Logo du site

La Chine, puissance verte ? (introduction)


Nul espoir de relever les défis écologiques sans la future première puissance mondiale. Mais la Chine, qui s’impose déjà dans la course aux technologies vertes, pourrait y être forcée par l’ampleur des problèmes environnementaux que provoque son modèle de développement.

Dans la dernière livraison de Projet, nous osions rêver, quoique sans naïveté, à une sortie de l’impasse productiviste dans laquelle semble s’enfoncer notre humanité. La question est d’une telle ampleur qu’elle ne pouvait que rebondir. Trois raisons nous incitent à tourner ici les yeux vers Pékin. La Chine – où, faut-il le rappeler, vit un être humain sur six – deviendra, dans moins de dix ans, la première puissance économique au monde. Il serait vain d’imaginer relever le défi écologique sans elle. Pékin représente ensuite l’épouvantail contre lequel s’est construit, ces dernières années, un discours occidental qui voit dans la protection de l’environnement un handicap de compétitivité dont nos pays ne pourraient se payer le luxe. Enfin, mieux que quiconque, la Chine a compris tout le profit qu’elle pouvait tirer d’un leadership technologique sur les marchés verts. De là à faire d’elle une puissance verte?

Ne nous hâtons pas de franchir le pas. Car ce pari des produits verts, que la Chine est en train de gagner (cf. J.-P. Maréchal), ne constitue en rien un changement de paradigme par rapport à la croissance effrénée de la production. Au contraire, ses équilibres précaires en matière d’alimentation, d’emploi, de santé, d’occupation des sols, sont menacés par son modèle de développement (cf. B. Vermander et A. Monteil). Est-ce dans la confrontation aux limites physiques et sociales de son propre écosystème que la Chine trouvera le ressort d’un aggiornamento? Saura-t-elle se souvenir que son histoire l’a, davantage que nous, prédisposée à une forme de sobriété (cf. J. Leclerc du Sablon)?

Chaque hiver, la pollution due aux centrales à charbon, aux industries et aux 5 millions de véhicules oblige les habitants de Pékin à porter des masques. Le 9 janvier, l’aéroport a dû annuler 150 vols à cause d’elle. Quand la brume s’épaissit au point de n’y plus distinguer l’immeuble adjacent, alors même que l’Empire du milieu s’apprête à prendre les rênes de l’économie mondiale, il en va de notre avenir commun.

Du même auteur

Pour une économie relationnelle

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

On peut en savoir beaucoup sur quelqu'un à ses chaussures où il va où il est allé qui il est qui il cherche à donner l'impression qu'il est À cette observation de Forrest Gump dans le film éponyme1 on pourrait ajouter Quel monde il invente Car l'analyse du secteur de la chaussure objet du quotidien s'il en est en dit long sur notre système économique Un système qui divise À commencer par les humains quel acheteur est capable de mettre un visage derrière la fabrication de sa paire de...

Libérons-nous de la prison !

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Nous aurions pu comme en 1990 intituler ce numéro Dépeupler les prisons Projet n 222 Car de l'inventaire dressé alors il n'y a pas grand chose à retirer Les conditions de vie en détention notamment pour les courtes peines et les détenus en attente de jugement restent indignes d'un pays qui se veut patrie des droits de l'homme Mais à la surpopulation carcérale on préfère encore et toujours répondre par la construction de nouvelles prisons Sans mesurer que plus le parc pénitentiaire s...

Le logement n’est pas une marchandise

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Nada mejor que volver a casa chante le Cubain Raúl Paz Rien de mieux que de rentrer chez soi Un chez soi digne de ce nom c'est un point d'ancrage qui nous sécurise un lieu de repli nécessaire à notre équilibre C'est de cela que sont privées les 4 millions de personnes mal logées en France Parmi elles 900 000 n'ont pas même un logement à elles un chiffre qui ne cesse d'augmenter1 Pour peu que l'on puisse rentrer chez soi en mesure t on encore toute la valeur À moins que nous en ayons u...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules