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Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 pourraient ou auraient pu être détrônées par des législatives anticipées… Serait-ce le signe que les politiques nationales prévalent à ce point sur la vie démocratique locale ?
Les municipales ne sont pourtant pas seulement « locales », elles s’inscrivent dans le processus d’action publique qui dessine le cadre de notre vie individuelle et collective.
Elles sont politiques au sens étymologique de « gestion du collectif », donc de la collectivité à laquelle on appartient.
Les maires et leurs conseils municipaux exercent des compétences importantes sur la gestion des écoles maternelles et primaires, les voiries communales, la vie des associations, les permis de construire, la gestion foncière, la sécurité, l’accueil des exilés, la vie culturelle, etc.
Ces pouvoirs s’exercent aujourd’hui, il est vrai, dans le cadre des intercommunalités dans lesquelles sont inscrites les communes. Il est exact aussi que les citoyens ne votent pas directement pour les élus intercommunaux, mais ceux-ci émanent des différentes municipalités. La réponse est donc non pas de nier le rôle de la commune, mais de s’intéresser aussi aux choix de l’intercommunalité.
Dans de nombreuses localités, les municipales sont au premier plan de la stratégie nationale.
Ceci vaut tant pour les grandes métropoles (Paris versus Métropole du Grand Paris, Lille, Bordeaux, Marseille… versus leurs instances métropolitaines), que pour les villes moyennes et communes rurales. Il s’agit de mieux connaître les liens entre les « niveaux » de compétences, entre communes, intercommunalités, départements, régions, État, et de rentrer un peu plus dans leur complexité : s’informer, comprendre, analyser les enjeux pour agir et voter en fonction de cette réalité.
On nous dit aussi que les élections municipales sont de peu de poids au regard des scrutins législatif et surtout présidentiel de 2027. Dans de nombreuses localités, les municipales sont au contraire au premier plan de la stratégie nationale, soit parce qu’un maire non réélu pourra difficilement se préparer à un destin national, soit plus fréquemment parce que les partis voient les municipales comme le tremplin leur permettant de grignoter des électeurs et électrices à leur profit. Ainsi en 2026 La France insoumise comme le Rassemblement national se positionnent nettement pour la première fois.
Finalement, les élections municipales sont le lieu où se manifeste le plus la vitalité démocratique. Les maires sont les représentants politiques les plus appréciés de leurs concitoyens (selon l’enquête publiée par Public Sénat en juillet 2025, 60 % en ont une image positive, loin devant tous les autres représentants politiques), le lien avec les pouvoirs semble encore accessible à ce niveau qui influe sur notre vie quotidienne alors qu’il se perd à d’autres. De plus, ce vote aura aussi une influence évidente sur les choix nationaux et internationaux.