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© ricochet64 / iStock
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Crises sanitaires : faut-il tout miser sur l’hôpital ?


Le coronavirus a mis la France face à la défaillance de son système de santé publique. Centré sur l’hôpital, il tend à négliger certains facteurs sociaux et environnementaux, en amont et en aval d’une prise en charge médicalisée. En vue des crises sanitaires à venir, faut-il développer des surcapacités hospitalières ou réformer en profondeur nos politiques de santé publique ?


Que nous apprend la crise du coronavirus sur les enjeux de santé publique en France ?

Ce qui m’a le plus frappé, c’est que l’épidémie a essentiellement été abordée sous l’angle du système de soin. L’enjeu majeur a été de ne pas engorger les hôpitaux et de maximiser le nombre de lits disponibles en réanimation. La lutte contre le coronavirus a été très largement hospitalière et biomédicale. Le confinement, par exemple, n’est pas une réponse de santé publique au virus. C’est une réponse organisationnelle, pour faire en sorte de ne pas déborder les services de réanimation, mais qui laisse totalement en suspens la question de la lutte contre l’épidémie au moment du déconfinement.

C’est assez symptomatique de la façon dont, historiquement, la France approche la question de la santé : comme une absence de maladie. Or l’Organisation mondiale de la santé (OMS) propose une vision beaucoup plus large, qui me paraît plus intéressante. La santé est un état complet de bien-être physique, mental et social. Au cours du XXe siècle, on pensait résoudre tous nos problèmes de santé en créant plus d’hôpitaux, en augmentant leurs moyens, en développant l’assurance maladie, etc. Pourtant, les inégalités sociales de santé n’ont quasiment pas diminué. La santé publique ne se réduit pas à l’art de guérir les maladies : il s’agit de prévenir, d’éduquer, d’informer, de promouvoir la santé. La France a sous-investi ce domaine, ce que nous payons aussi avec le coronavirus. Nous sommes dans une phase d’urgence, mais déjà, apparaissent des travaux sur les effets de la pollution atmosphérique et de la mauvaise qualité de l’eau dans la propagation du virus. Soit des déterminants de santé qui font notre environnement et sur lesquels on pourrait agir en amont de l’hospitalisation. Je pense que cette crise peut être l’occasion d’en faire

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