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Dossier : Grande-Bretagne, les années Blair

Grande-Bretagne, les années Blair (introduction)


La Grande-Bretagne, elle aussi, se rapproche de la fin d’une époque. Le blairisme, c’est d’abord près de quinze ans de règne d’un homme sur le parti travailliste, qu’il a sauvé et remodelé, et dix ans de pouvoir brillant : son charme (avec un soupçon de démagogie) a fait accepter aux Britanniques un mixte d’idéalisme social et de libéralisme, adossé à la théorie de la troisième voie d’A. Giddens. Le blairisme, ce fut aussi une « contre-révolution » pour libérer le pays de la révolution conservatrice de la Dame de fer. La lutte contre l’aggravation des inégalités sociales et la pauvreté (défendue dans ce dossier par J. Battle) et la priorité accordée à l’emploi et à la prospérité économique (analysée par Martine Azuelos) ont sans doute idéalisé les performances des gouvernements successifs de Tony Blair.

Mais le blairisme ne va pas bien. Si le chômage est désormais inférieur à 5 %, un grand nombre de chômeurs sont passés dans la catégorie des handicapés pour continuer à bénéficier d’allocations. La lutte contre l’exclusion et la pauvreté est assortie d’une politique autoritaire à l’encontre des comportements antisociaux (asbo). Sur le plan politique, la décentralisation, expliquée ici par John Loughlin, est à mettre plutôt du côté positif du bilan. Mais le Labour, « ensorcelé par un chef charismatique » (D. Hanley) répond-il pleinement aux critères de la démocratie ? Tony Blair, plus européen que la majorité des Britanniques, n’a pas réussi à les rapprocher de l’Europe. Mais il a réussi à décevoir les tenants de l’Europe et tous les ennemis de la guerre en suivant Georges W. Bush dans l’aventure irakienne et son échec. Ce n’est pas simplement une image ternie. C’est une opposition forte, y compris au Parlement (J.-C. Sergeant), qui traduit l’évolution de la société. Certains, en France, pensaient que le blairisme pourrait servir de modèle. Tel quel, il n’est sans doute pas exportable.

Françoise Terrel-Salmon


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