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Etat et territoires


Le succès des grandes politiques nationales tient à leur caractère aveugle sur le plan spatial. Pourtant, l’État est souvent accusé d’abandon de territoires qui s’estiment lésés. Il lui faut inventer un nouveau partenariat avec les acteurs locaux, publics et privés.

L’État déménage le territoire » titrait Libération le 27 juin 2008. Ce titre symptomatique couvre bien des débats : doit-on tirer la sonnette d’alarme de la fin de l’État ? Ou doit-on se réjouir d’une décentralisation qui confère enfin aux collectivités locales les enjeux qui les concernent ? Dans la ligne du dossier « entreprises et territoires » (novembre 2007), Projet cherche à approfondir le débat dans deux champs complémentaires : l’aménagement du territoire et la cohésion sociale.

Pour Brigitte Fouilland, la mondialisation de l’économie et la concurrence qu’elle entraîne modifie la conception même du développement local. De plus, les politiques européennes renforcent un impératif de compétition là où la lutte pour le pouvoir reste forte. Pour assumer son rôle de coordination, l’État doit s’intéresser au devenir de ses habitants et accepter le débat avec les pouvoirs locaux et les intérêts privés ou associatifs. Seule une ‘gouvernance fine’ permet de saisir les enjeux en vue de poser des choix collectifs dans une situation donnée.

Pour Laurent Davezies, le débat se concentre sur l’action publique explicite (minima sociaux, politique de la ville...) en oubliant les politiques de cohésion implicite (redistribution interpersonnelle ou entre les espaces…) qui assure pourtant la plus grande part des transferts. Si le succès des machines redistributives nationales tient à leur caractère aveugle sur le plan spatial, elles échouent à l’échelon local, parce qu’elles encouragent les effets d’évitement. Pour lutter contre les inégalités socio-spatiales nouvelles, les politiques de discrimination positive doivent être financées nationalement.

Ces deux analyses invitent à concevoir l’État comme non seulement garant du vivre ensemble mais aussi du bien commun, qui est d’abord le bien de tous.

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