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Dossier : Euroméditerranée
Dossier : Euroméditerranée

Parcours d'étudiants


Resumé Etudiants au Maghreb ou en France, ils veulent contribuer à une recherche avec leurs questions, en dialogue avec d’autres approches.

Elle est marocaine, vit et étudie en France. Ils sont algériens, habitent et font leurs études à Alger. Leurs cultures, différentes, ont l’Occident comme référent commun : il fournit un socle de savoirs, une distance critique sur les changements qui affectent leur univers, un réservoir de compétence ou une posture pour interpréter leurs propres traditions. Projet les a interrogés comme témoins d’une nouvelle génération qui partage un sentiment d’appartenance à cet entre deux, une manière de voir qui les rend inventifs et les prépare à vivre dans un monde plus « cosmopolite ».

Etudiante à Paris

Projet – Racontez-nous votre itinéraire.

Fouzia Benhaida – Je viens du Maroc, je prépare un doctorat de littérature hébraïque et civilisation juive. Je suis en France depuis quatre ans. J’ai grandi à Casablanca et ma famille habite Agadir où elle est venue s’installer quand je faisais mes études. Nous sommes une grande famille : je suis l’aînée de six (quatre filles et deux garçons). A Agadir, j’ai étudié en langue arabe et j’ai obtenu une maîtrise de philosophique islamique et de droit islamique ( shariah).

Je me suis mariée au Maroc. Nous sommes venus tous les deux ici pour étudier. Mon mari a passé un DEA de droit et philosophie islamique, mais il n’a pas pu poursuivre en doctorat. Cet échec, dû à ses difficultés avec la langue française, fut un peu douloureux. Maintenant, il travaille comme responsable d’un petit magasin de taxiphone. Nous habitons Argenteuil. En arrivant, je me suis inscrite immédiatement en faculté ; comme nous n’avions pas de bourse, j’ai cherché du travail. Au début, je gardais des enfants. Aujourd’hui, j’ai un poste d’agent de service de six heures à neuf heures du matin. Ensuite, je peux travailler en bibliothèque toute la journée.

Projet – Pourquoi mener des études hébraïques, après le droit ?

Fouzia Benhaida – En étudiant le Coran, j’avais des questions, notamment à propos de son interprétation. Les emprunts à la tradition juive sont visibles, et on peut faire des rapprochements entre les deux traditions qui ont beaucoup de ressemblances. Chez nous, il existe une science qui s’appelle « israélite » : la science de ce qui est emprunté à la tradition juive et a été incorporé dans le Coran ou dans le système islamique. J’ai commencé à m’intéresser à la Bible, même si cette attention est plutôt rare chez les musulmans. Mais aussi à l’histoire des juifs, à ses points de rencontre avec l’histoire musulmane. C’est un thème assez sensible. En troisième cycle, à l’université d’Agadir, j’ai étudié la biographie du prophète. Quand le prophète Mohammed a reçu le message la première fois, c’était quelque chose d’étrange pour lui. Ne comprenant pas ce qui lui arrivait, il est d’abord allé chez un chrétien, puis chez des juifs, pour leur demander des explications : c’étaient des gens avec une expérience religieuse, il avait confiance en eux. Le Coran met cela en valeur. En France, j’ai commencé à le comprendre un peu. Au départ, ce n’était pour moi qu’une question de doctrine. En travaillant avec mon professeur, avec des juifs, avec des chrétiens, en venant au Cised 1 à Saint-Denis, j’ai découvert une autre façon de regarder les choses.

Projet – Pourquoi êtes-vous venus en France ?

Fouzia Benhaida – D’abord pour la recherche. Sur la question des relations avec le judaïsme, il n’est pas possible d’aller au-delà de la licence au Maroc, il n’y a même pas de troisième cycle. Ne connaissant personne à l’époque, nous avons envoyé nos CV dans différentes universités françaises. Nous avons profité du cadre d’un échange culturel franco-marocain en 2003 et nous avons obtenu le visa parce que nous étions inscrits. Aujourd’hui, ce serait bien plus difficile. Il y a des quotas pour être pris en charge, et il faut que quelqu’un de votre famille, qui porte le même nom, puisse se porter garant. Au départ, nous étions hébergés par mon beau-frère, qui était mineur dans le Nord depuis des années. Aujourd’hui, mon mari a repris ses études de littérature arabe. Il a donc encore un visa d’étudiant.

Projet – Qu’avez-vous pensé de la fac en la découvrant ?

Fouzia Benhaida – J’imaginais autre chose… L’université de Paris 8 est connue pour son côté politique, qui me gêne un peu ! Inscrite dans le département des études juives, j’ai aussi regardé d’autres départements, notamment dans le domaine des études arabes, où j’ai trouvé des secteurs intéressants. J’essaie de rester à l’écart de la politique et des associations marocaines. J’ai surtout des amis français ! La majorité des Marocains qui sont en France, sont des ouvriers, ou des étudiants dont la vie a pris un autre chemin. De temps en temps, je me demande si nous n’avons pas fait une erreur en venant ici. Et puis, c’est un peu dur de voir que mon mari n’a pas pu continuer ses études. Peut-être avait-il un complexe vis-à-vis de la langue française, en tout cas il n’a pas fait de véritable effort. Il faut dire que, dans le Maroc rural, parler le français, c’était parler la langue de l’occupant. Mon mari vivait dans un monde très religieux.

Projet – Comment pratiquez-vous l’islam en France ?

Fouzia Benhaida – Au Maroc, je portais le voile, et quand je suis arrivée, j’ai gardé cette pratique. Mais quand les gens m’entendent parler de la religion, ils ne me regardent pas comme une bonne religieuse. Il existait déjà un écart entre le voile et ce que je pensais. Je n’ai pas arrêté d’y réfléchir, en travaillant sur des textes. Aujourd’hui, je ne le porte plus, et c’est un choix personnel. Le plus dur a été d’entendre ce que disaient les musulmans quand je l’ai enlevé. Mon mari a respecté ce choix, il me considère comme indépendante et comprend ma démarche.

Je prépare un mémoire sur les traces de la pensée juive dans le rituel musulman de la prière : c’est quelque chose auquel je crois. Quand je suis arrivée en France, je pratiquais. Aujourd’hui, je réfléchis beaucoup, mais je ne fais pas la prière. Cette année, je n’ai pas fait le ramadan à cause de ma santé. Mais si je vais bien, je l’observerai. Je choisis donc ce que je fais et ce que je ne fais pas.

Projet – Y a-t-il des groupes musulmans avec lesquels vous vous sentez bien en France ?

Fouzia Benhaida – Quelques-uns, oui. Mais je n’ai pas rencontré beaucoup de musulmans qui ont étudié et ont mûri leur foi personnellement. C’est une difficulté. Au début de l’islam, cette manière de faire existait sans doute mais la politique a contribué à son effacement. Aujourd’hui, il n’est pas donné à tous les croyants de pouvoir établir une relation personnelle avec le texte sacré. Ils doivent passer par des intermédiaires, qui maîtrisent l’arabe littéraire, qui ont étudié les sciences. Et les savants d’aujourd’hui tendent à exclure les personnes simples au nom d’une compréhension limitée. Pour certains savants, même moi qui ai étudié, je ne suis pas à la hauteur face au Coran. On ne peut pas exclure tout le monde sous prétexte que l’on ne maîtrise pas la langue littéraire ! J’aimerais surtout que les musulmans de France ou du Maroc aient un regard de tolérance… notamment en ce qui concerne leurs relations avec les juifs, marquées de suspicion. On croit souvent que ceux qui se sont convertis à l’islam n’étaient pas sincères. Pour certains, aussi, l’islam n’emprunte rien à l’extérieur. On a toujours un regard négatif sur l’autre, comme s’il essayait de faire du mal.

Projet – Voyez-vous votre avenir en France ?

Fouzia Benhaida – Je me pose des questions ! Nous avons déposé des dossiers pour obtenir un emploi au Maroc depuis deux ans. Les personnes qui vivent au Maroc et ont déposé leur dossier en même temps que nous ont la priorité. Beaucoup pensent que ceux qui vivent en France vont y trouver un travail et qu’ils doivent y rester… Le retour est donc un peu incertain, mais s’il y a une occasion, nous n’hésiterons pas. Si j’ai un bon salaire, si je peux habiter Agadir ou Casablanca, je rentrerai. Mais je ne veux pas aller vivre au sud, parce que je veux pouvoir envoyer ma fille dans une bonne école ; l’éducation est devenue très risquée au Maroc. Inversement, j’aimerais bien aussi que les jeunes du Maroc puissent venir en France et que les jeunes Français puissent aller au Maroc.

Etudiants à Alger

Projet – Comment en êtes-vous venus à faire des études supérieures ? Quelles sont vos ambitions et vos désirs professionnels ?

Hakim Amrouche – Tout d’abord, je remercie la revue Projet de nous permettre de nous exprimer sur notre itinéraire. Je suis originaire de Tizi Ouzou, en Kabylie. J’ai un goût pour les sciences sociales et humaines, mais je suis pour l’instant en philosophie à Alger. Celle-ci me donne un outil d’analyse qui peut permettre de comprendre pas mal de points du fonctionnement de la société. La philosophie faisait partie de mes rêveries de lycéen et aujourd’hui, je suis convaincu que je dois réussir cette année (je prépare le magister 2). Ma thèse, en philosophie contemporaine, a pour objet l’œuvre de Michel Foucault (1926-1984). Je travaille tout ce qui est en relation avec l’impensé, le transgressif et le subversif. Dans notre dialecte, on parlerait des tabous, c’est-à-dire l’impensé. Comme notre société est en profonde mutation, avec beaucoup de changements d’ordre sociologique, économique, politique ou culturel, il faudrait mettre au jour l’impensé de ces changements. La vision de Foucault est de long terme, son œuvre s’inscrit dans un projet. Elle nous permet de penser les phénomènes religieux qui se répètent. Il a parlé de la sexualité comme sujet tabou, de la politique, comme produisant un interdit, de l’univers carcéral.

J’ai l’intention de poursuivre ces études. Nous étudions en Arabe, la langue officielle. Comme l’œuvre est écrite en français, je suis obligé de la traduire, ce qui entraîne bien sûr quelques difficultés. Je travaille aussi sur des commentaires arabes, en particulier des auteurs libanais qui ont essayé de traduire Foucault.

Dans mes études antérieures, j’ai aussi rencontré l’école de Francfort dont les orientations sont assez critiques, Adorno, Marcuse, Habermas. Michel Foucault a puisé chez eux des idées. Je compte me focaliser ou me situer par rapport à cet axe critique. Leur vision du monde me stimule : ils sont relativement réalistes. Ils essayent de trouver des projets de société dans lesquels on peut vivre en harmonie.

Projet – Les études de philosophie au lycée et à l’université sont-elles comparables aux mêmes études en France ? Etudie-t-on les auteurs occidentaux comme les philosophes arabes ?

Hakim Amrouche – Au lycée, les études de philosophie sont comparables, avec simplement deux ans de philo pour les sections littéraires. Les références plus spécifiquement arabes sont par exemple Ibn Khaldoun, Avicenne, El Idrissi et Tabari. Depuis la réforme des lycées, il y a deux ans, les classes littéraires font trois ans de philo et une modification des programmes va dans le sens de davantage de place donnée au religieux : par exemple, le dernier chapitre du programme, « Problématique de la connaissance », a laissé la place à un chapitre sur le soufisme.

Mais l’enseignement de la philosophie en Algérie garde une base française issue de la colonisation. L’arabisation a entraîné la venue d’enseignants du Proche-Orient, notamment Palestiniens et Syriens, et la formation en Syrie d’enseignants algériens. Des modifications ont accompagné cette évolution. Par exemple, l’emploi de la langue arabe pour éviter le soupçon d’» occidentalisation » vis-à-vis de ceux qui emploient trop vite ou trop facilement le français. Le reproche existe aussi « d’abandonner nos textes sacrés », ou de « politiser le savoir ».

Lofti Ziani – Je suis arrivé à Alger à l’âge de dix ans, et j’y ai poursuivi toutes mes études secondaires. Après des études en science de la vie, je me suis spécialisé en sciences exactes. J’ai toujours été attiré vers les sciences : au lycée, je voulais aller à l’école Polytechnique, j’étais attiré par les mathématiques. J’ai obtenu mon bac avec mention bien. Les étudiants qui postulent sont classés sur la base de leurs moyennes. Mes excellentes notes en science et des notes acceptables dans les autres domaines m’ont permis d’y entrer. Relever le défi, être dans une école excellente, tout cela me motivait. Mon parcours a commencé par un tronc commun qui permet de se faire une idée des spécialités. J’étais au départ plus intéressé par l’électronique, mais la première année fut difficile et, étant 50e sur 200, j’ai pris le risque de choisir la mécanique. Je ne regrette pas ce choix, je fais des choses intéressantes et me suis inscrit à plusieurs concours (Blida, Alger). A Bebzouar, j’ai choisi de faire physique. J’hésite encore entre polytechnique et physique : comme je veux faire de la recherche, je veux que ce soit dans un domaine qui me motive davantage.

Projet – Quelle est la place de la culture française ou occidentale dans vos études ? Comment voyez-vous la suite de vos recherches ?

Hakim Amrouche – Etant donné à ma spécialité, je suis obligé d’étudier les oeuvres de Michel Foucault en français. On ne peut lire non plus Gilles Deleuze ou Etienne Balibar en arabe. Même si les études de philosophie sont arabisées, c’est difficile d’imaginer une thèse de philosophie qui traite la problématique d’un penseur français en arabe. On peut accommoder l’œuvre, mais quelque chose manque. Du coup, la majorité des étudiants vont dans d’autres universités, où ils trouvent des facilités et sont encouragés. Ici, le déroulement des concours est une entrave. C’est pourquoi la majorité de ceux qui veulent continuer choisissent la France, à cause des liens historiques ou linguistiques. L’apport de la France est fondamental et ici il y a un manque flagrant pour la philosophie.

Les difficultés viennent de la gestion des études. En fait, par rapport aux publications, nous n’avons pas beaucoup de productions en philosophie. On est obligé de faire appel à des textes extérieurs, certains que l’on peut trouver sur internet. Le système de bourses pour étudier quelques mois à l’étranger existe, mais il faut être dans les bons circuits d’information pour déposer à temps son dossier et pouvoir en bénéficier. Ces bourses sont ouvertes déjà pour les magisters, équivalents du DEA, après la validation de la première année théorique.

Les invitations pour des colloques à l’étranger sont rares. Il est possible d’organiser des colloques ici, mais c’est difficile sur les thèmes qui vont un peu à contre-courant (difficulté pour trouver une salle…). Le sentiment est celui d’un manque de liberté pour débattre, et parfois même pour faire des recherches dans un domaine un peu nouveau ou un peu trop occidental… On devrait encourager les étudiants en magister, mais ce sont toujours les mêmes qui essayent d’avoir des privilèges, alors que certains en ont vraiment besoin. L’accès au terrain pour la recherche peu être aussi malaisé, pour des raisons politiques.

Lofti Ziani – La science est universelle, et l’Occident a plus d’expérience que nous. La révolution industrielle y a transformé la recherche, notamment dans mon domaine. Nos études se font en Français, mais de nombreux ouvrages (en particulier ceux que j’ai utilisés pour mon projet de fin d’études) sont en Anglais. De nombreux séminaires ont lieu en Algérie avec la participation de professeurs étrangers (européens ou américains). Et nos professeurs et chercheurs partent très souvent en Europe, et parfois aux Etats-Unis et au Canada. Un certain nombre d’étudiants algériens (en général en médecine ou en ingénierie) vont effectuer une partie de leurs études en France. Ce n’est pas Erasmus, mais cela y ressemble : les stages et formations sont payés par les laboratoires ou les organismes d’accueil. Quant à nous, qui étudions à Alger, nous avons des échanges d’expérience dans divers domaines avec des compatriotes qui étudient en Europe ; parfois, nous échangeons aussi de la documentation.

Avec le numérique, l’Algérie et le Maghreb en général se sont développés. Cette expérience que nous avons acquise se partage. Il y a, par exemple, des collaborations entre l’université d’Oran et l’Italie. Même pendant les années noires de l’Algérie, la collaboration s’est poursuivie. Je veux contribuer à ce mouvement qui ne s’est jamais arrêté. J’aimerais bien aller en Europe ou en Inde, parce que les gens y développent des choses intéressantes en chimie, en thermodynamique ou dans le calcul numérique. Je n’ai pas d’idée plus précise, je débute dans cet univers. Pour mon projet de magistère, je pourrai peut-être faire quelque chose.

Projet – Quel serait le défi le plus important à relever pour les étudiants en Algérie ?

Hakim Amrouche – Nous devons étudier avec les moyens dont nous disposons. Et la coopération avec l’autre est très importante : cela me réjouit de pouvoir collaborer avec l’autre même si c’est quelque chose d’étrange, voire de dangereux. Je veux encourager cette pensée de l’altérité : comment vivre et penser avec les autres ? C’est même une question centrale sur le plan technologique, ou axiologique, quand on voit ce que devient l’humain. On peut citer Voltaire : « Je ne partage pas tes idées, mais je suis prêt à donner ma vie pour que tu puisses les exprimer librement ».

Lofti Ziani – Mon défi, c’est de continuer mes recherches et d’obtenir un doctorat. S’agissant de la collaboration avec l’Occident, je suis d’accord, mais il faudrait dépasser le concept d’infériorité que nous avons hérité du colonialisme pour aller vers une collaboration plus égale. Cela permettrait une évolution plus rapide et sereine, qui fasse converger les intérêts des uns et des autres 3.



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1 / Le Centre d’initiatives et de services des étudiants de Saint-Denis a pour objet de soutenir les étudiants de l’université Paris 8 dans leurs études et dans leurs projets professionnels. Il a été créé en 2000 avec l’aide de la mission étudiante catholique d’Ile-de-France.

2 / Equivalent du DEA français.

3 / Ndlr Les deux étudiants d’Alger ont été interrogés par Christophe Ravanel, que la rédaction remercie pour son aide.


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