Une revue bimestrielle, exigeante et accessible, au croisement entre le monde de la recherche et les associations de terrain.
Responsable d’associations togolaises partenaires du CCFD-Terre Solidaire, Ekoué Roger Folikoué critique les effets de subordination induits par l’aide internationale. Sans renier le principe d’une solidarité véritable.
Outre vos fonctions de maître de conférences à l’université de Lomé, quels sont vos principaux engagements actuels ?
Ekoué Roger Folikoué – Dans le domaine associatif, je suis membre fondateur d’une organisation nommée « Le rameau de Jessé », qui existe depuis 1991 et encourage le vivre ensemble à partir des différences culturelles. Son action repose sur une réflexion collective à travers des colloques ou des ateliers, dont le but est de permettre à chacun de se découvrir en tant qu’acteur social incontournable, avec ses compétences.
Je suis également membre d’une autre organisation, les universités sociales du Togo, qui est une plateforme d’associations au service de l’agir ensemble, de l’inclusion politique et de la formation à la citoyenneté.
Longtemps, nous arrivions à organiser, avec Le rameau de Jessé, des rencontres tous les deux mois, avec un programme prédéfini et plus de cent personnes y étaient présentes. L’activité s’est réduite après la pandémie de Covid. Le rameau de Jessé et les universités sociales du Togo sont toutes deux partenaires du CCFD-Terre Solidaire.
Quel regard portez-vous sur les relations entre ces organisations et les pays traditionnellement bailleurs ? Et, plus largement, sur l’état de ce que l’on nomme la coopération Nord-Sud ?
Venir en aide à quelqu’un ou à un groupe (ou à un État) est en soi un acte humain. C’est un acte de reconnaissance, laquelle implique d’abord une compréhension des besoins de celui qu’on veut aider. Ces besoins sont d’ordre financier, matériel, humanitaire. Il y a une détresse et on veut y apporter des solutions. L’aide est alors un acte noble par nature.
« La main qui donne a toujours la tentation d’être en position de force. »
Cependant, certains aspects me posent problème, car quand cette reconnaissance
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