Logo du site

Ouverture: La révision générale des politiques publiques


Resumé Depuis trente ans déjà, l’Etat se veut régulateur : il a transféré des compétences et développé des autorités indépendantes. Mais à quoi sert-il ? Et comment peut-il fonctionner avec un esprit d’entreprise, sinon dans une logique de privatisation ? Quels sont les effets de cette rationalisation ?

Confrontées à la nécessaire maîtrise des dépenses mais aussi à l’évolution des besoins et des attentes des citoyens comme à celle des modes de gestion, les politiques publiques sont l’objet d’une révision générale qui a débuté dès 2007. La France suit dans cette voie la plupart des pays de l’Ocde qui, pour répondre aux critiques venues du courant libéral ainsi qu’à celles des sociologues des organisations, ont procédé depuis les années 80 à diverses réformes destinées d’abord à limiter la dette publique, puis à revoir le périmètre des missions de l’État.

L’objectif est d’introduire dans les administrations publiques un esprit d’entreprise. L’État devient un guichet, tantôt pour délivrer des droits, tantôt pour passer des contrats : les usagers sont considérés comme des clients et les agents évalués selon des critères empruntés au management des entreprises privées.

Mais cette amélioration de la gouvernance se heurte à de multiples obstacles, qui freinent la mise en œuvre de la Rgpp ou la détournent de son but : le déficit d’anticipation, de formation et d’accompagnement des agents à leur nouveau métier entraîne plus souvent un sentiment d’inutilité que leur responsabilisation, sans parler des problèmes nouveaux de hiérarchie et de salaire.

Il manque surtout une réflexion approfondie sur la nature même de l’État et la légitimité de son intervention dans des domaines où son efficacité est diminuée. Comme le dit Hélène Moutel, « la réussite de la Rgpp, c’est peut-être moins de mesures, mais plus de vision », un État qui prendrait le temps nécessaire à ses ambitions et ses responsabilités.

Du même auteur

Quand Rome parle du travail

Françoise Terrel-Salmon
Question de sens

C’est avec la seconde révolution industrielle que l’Eglise s’engage sur le problème du travail. L’encyclique Rerum Novarum, pilier du Discours social de l’Eglise, a pour sujet la condition des ouvriers, mais elle consacre au travail lui-même un long développement. C’est à ce texte fondamental que se référeront toutes les encycliques suivantes. Retrouvez cet article et l'ensemble des textes du discours social de l'Eglise sur www.discours-social-catholique.fr C'est avec la secon...

Les Roms, une histoire européenne (éditorial)

Françoise Terrel-Salmon
L'équipe de rédaction

Entre dix et quinze millions de personnes on ignore leur nombre tant il est dangereux pour elles de se laisser répertorier citoyens européens rejetées où qu'elles aillent se retrouvent nomades souvent malgré elles La communauté des Roms est en ce mois d'août au centre de l'actualité En France en Allemagne et en Italie mais aussi en Belgique et au Danemark les politiques ont décidé de renvoyer cette population de manière plus systématique dans son pays d'origine Roumanie pour l'essen...

Introduction générale

Françoise Terrel-Salmon
L'équipe de rédaction

Ce numéro spécial qui reprend en grande partie les interventions de la dernière session du Ceras février 2010 aurait pu s'intituler comme celle ci De la crise sortir changés Mais autant l'on envisageait en préparant cette session il y a plus d'un an que la sortie de crise semblait proche autant cette perspective s'est éloignée Le changement n'est plus une conséquence éventuelle de la crise mais une condition nécessaire pour pouvoir en sortir Et non seulement la crise n'est pas finie ...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules