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Les atouts de la France dans la récession


Les conséquences attendues de la récession économique mondiale sont effrayantes. L’OIT prévoit pour 2009 cinquante millions de chômeurs supplémentaires ; la mortalité infantile augmentera d’environ 300 000 décès par rapport aux années précédentes des suites de la sous- ou de la malnutrition provoquée par les retombées de la récession sur les pays du sud. Le Pib de toute la planète devrait se contracter d’environ 2,75 % selon l’Ocde, pour la première fois depuis 1945, et le volume des échanges commerciaux diminuer de 20 % au premier trimestre 2009. Certes, les prévisions sont plus optimistes pour la zone Ocde stricto sensu, pariant sur une reprise de la croissance dès 2010. Mais cet horizon rassurant, face auquel il est permis de rester sceptique, ne saurait occulter deux questions : 1) Si reprise il y a, à l’échelle planétaire, ce sera sans doute grâce à la résistance de l’Asie et des pays émergents. Permettra-t-elle de « tirer » durablement l’économie mondiale ? 2) La régression des marchés financiers autour de leur niveau de la fin des années 1990 et la contraction de l’économie réelle mondiale traduisent le fait que, depuis 2000 au moins, une très large part de la croissance des pays du Nord était portée par une succession de bulles financières (celle d’internet, celle des subprimes) qui, en éclatant, ont révélé leur caractère artificiel. Le moteur de cette croissance-là était dopé au crédit à la consommation des ménages américains. Il a conduit à une impasse. Le problème, aujourd’hui, n’est donc pas de renouer coûte-que-coûte avec la croissance mais de « changer de modèle ».

Qu’en est-il de la France dans ce contexte ? Quel sera l’impact de cet immense retournement de tendance sur notre économie ? Celle-ci pourra-t-elle contribuer à chercher une alternative face au paradigme libertarien qui prétendait organiser entièrement nos sociétés autour de marchés financiers auto-régulés ? 1

Une économie française en récession…

Selon l’Insee, le Pib français a reculé de 1,1 % au quatrième trimestre 2008 (une destruction de valeur d’un peu plus de 20 milliards d’euros). Il devrait encore chuter de 1,5 % au premier trimestre 2009, puis de 0,6 % au deuxième trimestre. Avec une prévision de croissance nulle au deuxième semestre, la France achèverait l’année 2009 sur un recul du Pib de 2,1 %. Le gouvernement se veut plus optimiste, puisqu’il anticipe une baisse du Pib limitée à 1,5 % en 2009. Mais son rôle n’est-il pas aussi de tenter de rassurer ? L’Ocde est sans doute plus réaliste en annonçant une chute de 3,3 % sur l’ensemble de l’année. Soit, depuis le dernier trimestre 2008, une perte supérieure à 80 milliards d’euros. D’où une explosion du chômage avec la suppression de plus de 380 000 postes supplémentaires dans les secteurs marchands non agricoles pour le seul premier semestre 2009. L’Insee remarque que, pour la première fois depuis 2004, la dégradation de la conjoncture a pesé sur le comportement de l’offre de travail : 12 000 personnes au second semestre 2008 et 35 000 au premier semestre 2009 auraient renoncé à entrer sur le marché du travail du fait de la récession, les jeunes étant parmi les plus touchés.

Ces sombres perspectives expliquent au moins en partie l’ampleur de la mobilisation du jeudi 19 mars et la part nouvelle qu’y ont prise les salariés du secteur privé, en particulier les cadres. Les salariés du privé sont les premières victimes des baisses d’activité, du chômage partiel, des fermetures d’entreprises et des licenciements. La menace de la précarité n’étant plus réservée à la frange défavorisée des classes moyennes 2, les cadres sont désormais partie prenante de l’inquiétude sociale. Dans la mesure où la crise financière stricto sensu n’est sans doute pas terminée 3, et où le scénario d’une « décennie blanche » à la japonaise 4 n’est toujours pas à exclure, nous allons peut-être au-devant d’une immense déchirure sociale.

Dans ce contexte, le gouvernement devra sans doute revoir ses prévisions de déficit. Celui-ci est fixé pour 2009 à 5,5 % du Pib. Mais la récession l’alourdira mécaniquement. Cette question du déficit public doit-elle pour autant servir d’épouvantail ? Préférerons-nous transmettre à nos enfants une économie moins endettée mais qui, au sortir de dix années de croissance négative ou nulle et de chômage de masse, aura tout à reconstruire et sera confrontée à la concurrence redoublée de pays émergents qui, eux, auront continué de croître ? Ou bien oserons-nous parier sur un endettement massif pour échapper au spectre d’une explosion du chômage, même s’il faudra inventer des moyens d’alléger le fardeau de la dette à l’avenir ?

...mais plutôt protégée

Pourtant, la situation française est plutôt privilégiée, comparée à celles de la plupart de nos voisins. L’Allemagne, très touchée par l’effondrement de la demande de machines-outils de la part des pays de l’Est, risque de perdre jusqu’à 5,5 % de son Pib en 2009. La Grande-Bretagne s’apprête à affronter la pire récession qu’elle ait connue depuis 1945 ; largement victime de l’ébranlement des places boursières, elle souffre aussi de l’essoufflement de la demande en Asie. Quant à l’Espagne, d’après la Banque d’Espagne, le chômage risque d’y atteindre 17,1 % en 2009. Plus globalement, selon l’Ocde, celui-ci pourrait être de 12 % au sein de la zone euro fin 2010 (10 % aux États-Unis, 6 % au Japon). Quant aux quelques signes de « reprise » – très légère hausse, ou décélération de la baisse, des carnets de commande en Chine, en Inde et aux États-Unis au cours du premier trimestre 2009 – tant vantés par la presse, ils ne doivent pas faire illusion : l’Ocde table sur une chute de 4,3 % du Pib de ses pays membres en 2009 et sur une nouvelle baisse de 0,1 % en 2010.

Les causes de la protection relative de l’économie française sont bien connues : une plus faible exposition de son secteur bancaire aux dérives récentes de marchés financiers et une dépendance moindre de son secteur industriel aux exportations. Autrement dit, ce qui était, hier encore, stigmatisé comme relevant d’un « archaïsme français », constitue aujourd’hui le rempart permettant à l’économie française de retarder (seulement) l’impact de la récession mondiale. Les banques françaises ont utilisé avec beaucoup moins d’agressivité le crédit à la consommation (hypothécaire en particulier), dans lequel la Grande-Bretagne et l’Espagne, grisées par les succès apparents de l’économie américaine, se sont engouffrées. Pourtant, le candidat Sarkozy ne tarissait pas d’éloge sur le « crédit hypothécaire » pratiqué outre-atlantique 5. Heureusement, la déflagration financière de la fin 2007 n’a pas permis à cet ambitieux programme de provoquer ce qu’il recherchait : le basculement du compromis économique et social français vers le « modèle » libertarien.

Le débat français sur la relance

Reste qu’un bien étrange débat s’est imposé, en France, autour de la relance économique. La distinction entre une relance « par l’offre » (qui favorise l’appareil productif) et une relance « par la demande » (qui favorise la consommation des ménages) a permis d’organiser à nouveau l’échiquier politique français autour d’une division droite-gauche, là où « l’ouverture », les ambivalences du rapport du Président avec l’héritage de mai 1968 et l’inconsistance du Parti socialiste avaient permis, depuis plus d’un an, de brouiller les repères. L’étrange est que cette opposition structurante soit réapparue au sujet d’une question dont la réponse semble pourtant aller de soi : il faut à la fois une relance par l’offre et une relance par la demande. Et l’une comme l’autre n’ont réellement de sens que si elles sont coordonnées au niveau européen. Ce serait le rôle du couple franco-allemand de « montrer l’exemple » en promouvant l’approche concertée d’une « relance européenne ». Hélas, il n’en est rien.

Une relance par l’offre est nécessaire car la faible exposition du tissu industriel français à l’exportation, qui le protège temporairement aujourd’hui, constitue tout de même un handicap majeur face aux pays émergents. Il importe, on l’a déjà souligné dans cette revue, de favoriser une modernisation du tissu des Pme en faveur de technologies « vertes » et à haute valeur ajoutée. Le plan français reste ici très timide. Les 26 milliards d’euros mis sur la table par l’actuel gouvernement consistent, pour la moitié, en avances de trésorerie aux entreprises sur l’année 2010. À l’horizon des deux prochaines années, si l’État s’en tient là, ce ne seront que 13 milliards d’argent frais qui auront été effectivement accordés par la puissance publique. Même si la comparaison terme à terme avec le « décrochage » du Pib est simpliste, l’ordre de grandeur est très insuffisant en comparaison des 80 milliards dont on sait d’ores et déjà qu’ils auront été perdus, fin 2009, en 5 trimestres. Certes, le fameux « multiplicateur keynésien » 6 donne à penser que de petites augmentations de déficit public peuvent avoir de grands impacts sur l’économie. Mais, même en retenant un multiplicateur égal à 2, comme l’avait fait (sans doute avec un optimisme excessif) la loi de finances de 2008, cela donne toujours un ordre de grandeur très inférieur à la contraction prévisible.

En outre, si l’on voulait sérieusement permettre au tissu industriel français de se « moderniser », c’est évidemment du côté de l’enseignement supérieur et de la recherche qu’il faudrait faire porter l’effort. Or la réforme amorcée par Valérie Pécresse est aujourd’hui dans l’impasse, en grande partie parce que les budgets des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ne cessent de décroître malgré les propos officiels.

Aussi bien une relance par la consommation est-elle tout autant indispensable, quand l’industrie française dépend crucialement de la demande intérieure des ménages. Si cette dernière s’effondre, la digue qui empêche aujourd’hui la destruction de 3 000 emplois par jour, comme c’est le cas outre-Manche, volera en éclats. Plusieurs économistes plaident en faveur d’une diminution ciblée de la TVA. Si cette diminution porte en priorité sur les produits et services de consommation qui pèsent le plus lourd dans le budget des ménages pauvres, ce sera un moyen de soulager ces derniers sans trop grever les recettes de l’État (comme le ferait une diminution uniforme de la TVA). Pourquoi en priorité les ménages pauvres ? Pour une raison étroitement liée au multiplicateur keynésien, et que ne peuvent donc pas ignorer ceux qui s’en réclament, à droite comme à gauche : la propension à consommer diminue avec le revenu. Si l’on fait cadeau d’un euro à un ménage pauvre, il en consommera aussitôt une part beaucoup plus importante que si l’on offre ce même euro à un ménage plus aisé. Quitte à pratiquer une baisse de la TVA, celle-ci pourrait également cibler des biens et services « verts ». Un tel choix serait l’occasion de favoriser des créations d’emploi qui sont moins facilement délocalisables. L’économie « verte » semble, en effet, dépendre beaucoup plus étroitement de la géographie locale qu’une économie qui ne se soucie pas de son empreinte écologique.

Jacques Delors vient de tenter une réhabilitation de l’impôt citoyen. Position courageuse quand une grande partie de la classe politique française reste convaincue qu’un taux d’imposition supérieur à 50 % constitue un crime de lèse-majesté. Mais augmenter les impôts de tous ne favorisera pas le maintien de la consommation, et pourrait s’avérer dangereux par temps de récession. L’argument précédent concernant la propension à consommer des ménages défavorisés amène à penser que c’est de la part des revenus les plus élevés qu’il convient d’exiger un effort fiscal citoyen. Effort qui serait bienvenu et largement accepté par l’opinion publique dans le climat actuel de dénonciation (justifiée) de l’accélération inouïe des rémunérations du management des grandes entreprises. Ne pourrait-il consister « tout simplement » à annuler la loi TEPA (détaxation des heures supplémentaires, bouclier fiscal, etc.) et à augmenter le taux marginal d’imposition de la tranche la plus élevée ? Loin de permettre de lutter contre le chômage, la détaxation des heures supplémentaires fournit en effet une nouvelle incitation à faire travailler davantage ceux qui ont déjà un emploi, plutôt qu’à créer de nouveaux postes. Quant au bouclier fiscal, il est contesté même dans la majorité présidentielle. L’argument selon lequel le taux d’imposition « insupportable » des hauts revenus en France ferait fuir ceux-ci à l’étranger n’a jamais été validé empiriquement. L’abaissement du taux d’imposition de ces revenus n’a ni diminué, ni augmenté le taux d’évasion fiscale.

Le gouvernement a pourtant choisi de rester sourd aux revendications. « J’écoute l’inquiétude mais il faut attendre les effets du plan de relance », a plaidé le Premier ministre, François Fillon. Or une relance par l’offre (contrairement au soutien de la consommation) ne peut pas avoir d’effet positif avant plusieurs mois, voire plusieurs années ! Cela signifie-t-il que le gouvernement est prêt à engager la société française dans une longue « traversée du désert » ? Le seul moyen d’abréger cette attente, socialement insupportable, consisterait à favoriser massivement la reprise immédiate de l’investissement, ce qui suppose l’assouplissement du crédit bancaire aux entreprises qui investissent. Or nous n’en prenons pas le chemin. Du côté de la Banque centrale européenne, l’abaissement des taux directeurs est timide, sans doute par fidélité à son mandat, qui reste de lutter contre toute tension inflationniste 7. Du côté du gouvernement, les prêts octroyés par la puissance publique au secteur bancaire ne se sont accompagnés d’aucune prise de participation de l’État, qui seule permettrait de contraindre les banques à prêter de l’argent frais aux entreprises.

Le retour probable de l’inflation

La perspective d’une reprise massive de l’inflation dès 2010 fournit un argument supplémentaire en faveur d’une relance par la demande. Le mécanisme est malheureusement simple. Les 25 000 milliards de dollars de capitalisation boursière disparus au cours de l’année 2008 sur les différents marchés financiers de la planète n’ont pas diminué d’un centime la quantité de liquidités en circulation. Celle-ci, depuis la crise financière du sud-est asiatique de 1997-1998, est exorbitante. Certes, cette gigantesque masse monétaire a actuellement disparu dans les bilans des banques : ces derniers fonctionnent comme des « trous noirs » qui, pour l’instant, absorbent toute la monnaie encore en circulation, ou presque, et ne restituent rien à l’économie – rien d’autre que des « actifs pourris » sans valeur. Mais un jour viendra – comment ne pas le souhaiter ? – où les banques auront fini de « nettoyer » leurs bilans. Peu importe par quel scénario : création d’une bad bank (ce qui serait, encore une fois, une manière de « socialiser les pertes »), nationalisations partielles… Ce jour-là – courant 2010 ? –, la confiance pourra renaître sur les marchés financiers. Ce qui signifie que les trous noirs bilanciels pourront laisser revenir à la surface les énormes quantités d’argent qu’ils ont absorbées, à savoir la masse de liquidités qui circulait autour du globe avant la crise, augmentée de ce qui a été injecté par les banques centrales 8 pour prévenir l’assèchement des marchés.

Cette masse monétaire (pour laquelle le vocabulaire fait défaut : tératologique ?) cherchera bien sûr à s’investir quelque part. Il est vraisemblable qu’ayant tiré les leçons des anni horribiles 2007 à 2010, les investisseurs financiers chercheront des placements alternatifs à ceux qui avaient fait leurs délices. Plusieurs options sont envisageables. La dette souveraine des pays en est une, très dangereuse pour la souveraineté des États. Les droits à polluer en seraient une autre, non moins dangereuse, pour l’écologie planétaire cette fois. Une « financiarisation » du droit à polluer, si elle ne s’accompagne pas de mesures d’encadrement rigoureuses (et c’est au G20 d’imposer ces mesures) ne pourra qu’entraver la finalité initiale de ces « droits », à savoir la limitation de l’émission de gaz à effets de serre. L’expérience des dernières années montre en effet que l’ouverture de marchés pour ces droits, loin de diminuer cette émission, la favorise – ce qui ne surprendra que ceux qui croient encore que des marchés non réglementés conduisent spontanément à une allocation efficace des ressources qui s’y échangent ! La troisième option est peut-être la plus vraisemblable, la moins dangereuse à court terme pour les sociétés du Nord, et la plus immédiatement pénalisante pour les sociétés du Sud. Il s’agit de l’énergie et des matières premières. Un scénario analogue à celui qu’ont connu le pétrole et l’alimentation en 2008 n’est pas à exclure, ce qui signifierait, pour 2010, une explosion inflationniste. C’est cette perspective qui motive la réticence de Jean-Claude Trichet à baisser davantage les taux de la BCE.

Ce scénario, qu’Edgar Fortgaillard appelait de ses vœux dans cette revue 9, est probable, sinon inévitable. Mais il appelle trois remarques : 1) si l’on ne prend pas les moyens d’assigner à la BCE d’autres finalités que la lutte anti-inflationniste, celle-ci rehaussera ses taux en 2010. Ce serait un nouveau plongeon pour l’économie réelle et le renvoi d’une reprise de la croissance d’ici à bien plus tard. À moins, bien sûr, que la BCE, devant l’ampleur de la crise sociale, ne renonce d’elle-même à sa propre mission, au risque de perdre toute crédibilité et d’accélérer la crise institutionnelle de l’Union européenne elle-même (qui pourrait être aussi attisée par la spéculation sur les dettes souveraines des États membres, la Grèce et l’Irlande notamment). 2) Si le G20 n’impose pas une réglementation sévère des marchés de l’énergie et des matières premières et des marchés de dérivés sur ces produits, leur financiarisation conduira à des bulles spéculatives incontrôlables, aux effets économiques catastrophiques. 3) Si, d’ici là, nous ne nous sommes pas « convertis », en France, au bien-fondé d’une croissance forte des salaires, la question n’est plus de savoir si nous allons au-devant d’une crise sociale majeure mais de savoir si celle-ci éclatera avant ou après 2010…

Étrange attitude que celle du gouvernement français : après une ébauche insuffisante de relance par l’offre sans concertation européenne, nous attendrions sagement la « reprise » ? Bercy compte peut-être sur le « bénéfice collatéral » des plans de relance autrement plus vigoureux de la Chine et des États-Unis. Cette attitude de « passager clandestin » a été dénoncée à haute voix, notamment par l’administration Obama à l’occasion du deuxième sommet du G20. L’autre hypothèse – est-elle envisageable ? – est le « pourrissement » de la situation, à l’image du trou de la Sécurité sociale. Lorsque l’explosion du chômage sera devenue socialement intolérable, lorsque la récession aura mécaniquement creusé davantage encore le déficit public, il sera temps d’affirmer qu’il n’y a pas d’autre issue que de trancher, par exemple, dans les coûts de la fonction publique – comme vient de faire l’Irlande – afin, sans doute, de financer des aides aux sans-emploi et de ne pas accroître davantage le déficit. Au lieu d’une relance par la demande, on pratiquerait ainsi un « freinage » par la demande ! Mais l’essentiel du programme d’une « révolution conservatrice » à la française serait alors sauvegardé, avec la fin de tout un pan des services publics. La gestion actuelle de la crise de l’enseignement supérieur et de la recherche serait-elle, à cet égard, prémonitoire ?



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1 / Pour la fin de ce capitalisme-là, voir le dossier de Projet n° 309, mars 2009

2 / Cf. « Nouveaux chemins de solidarité par temps de crise », Etudes , janvier 2009

3 / Cf. «Pour un nouveau Bretton Woods », Projet , mars 2009

4 / i.e., comme celle qu’a connue le Japon dans les années 90, à la suite d’une crise immobilière

5 / http://sylvainzeghni.over-blog.com /

6 / Il s’agit de l’impact sur le Pib d’une augmentation du déficit public sous forme de relance. Si ce multiplicateur est égal à 1,5 (une valeur assez raisonnable), l’augmentation d’un euro de déficit augmentera le Pib d’1,5 euro

7 / Ce qui, une fois de plus, milite en faveur d’une révision du statut de la BCE, cf. Vingt Propositions pour réformer le capitalisme, Flammarion, 2de éd. avril 2009, Prop. 19. http://www.20propositions.com

8 / Pour ne prendre qu’un exemple, les 250 milliards de Droits de tirage spéciaux accordés au Fmi par le G20 reviennent très exactement à faire fonctionner la planche à billets, c’est-à-dire à créer de la monnaie supplémentaire ex nihilo

9 / Cf. « Inflatio veritas », Projet , mars 2009


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