de développement. Partant du constat que la politique agricole t...

Quelles perspectives pour les campagnes françaises ?

Philippe Perrier-Cornet
Chercheur

Resumé Les campagnes sont à la fois ressources, paysages – cadre de vie , nature. D’autres relations villes-campagnes se dessinent, avec de nouvelles mobilités, et d’éventuelles créations d’emplois. Mais la diversité des attentes et des usages peut être source de confrontation. L’articulation et la complémentarité supposent de cl...

Les promesses du rural (introduction)

Pierre Martinot-Lagarde
L'équipe de rédaction

De la pointe nord de l'Ecosse aux plaines des Pouilles de celles de Prusse orientale aux monts armoricains les paysages européens ont été façonnés par la main de l'homme Villages regroupés autour des clochers et des mairies bocages ou grandes plaines terrasses de montagne ou marais domestiqués l'architecture et les territoires semblent tém...

Une place singulière en Europe

Bertrand Hervieu
Chercheur

Resumé Les campagnes françaises ont concentré sur elles une charge symbolique unique qui fait d’elles, de leurs habitants et de leurs productions l’un des objets des passions françaises. Siège principal pendant huit siècles de l’activité économique, y compris manufacturière, le monde rural est porteur d’une forte dimension identita...

Dossier : Les promesses du rural

Conclusions


Les promesses du rural. Après des décennies de lamentations, annonçant un déclin inévitable, voici que l’avenir s’y dessine en termes de projets. La population a cessé de décroître. Même dans le rural « isolé », elle a légèrement augmenté au cours des dernières années. Les enjeux du développement des territoires ruraux sont reconnus comme des priorités, portées par des initiatives à tous les niveaux : localement, les expériences des « pays » ou des communautés de communes les ont engagés dans une dynamique renouvelée ; le gouvernement dessine les axes d’une politique rurale, au-delà de son simple volet agricole ; l’Europe consacre, à travers les programmes Leader, les perspectives d’un développement intégré.
Ces promesses s’appuient sur des atouts réels, plus solides qu’on aurait tendance à le dire. La volonté de faire vivre un espace attractif. Un véritable attachement, « objet de passion » même, de la part de toute la société. Une proximité et un maillage institutionnel qui est resté plus solide qu’ailleurs. Le désir d’expérimenter des partenariats nouveaux entre acteurs locaux. Une richesse d’initiatives associatives, moins individuelles, moins consommatrices peut-être que dans le cadre urbain...
Mais les promesses resteront en pointillés, si tous les ruraux, anciens et nouveaux, responsables politiques et agriculteurs, ne parviennent pas à les nouer en une gerbe rassemblant des attentes diverses et dépassent les méfiances réciproques devant l’avenir. Les questions que soulève ce dossier sont renvoyées aux acteurs de cet avenir : les syndicats paysans, les associations, les élus. Le rural est à un carrefour.

Les deux « piliers »

Un carrefour d’abord, pour équilibrer une politique trop longtemps identifiée à un seul volet, de soutien à la production – le reste, le développement rural, en découlant par surcroît. Imaginer l’évolution de la Pac est aujourd’hui nécessaire. Ses dérives, son coût, les crises sanitaires ont affecté sa légitimité. La société a de nouvelles exigences, de qualité et de sécurité, d’aménagement de l’espace rural. Mais il ne s’agit pas d’exposer les agriculteurs européens aux contraintes d’une division internationale du travail, qui éliminerait six des sept millions de fermes. Les productions agricoles ne sauraient être gérées par la seule loi du marché, soumises à des mouvements erratiques. Une régulation est nécessaire. Mais les agriculteurs ne veulent être situés ni dans un cadre étatiste, ni dans un cadre libéral. Etre pleinement chef d’entreprise dans un marché régulé ? La même tension est au cœur de la crise d’identité d’autres professions, les médecins par exemple. Quand une aussi grande part des revenus provient de Bruxelles – ou de la Sécurité sociale –, on n’est pas simplement dans une économie de marché. Mais face à l’Etat, on est à la fois en position de demandeur et de contestation de son « savoir-réguler ». On en appelle à l’Etat, mais demandant que la gestion de cette régulation soit confiée aux représentants de la profession – à travers des organismes publics.
Les contrats territoriaux d’exploitation ont proposé l’amorce d’un système alternatif : favoriser une « agriculture de terroir », en accordant des aides sur la base du développement durable (en termes d’emplois, de respect de l’environnement, de qualité...) afin de permettre aux paysans de jouer sur le label, la certification, etc. Pouvait-on aller plus loin et faire coïncider cette politique avec les contrats de pays ? Etait-ce agiter le chiffon rouge d’un système collectiviste ?

Une dynamique de projets

Le deuxième carrefour est celui précisément du développement des « pays », quelle qu’en soit la forme institutionnelle. C’est soutenir la vitalité d’un territoire au-delà de la seule activité agricole. C’est bien sûr vitaliser un espace attractif, qui accueille des habitants et des emplois. L’emploi industriel occupe une place importante dans le rural, plus du tiers ! Mais comment s’appuyer pour cela sur une population active moins mobile et parfois moins formée que celle des agglomérations urbaines ? L’implantation de productions industrielles est liée, bien sûr, à celle des services (de transports en particulier). Ce peut être un atout de vivre et de produire à la campagne, mais cela suppose une vraie dynamique de la part des collectivités pour accompagner ces créations. Sinon, la délocalisation dans le rural ne sera qu’une étape avant celle dans le tiers monde, si l’environnement n’est pas un facteur d’équilibre.
L’avenir du rural passe aussi par le développement du « tourisme vert ». Les expériences de pays rapportés dans ce dossier y insistent toutes. Certaines années, le tourisme a contribué plus que l’agriculture à l’excédent de notre balance commerciale. La France est le premier destinataire touristique du monde, non seulement pour ses monuments, mais pour la diversité de ses paysages et de des propositions d’accueil. Le rural ne peut cependant y voir la seule panacée. Là encore, la concertation entre tous les acteurs d’un territoire est nécessaire.
Une nouvelle société rurale
Car, c’est le troisième carrefour pour que fructifient les promesses, y cohabitent désormais une diversité de ruraux. Les paysans se considèrent comme les « premiers ruraux », demandant que les projets soient construits autour de l’agriculture. Sont-ils prêts à engager une véritable coopération avec les autres, artisans, commerçants, associations, responsables politiques, pour penser l’avenir ? La fiscalité, par exemple, ou les prêts à l’installation, doivent-ils être orientés en fonction d’une catégorie prioritaire ? Dans l’élaboration d’une politique de pays, il n’est pas toujours facile d’engager des programmes qui soient le fruit d’un véritable partenariat entre le monde paysan et les autres porteurs de projets. La tension est souvent réelle avec les municipalités pour la gestion de l’espace.
Une nouvelle « société rurale » est pourtant en gestation. Les 36 000 communes sont autant de républiques « identitaires », patrimoniales : on « en est » parce qu’on y a ses biens et son caveau. Mais, au tournant du xxe siècle et au début du xxie, on observe une rupture dans le regard porté sur les espaces ruraux, des lieux de vie plus diversifiés. Ils vont retrouver en 2004, globalement, la population qu’ils avaient il y a vingt ans. Mais cette promesse de regain n’est pas celle d’un retour à la situation ancienne, elle est celle d’une figure nouvelle ; une société qui reconnaît d’autres acteurs, d’autres attentes, et qui ne rejette pas ceux qui n’en sont pas. Le rural doit être aidé dans ses capacités d’accueil et d’intégration : les processus de relégation n’existent pas que dans les quartiers, même s’ils y sont plus visibles. Le citoyen qui a dix générations derrière lui dans le village est-il plus légitime que celui qui n’est là que depuis deux ans ?
L’investissement, patrimonial, affectif, social, des paysans sur leur territoire a forgé l’identité des anciens. Mais ceux dont l’investissement est apparemment plus fonctionnel ne sont pas moins légitimes. La vitalité des multiples associations est un des leviers importants pour la rencontre : régies de pays, mouvements d’éducation populaire, associations pour la valorisation du patrimoine ou pour partager des services... L’avenir du rural peut mobiliser tous ses habitants.


Du même auteur

Entendre la parole des victimes

Bertrand Cassaigne
L'équipe de rédaction

Les victimes ont brisé le silence. Mais les écoutons-nous vraiment ? Au-delà de la plainte, c’est à un dialogue qu’elles nous invitent, pour renouer les liens que le traumatisme a rompus. Les victimes ont brisé le silence Mais les écoutons nous vraiment Au delà de la plainte c'est à un dialogue qu'elles nous invitent pour renouer les liens que le traumatisme a rompus Longtemps les victimes n'avaient pas la parole On ne cherchait pas à les entendre ou elles ne parvenaient pas à s'ex...

Autonomie et solidarité

Bertrand Cassaigne
L'équipe de rédaction

Autonomie dépendance Deux mots à l'opposé l'un de l'autre pour parler des enjeux autour de la vulnérabilité des personnes âgées Autonomie parle de la dignité des personnes dépendance de solidarité reconnue acceptée Les deux mots ne sont pas sans ambiguïté l'autonomie comme exigence où la vulnérabilité et les frustrations sont vécues comme un échec la dépendance comme passivité et infantilisation Notre espérance de vie à tous s'est heureusement allongée Un temps libre pour...

Les rapports sur la dépendance

Bertrand Cassaigne
L'équipe de rédaction

RésuméL’avis du Conseil économique, social et environnemental s’inscrit dans une longue liste de débats sur la solidarité, visant à assurer à tous les anciens des conditions de vie dignes et une place dans la vie sociale. Pour les uns, la perte d’autonomie est affaire de responsabilité individuelle et familiale; chacun doit s’y préparer par l’épargne, l’assurance et la solidarité intergénérationnelle. Pour les autres, elle est un risque à couvrir par la solidarité nati...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules