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© Jérôme Panconi/Seuil
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Piketty, idéologue des inégalités ?


Auteur de deux ouvrages traitant du capital, Thomas Piketty déchaîne la critique. Certains voient en l’économiste un visionnaire renversant ; d’autres, un dangereux utopiste. Effet de mode ou le Karl Marx du XXIe siècle ? Ni l’un ni l’autre. Lecture subjective de ses deux ouvrages majeurs.


L’objectif politique et scientifique de Thomas Piketty : œuvrer pour un monde moins inégalitaire. Pour cela, il lui faut comprendre le processus d’émergence de ces inégalités. À ce titre, il est un économiste bien de son temps : les inégalités sont devenues une thématique de recherche majeure en économie politique. Formellement, les économètres ont remplacé les statistiques telles que la moyenne et la médiane par les percentiles et les déciles (les 10 % les plus pauvres, les 10 % les plus riches, etc.), procédé rendu possible grâce à l’interconnexion de grandes bases de données et à la puissance de calcul des ordinateurs. Comme il le dit lui-même, Piketty ne fait qu’appliquer ces techniques au plus grand nombre de bases de données accessibles. On le traite d’idéologue, car tout semble faire farine à son moulin. Mais n’est-ce pas un peu trop facile ?

Reprenons Le capital au XXIe siècle. En premier lieu, il est important de collecter toute information utile pour ce que Piketty appelle son « enquête ». Et les sources, il en brasse avec boulimie. Rares sont les chapitres avec moins d’une trentaine de notes de bas de page. Il use d’archives testamentaires, de comptabilités nationales, de multiples références statistiques. Mais il se réfère aussi à Balzac et Austeen pour comprendre les inégalités du XIXe siècle, aux Aristochats pour figurer l’aristocratie anglaise ou au film Django Unchained pour connaître le prix et la situation d’un esclave.

Le capital des plus riches a changé de forme au cours des siècles, passant d’un capital foncier détenu par l’aristocratie et le clergé à un capital principalement immobilier et financier, concentré dans les mains d’actionnaires et de grands patrons.

Cette première analyse des sources montre que le capital des plus riches a changé de forme au cours des sièc

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