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Traditionnel pilier des politiques dites de coopération, l’aide publique au développement est fragilisée par des coupes budgétaires massives et des logiques d’intérêts nationaux. Peut-elle encore atténuer des inégalités mondiales devenues béantes ?
L’aide publique au développement (APD) correspond-elle réellement à une « aide » ? La question se pose, les aides directes étant moindres que les prêts accordés par les pays dits riches aux pays « en développement », déjà plombés par leur dette extérieure. La part de budget allouée à l’APD demeure par ailleurs minime – que vaut comme critère le seuil de 0,7 % du PNB assez peu respecté ? L’APD est-elle en bout de course ?
L’APD correspond au budget qu’un État consacre au soutien de politiques publiques et de services essentiels dans les pays les plus pauvres. Ainsi, l’APD peut permettre de former des soignants, de construire des hôpitaux, de distribuer des médicaments, de scolariser des enfants ou encore d’installer des systèmes d’eau potable et d’assainissement, afin d’améliorer durablement les conditions de vie des populations. À l’échelle mondiale, l’APD représentait 254,8 milliards de dollars en 20241.
Les inégalités entre les pays riches et les pays les plus pauvres atteignent des niveaux inconcevables. Un habitant d’un pays à faible revenu gagne en moyenne 29 fois moins, en parité de pouvoir d’achat, qu’un habitant d’un pays riche, selon la Banque mondiale. Les pays d’Afrique subsaharienne n’investissent que 220 € par élève, contre 7 433 € pour les pays européens, soit 33 fois moins2. Ces dix dernières années, les 1 % les plus riches ont accumulé 33 900 milliards de dollars, soit 22 fois le montant annuel nécessaire pour éradiquer la pauvreté3.
En s’appuyant sur les services essentiels, l’APD peut aider à sortir des millions de personnes de la pauvreté.
Ces inégalités
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