Logo du site
Khaleda travaillait dans l'immeuble du Rana Plaza lorsqu'il s'est effondré en 2013. Elle a été sauvée après seize heures passées sous les décombres. CC-BY-2.0 Narayan Debnath / UK Departement for International Development, 2014.
Khaleda travaillait dans l'immeuble du Rana Plaza lorsqu'il s'est effondré en 2013. Elle a été sauvée après seize heures passées sous les décombres. CC-BY-2.0 Narayan Debnath / UK Departement for International Development, 2014.

Devoir de vigilance


L’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza, en 2013, au Bangladesh, a dramatiquement relancé la question : comment mettre les donneurs d’ordre face à leurs responsabilités pour que leurs sous-traitants respectent les hommes et l’environnement ? Une proposition de loi déposée en 2015 prévoit des moyens d’action. Mais son adoption n'est pas simple... Et la vigilance s'impose pour qu'elle favorise les droits des travailleurs plus que l'essor de l'industrie de l'audit.

La loi « Devoir de vigilance1 » est traditionnellement reliée à l’accident du Rana Plaza. Le 24 avril 2013, l’effondrement de ce bâtiment, qui abritait sur plusieurs étages des usines textiles dans la ville de Dacca (Bangladesh), provoqua la mort de 1135 ouvriers et ouvrières. La médiatisation de cette catastrophe a donné un écho plus fort aux associations et aux syndicats de travailleurs qui tentent d’obtenir des avancées décisives au sujet de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), en particulier à propos des accidents qui émaillent régulièrement des secteurs industriels comme celui du textile. L’effondrement du Rana Plaza était le résultat d’une succession de dysfonctionnements et de négligences coupables. Il révélait la corruption des autorités administratives locales par les propriétaires de l’usine, l’inaction et la passivité complice des donneurs d’ordre, silencieux face à l’absence de respect des normes de sécurité élémentaires chez leurs sous-traitants. Le drame fut causé par les vibrations provoquées par les générateurs d’électricité installés en haut du toit pour alimenter les usines. Le Rana Plaza comptait alors deux étages de plus que le bâtiment initial, conçu pour abriter des activités commerciales. Son agrandissement avait été rendu possible après qu’un permis de construire avait été délivré par concussion des fonctionnaires locaux. Les vibrations ont provoqué la désintégration des murs du bâtiment. Des failles apparues quelques jours plus tôt laissaient pourtant entrevoir une telle issue. Craignant pour leur vie, des ouvrières étaient d’ailleurs sorties du bâtiment, la veille du drame, avant d’y retourner sous la menace d’un licenciement.

Les donneurs d’ordre de grandes marques de textile ont d’abord nié, plus ou moins ouvertement, t

Cet article est réservé aux abonné.e.s

vous pouvez l'acheter à l'unité ou par Question en débat
Pour accéder à cet article :

Déjà abonné.e ?

M'identifier

Revue-Projet.com offre l'accès gratuit aux articles de moins de 2 mois ou plus de 4 ans.

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules