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United Nations Photo, certains droits réservés / Flickr
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Haïti : un pays à reconstruire (éditorial)


Port-au-Prince était une ville historique, fondée par les Français au XVIIIe siècle, et une capitale. De l'une comme de l'autre, il ne reste rien : bâtiments en ruines et documents officiels emportés avec les gravats par les pelleteuses qui dégagent le terrain. Le séisme du 12 janvier a fait disparaître l'État haïtien. Pourtant, comme le rappelle W.K. Fleurimond, écrivain de là-bas (dans Courrier international du 4 au 10 février), c'est un État indépendant et souverain, qui aurait pu choisir, aussitôt après la catastrophe, de se replier dans une ville de province où il aurait eu des moyens de gérer la situation.

Les grandes puissances occidentales et les principales Ong ont pris provisoirement les choses en main, encouragées par une large médiatisation un peu misérabiliste. Les élites haïtiennes sont conscientes cependant que l'occasion est réelle de permettre à un peuple de construire enfin son pays – et pourquoi pas une démocratie – en rebâtissant sa capitale : brique après brique, peut-être sur un autre site, avec l'argent et le matériel que la générosité des populations du monde entier aura permis de rassembler, mais avec les forces et l'intelligence des Haïtiens qui ne doivent pas fuir. Les scientifiques, les ingénieurs, formés au Canada et en France pour l'essentiel, seront les bâtisseurs de l'avenir si l'aide dépasse l'urgence et se montre assez efficace pour éviter la poursuite de l'exode et la corruption.

Du côté des « sauveteurs », la tentation est réelle de profiter de la situation actuelle pour mettre le pays sous tutelle. Des années de dictature politique et de chaos social encouragent un néo-colonialisme confortable plutôt que l'invention d'un partenariat avec le gouvernement local, qui a bien du mal à tenir les rênes et manque de crédibilité sur la scène internationale. Il faut reloger des populations avant la saison des pluies et l'arrivée des cyclones, mais aussi prendre le temps d'une planification minimale pour cesser de bricoler logements ou services publics.

Projet se propose de faire dans un an l'inventaire des projets de Haïti et de ses partenaires pour l'avenir.

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