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Gouverner à l'échelle du monde

Michel Camdessus, Alain Lipietz et Jean-Michel Severino
Acteur de terrain

Resumé La globalisation nécessiterait une ambition normative de la part des institutions internationales; or celle-ci diminue, au détriment des pays du Sud. Trois acteurs politiques aux avis a priori divergents se retrouvent d’accord pour réclamer une instance politique dans laquelle le monde entier se reconnaisse. Resumé La globalisation n...

Conclusions

Pierre Martinot-Lagarde
L'équipe de rédaction

Etrange paradoxe La mondialisation est devenue le maître mot pour lire et interpréter l'évolution des échanges financiers commerciaux industriels et culturels L'élargissement des débats s'impose de Davos à Porto Alegre Une refonte du carré des institutions internationales Onu Banque mondiale Fmi et Omc pour ne citer que les plus importante...

Quatre leçons du processus de Kyoto

Daniel Bodansky
Vu d'ailleurs

Resumé Le point de vue d’un des négociateurs américains sur les questions de climat. A ses yeux, l’ambition d’une règle universelle ne peut faire fi des conditions de recherche de cohérence dans chaque pays. Mais les Etats-Unis ne sont-ils pas dans une situation particulière pour résister à la pression de leurs partenaires ? Resumé L...

Le renouveau de la problématique Nord-Sud

Jean-Robert Henry
Chercheur

Resumé Après l’espérance des années 70, d’ériger collectivement un nouvel ordre mondial, le triomphe du libéralisme a remplacé l’affirmation d’un droit au développement. Mais le retour du débat Nord/Sud sur la scène internationale prend des figures nouvelles : à Porto Alegre ou Monterrey. Resumé Après l'espérance des années 7...

Les syndicats se saisissent du développement durable

Roland Guillon
Chercheur

Resumé Les syndicats français adhèrent tous au concept de développement durable pour deux raisons. Mieux répondre aux problèmes de l’emploi dont les dimensions sont politiques, économiques, sociales, écologiques ou culturelles. Et situer leur action à une échelle suffisamment globale pour résoudre ces problèmes. Resumé Les syndicats ...

Propriété industrielle et santé publique

Maurice Cassier
Chercheur

Resumé Comment redéfinir l’extension et les limites du droit de propriété et des brevets au regard du droit à la santé des populations ? Le procès de Pretoria et l’exemple brésilien, à propos de l’épidémie de sida et des médicaments génériques, permettent de mieux cerner les termes du débat. Resumé Comment redéfinir l'extensi...

Le développement, un bien durable(introduction)

Bertrand Cassaigne
L'équipe de rédaction

Fin août le sommet de Johannesburg sera l'occasion d'une vaste confrontation autour du développement durable Il fournira à de nombreux acteurs de la société civile un lieu de débats importants Mais il n'est pas sûr que les Etats abordent cette rencontre avec des idées bien claires et la volonté d'aboutir à des conclusions Les voies d'un ...

Le développement durable à l'épreuve des rapports Nord-Sud

Michel Griffon et Jean-Charles Hourcade
Chercheurs

Resumé Le développement n’est pas un simple produit d’importation, ni le fruit de l’ajustement à une régulation internationale. La production d’un bien public international suppose l’existence d’un bien public à l’échelle locale. Resumé Le développement n'est pas un simple produit d'importation ni le fruit de l'ajustement à u...

Dossier : Le développement, un bien durable

Le développement, un bien durable(introduction)


Fin août, le sommet de Johannesburg sera l’occasion d’une vaste confrontation autour du développement durable. Il fournira à de nombreux acteurs de la société civile un lieu de débats importants. Mais il n’est pas sûr que les Etats abordent cette rencontre avec des idées bien claires et la volonté d’aboutir à des conclusions. Les voies d’un partenariat renouvelé se cherchent, qui ne seront pas la simple prolongation ou la correction des modèles précédents, mais l’exploration de formes de solidarité. Car c’est bien notre monde en développement qui se découvre aujourd’hui comme un « bien commun », non pas seulement la circulation de produits et de services, non pas seulement, non plus, le souci humanitaire de corriger les défauts de la globalisation.

Ce dossier souligne la nécessité de croiser désormais les deux approches : celle du développement durable et celle des rapports Nord/Sud. La première renvoie à l’idée de bien public, de sécurisation du processus de croissance. Pendant vingt ans, le modèle libéral de développement s’est imposé, l’ouverture générale devait permettre à tous de profiter des échanges et de participer progressivement à la croissance. Les failles sont apparues de plus en plus criantes. D’autres modes de régulation sont à inventer, moins mécaniques, plus coordonnés, au plan local comme au plan international. La deuxième approche concerne les rapports Nord/Sud. Ils ont été pensés, d’abord, sous forme d’une aide au développement : le Nord imaginant faire profiter le Sud de ses réussites, le Sud rappelant au Nord la dette qu’il lui devait. Voici que le bien fondé de cette aide est mis en question, comme si un soutien matériel suffisait à ouvrir l’accès des pays les moins avancés à la croissance. La fracture Nord/Sud revient sur le devant de la scène, non plus comme il y a trente ans comme un affrontement pour partager les ressources, mais par la prise en compte de la logique d’un développement commun, qui ne se réalisera qu’appuyé sur des cohérences locales, régionales...

La première partie de ce dossier rappelle comment les problèmes d’équité internationale reviennent au premier plan – témoins les sommets de Durban, de Monterrey, le Forum de Porto Alegre –, avec insistance mais de manières différentes. Parler alors de développement durable, ce n’est pas uniquement parler du climat ou des Ogm, mais d’une solidarité plus large. L’accroissement du capital humain (de l’accès à l’alimentation, à l’instruction, à la santé), comme la construction d’assises sociales et politiques sont aussi importants que la croissance du Pnb. Il ne s’agit pas d’imposer une formule unique à l’échelle de la planète, mais de poser ensemble des problèmes qui ont aussi une dimension éthique, d’équité, de précaution... Au-delà d’une globalisation, l’enjeu est celui d’une durabilité partagée, qui suppose de soutenir des formes de régulation et des politiques publiques (infrastructures, système de santé...).

La deuxième partie s’interroge sur la cohérence entre les différents niveaux de cette régulation. A côté du théâtre des négociations internationales, l’important est de diffracter ce souci du « bien public » dans chaque pays, auprès de chaque acteur. Il y a un lien entre leurs conduites quotidiennes et les biens mondiaux. Le développement commun les invite à une approche plus systémique. Parmi ces acteurs (consommateurs, industriels, transporteurs, agriculteurs, urbanistes, etc.), l’exemple des syndicats nous a paru éclairant. La défense de l’emploi à long terme passe pour eux aujourd’hui par une responsabilité à l’égard de problèmes pluridimensionnels (économiques, écologiques, sociaux, internationaux) abordés à l’échelle de territoires, des régions, des bassins d’emploi. Réciproquement, les modes d’une cohérence plus globale ne pourront faire l’impasse sur cette construction par chaque société. Il ne suffit pas d’exiger que celle-ci s’ajuste à des mécanismes décidés de l’extérieur.

L’Europe a sans doute un rôle exemplaire à jouer, malgré ses pesanteurs, dans cette exploration des voies d’un développement partagé. C’est à elle, par exemple, d’imaginer d’autres rapports avec les pays de la Méditerranée, entre elle et l’Afrique. Et de mettre en harmonie ses choix (pour l’agriculture, la politique d’immigration...) avec cette vision d’une solidarité ouverte. Alors les réponses au défi de l’humanisation de la mondialisation se traduiront par l’élargissement de l’espace d’espérance qu’a représenté l’utopie européenne comme volonté d’un développement commun et durable.


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