Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !
Logo du site

A propos du mot « terrorisme »


Lors des violences qui viennent d’ensanglanter Mumbai et le Proche Orient, le mot « terrorisme » a été abondamment utilisé. Le plus souvent à bon escient. Des commentateurs pourtant, ont repris un refrain éculé : ce mot serait impossible à définir, le « terroriste » de l’un étant toujours le « résistant » d’un autre.

Ce scepticisme n’est pas de mise. Si l’on accepte de mettre de côté les sympathies ou antipathies que l’on éprouve pour tel ou tel camp dans un conflit, rien n’empêche de caractériser le terrorisme comme une forme de violence très spécifique, à laquelle recourent aussi bien des groupes irréguliers que des Etats. Il suffit de s’attacher, non pas aux acteurs ou à leurs motivations, mais à la nature des actes commis. Le consensus peut alors se faire sur une formulation comme celle de la Convention sur la répression du financement du terrorisme, adoptée le 8 décembre 1999 : est terroriste « tout acte destiné à tuer ou blesser gravement un civil, ou autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou son contexte, cet acte vise à intimider une population ou à contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ». Une définition, certes, n’épuise pas le sujet 1; mais c’est un préalable pour en débattre.



Les plus lus

L'homme et Dieu face à la violence dans la Bible

Resumé Faut-il expurger la Bible ou y lire l'histoire d'une Alliance qui ne passe pas à côté de la violence des hommes ? Les chrétiens sont souvent gênés par les pages violentes des deux Testaments de la Bible. Regardons la Bible telle qu’elle est : un livre à l’image de la vie, plein de contradictions et d’inconséquences, d’avancées et de reflux, plein de violence aussi, qui semble prendre un malin plaisir à multiplier les images de Dieu, sans craindre de le mêler à la violence des hommes. Une ...

Les Marocains dans le monde

En ce qui concerne les Marocains, peut-on parler de diaspora ?On assiste à une mondialisation de plus en plus importante de la migration marocaine. On compte plus de 1,8 million de Marocains inscrits dans des consulats à l’étranger. Ils résident tout d’abord dans les pays autrefois liés avec le Maroc par des accords de main-d’œuvre (la France, la Belgique, les Pays-Bas), mais désormais aussi, dans les pays pétroliers, dans les nouveaux pays d’immigration de la façade méditerranéenne (Italie et ...

Ambivalente gouvernance

Définie comme un mode de décision partagée au service de la modernisation politique, la « gouvernance » se présente sous des atours séduisants. Or, le vernis démocratique de ce mot-valise issu du privé s’écaille rapidement. George Orwell brillait par sa capacité à montrer combien le glissement sémantique dit toujours quelque chose du pouvoir et de la manière dont il s’exerce. De Michel Foucault à Frédéric Lordon,...

Du même auteur

Désobéir, un acte politique

Face aux inerties gouvernementales dans la lutte contre le dérèglement climatique, les jeunes multiplient les actions de désobéissance civile. Refus de la politique ou nouvelle forme de l’engagement citoyen ? Des mobilisations de plus en plus fréquentes, de jeunes notamment, intègrent des actions de désobéissance civile dans leurs luttes contre le réchauffement climatique. Certains décrochent des portraits du président de la République dans les mairies, d’a...

Arme nucléaire : en débattre, enfin ?

Le décès de M. Giscard d’Estaing, il y a quelques mois, a offert l’occasion de remettre sur le tapis une question qui semble avoir disparu de nos écrans : les armes nucléaires de la France. De tous nos anciens présidents – qui peuvent seuls « appuyer sur le bouton » – Giscard est l’unique à avoir reconnu, dans ses mémoires, qu’il aurait refusé d’accomplir le geste que prévoit pourtant la doctrine stratégique officielle en cas de grave menace sur le pays : « Quoi qu’il arrive, je ne prendrai jam...

Assouplissons les catégories migratoires !

Si les catégories actuelles sont désajustées par rapport à ce que vivent les personnes migrantes, comment les faire évoluer ? Selon quels critères et quelles nécessités ? Deux chercheuses et deux acteurs de la société civile invitent à adoucir les catégories actuelles, pour traiter avec plus d’humanité les personnes. Raoul, interviewé pour ce dossier de la Revue Projet, nous confiait : ...

1 / Voir Christian Mellon, « Face au terrorisme », Etudes (novembre 2005). Pour une réflexion approfondie, notamment sur l’argumentaire éthique fondant une radicale condamnation de tout acte terroriste (même accompli pour une «cause » paraissant « juste » - cf. Tchétchénie), voir Terrorisme, condamner, expliquer, résister, document réalisé en mars 2005 par Justice et Paix-France, ((justice. paix@ wanadoo. fr).


Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules