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Fraternité, j'écris ton nom

Le pape François lors de sa visite en Corée du Sud en 2014. Crédits : Jeon Han, République de Corée (CC BY-SA 2.0)
Le pape François lors de sa visite en Corée du Sud en 2014. Crédits : Jeon Han, République de Corée (CC BY-SA 2.0)

Fratelli Tutti, la dernière encyclique du pape François, pose la fraternité comme condition sine qua non face aux défis mondiaux. Prises en étau entre néolibéralisme et populismes, les sociétés ont à réapprendre une culture de la rencontre.


Après Laudato Si’ (2015), texte majeur du pontificat du pape François appelant à affronter les défis posés par la crise environnementale, voici une autre encyclique située dans le champ de la doctrine sociale de l’Église catholique. Cette fois-ci, c’est une question fondamentale pour la vie en société qui est sur la sellette : comment la fraternité peut-elle l’emporter sur la méfiance et la compétition ? Cette intervention s’inscrit dans le contexte de la montée des populismes et des gouvernements autoritaires.

Fratelli tutti part d’un regard sur le monde et y décèle un paradoxe : alors que nous n’avons jamais été autant reliés les uns aux autres par toutes sortes de flux et d’échanges, nous nous montrons incapables d’agir ensemble. Beaucoup de rêves se brisent et « un projet visant de grands objectifs pour le développement de toute l’humanité apparaît aujourd’hui comme un délire » (161). Même face à la crise écologique qui appelle d’urgence des mesures coordonnées, on observe la même atomisation des acteurs : « Protéger le monde qui nous entoure et nous contient, c’est prendre soin de nous-mêmes. Mais il nous faut constituer un “nous” qui habite la maison » (17). Or ce « nous », semble dire le pape, n’existe pas.

Pour rendre compte du phénomène, François décrit une situation où le monde est pris en tenailles entre, d’un côté, une mondialisation libérale brutale pour les personnes et les peuples (avec toutes ses orchestrations notamment en termes de communication et d’images) et, de l’autre, la réaction qu’elle suscite à travers la montée des populismes et des régimes autoritaires. Or ces deux tendances aboutissent au même résultat : l’incapacité à agir ensemble, soit parce que des acteurs sont disqualifiés (néolibéralisme), soit parc

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