Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !
Logo du site

Pour une réforme citoyenne de le Sécurité Sociale (éditorial)


Réformer la sécurité sociale ? Si un premier pas est franchi, beaucoup de chemin reste à parcourir. Les tensions économiques fortes qui pèsent sur le régime général sont peut-être transitoirement surmontées, elles révèlent combien est difficile la responsabilisation des acteurs. Les premières mesures – l’instauration d’une contribution d’un euro par consultation, l’informatisation du dossier médical – ne pourront suffire, à elles seules, à mener chacun vers des choix plus raisonnables. La contrainte pèsera lourd sur les uns, insuffisamment sur les autres. Le rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie l’avait indiqué : trouver un équilibre durable appelle à revisiter lucidement les attitudes de tous, quel que soit leur rôle, demandeurs de soins, payeurs, prestataires de services.

Ce sera difficile, la question de la santé touche aux vulnérabilités et aux responsabilités de tous. Patients, nous nous tournons vers les soignants ; nos corps et leurs souffrances disent, à leur manière, le sens et les mal-sens de nos engagements et participations à la vie de la cité. Soignants, nous portons cette demande, l’encourageant parfois. Nous pouvons la recevoir ou l’écarter, renvoyer le « client » à ses choix, encourager sa quête effrénée. Nous avons peur des risques à assumer, des incertitudes face aux exigences de bien-être. Payeurs, nous devons assumer les contraintes de gestion, donner des repères de décision en respectant la liberté de tous, en particulier des plus faibles.

Pour de tels choix, le gouvernement a posé des jalons. Mais n’a-t-il pas aussi joué de l’esquive ? Les Français ont encore besoin de lui ! Non pas pour dicter des solutions, trouver un remède miracle qui mettrait tout le monde d’accord. N’ayons pas peur de le reconnaître, la question de la santé nous tient à cœur, et souvent nous rend sourds. Le gouvernement peut-il permettre que mûrissent encore les délibérations, que soient exprimées les aspirations individuelles de chacun, que soit manifesté un réel souci pour les sans-droits et les plus démunis, que soient mesurées les conséquences de l’utopie d’un bien-être partagé ?


Les plus lus

L'homme et Dieu face à la violence dans la Bible

Resumé Faut-il expurger la Bible ou y lire l'histoire d'une Alliance qui ne passe pas à côté de la violence des hommes ? Les chrétiens sont souvent gênés par les pages violentes des deux Testaments de la Bible. Regardons la Bible telle qu’elle est : un livre à l’image de la vie, plein de contradictions et d’inconséquences, d’avancées et de reflux, plein de violence aussi, qui semble prendre un malin plaisir à multiplier les images de Dieu, sans craindre de le mêler à la violence des hommes. Une ...

L’émergence de nouveaux acteurs

Depuis quelques années, aussi bien la société civile (représentée par des Ong) que les entreprises multinationales, sont devenues des acteurs importants dans l’élaboration de nouvelles régulations mondiales. Au-delà du lobbying, leur action peut contribuer à édifier un droit informel sur des questions nouvelles (environnement, éco-labels, normes sociales, corruption). Les gouvernements nationaux, dit-on, perdraient peu à peu des pans entiers de leurs pouvoirs au profit d’un nombre de plus en plu...

Rôle et nature de l'actionnariat dans la vie des entreprises

Resumé Si la croissance rentable est le principal objectif pour les actionnaires, elle ne peut être leur seule visée. Il importe de mettre en œuvre des processus qui précisent les modes de relation avec les dirigeants de l’entreprise. Celle-ci a les actionnaires qu’elle mérite : seront-ils les partenaires du développement social ? De nombreuses situations récentes ont montré l’influence grandissante des actionnaires. Dernier exemple en date, en France, celui de Danone : après avoir renoncé à acq...

Du même auteur

Partage du travail : perspectives interreligieuses

Le christianisme, comme l’islam, le judaïsme ou le bouddhisme insistent sur la dignité de l’homme au travail, sur son inscription dans une communauté. L’idée d’un partage du travail est diversement accueillie. Partager avec qui ? Pourquoi ? L’auteur appelle à un engagement interreligieux concret sur le sujet. Replacée dans le cadre du dialogue interreligieux, la question du partage du travail ne tient pas de l’évidence1. Le travail se partage-t-il ? Avec qui ? On peut partager le travail, quand ...

De nouvelles formes d'engagement

Resumé Les jeunes de 2008 reproduisent-ils simplement les modèles d’engagement de leurs aînés ? Les jeunes s’engagent-ils sur des projets de manière différente que les plus âgés ? La réponse à cette question pourrait s’en tenir à souligner les écarts entre les jeunes et leurs aînés, ou à relever des changements entre les jeunes d’aujourd’hui et ceux d’hier - les nouvelles générations ne s’engagent pas comme celles qui les ont précédées. Elle peut aussi considérer que c’est toute la société qui e...

Recomposition des représentations familiales

Pour qui observe le champ de la famille, peut-on dire que le « moment mai 68 » correspond à une rupture ? Parler de moment, selon l’expression de Denis Pelletier, désignant une période ouverte des années 60 aux années 80, est plus pertinent que de se limiter à une date pour analyser les changements. Dans l’histoire sociale, le temps se fait glissant, les générations succédant aux générations. Et en effet, les évolutions de la famille révèlent une série de mutations suffisamment proches pour pou...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules