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Rendre compte de la réalité du chômage

©le Haricot/Flickr/CC
©le Haricot/Flickr/CC
Resumé Au-delà du nombre des chômeurs comptabilisés, la réalité du chômage et la situation du marché de l’emploi ne transparaissent pas dans les chiffres officiels. Travailleurs pauvres ou détenteurs d’un emploi précaire, déclassé, à temps partiel, cherchent à survivre sans projet professionnel.

De nombreuses associations de solidarité avec les chômeurs tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois. Leur inquiétude est partagée par d’autres organismes, ainsi les « épiceries sociales », qui constatent le nombre croissant de foyers en difficultés financières. Après une période de baisse, jusqu’en avril 2001, le taux de chômage s’est stabilisé autour de 9 % de la population active 1 Mais la précarité au travail se banalise et le nombre des travailleurs pauvres 2 est source d’inquiétude. Certains, qui se mobilisent depuis longtemps aux côtés de demandeurs d’emploi de longue durée, sont les témoins privilégiés d’attitudes de « sauve-qui-peut ».

La situation actuelle du marché de l’emploi est donc difficile : le niveau de chômage demeure élevé et tout un groupe de personnes se trouvent durablement écartées de l’emploi. Certains, enfin, se voient cantonnés dans l’entre-deux de la précarité. Ils cherchent à entrer sur le marché de l’emploi, mais ne trouvent pas leurs marques dans les contrats à temps partiel ou à durée déterminée qui leur sont proposés. La réunion de ces indices révèle combien, au-delà de la question de l’emploi au sens strict, le travail en France est entré dans une zone de turbulences. Il est profondément marqué par l’exigence de mobilité, pour laquelle manquent toujours une réelle préparation et un encadrement responsable. Comment rendre compte de l’emploi et du chômage en France ? Quelles pistes esquisser pour l’avenir ?

Des statistiques nécessaires, mais complexes

Prise au moment où se retournait la courbe de la baisse du taux de chômage, une photo aidera à réfléchir sur les statistiques habituellement établies et diffusées.




Comme l’indique le tableau ci-dessus, une baisse importante du nombre de demandeurs d’emploi s’est produite entre mai 1998 et mai 2001 : - 900 000 en trois ans ! Cette diminution porte sur les personnes immédiatement disponibles et à la recherche d’un emploi à durée indéterminée et à temps plein, les « demandeurs d’emploi fin de mois » de catégorie 1 (les DEFM 1). Cette catégorie sert de base officielle à l’évaluation du chômage en France. Cependant, les statistiques concernant les personnes prêtes à prendre des emplois à temps partiel ou à durée déterminée (les DEFM 2+3+7+8) suivent, sur la même période, une pente inverse : leur nombre s’accroît d’environ 280 000. Enfin, entre mai 1998 et mai 2001, le nombre de ceux à temps partiel qui cherchaient un emploi à durée indéterminée à temps plein (DEFM catégorie 6) a baissé de 30 000.

Ainsi, en mai 2001, le nombre des demandeurs d’un emploi à durée indéterminée à temps plein s’élevait à 1 964 000, mais on peut estimer que l’ensemble des personnes insatisfaites de leur situation par rapport à l’emploi était de 3 244 000 (DEFM 1+2+3+6+7+8). Encore faudrait-il ajouter à ce chiffre tous ceux en stages et en contrats aidés (DEFM 4 et 5) qui ne sont pas comptabilisés dans les statistiques diffusées, ainsi que certaines personnes qui souhaiteraient travailler mais sont dispensées de rechercher un emploi à cause de leur âge.

Le tableau met en évidence le nombre important des personnes cherchant un emploi à temps partiel, saisonnier ou à durée déterminée (637 000 en mai 2001). Mais les chiffres ne laissent pas apparaître les motivations qui les animent. Vouloir occuper un poste à temps partiel, saisonnier ou à durée déterminée peut correspondre à un choix positif, le désir, par convenance personnelle, de travailler à ce rythme. Mais ce peut être aussi une « recherche par défaut » : faute de mieux, l’acceptation de la forme de travail qui, à tort ou à raison, paraît la plus accessible. Ce peut être, encore, une conséquence d’une appréciation de la vitalité économique du moment : en période de reprise, des personnes qui ne cherchaient pas (ou ne cherchaient plus) un emploi peuvent être incitées à se présenter à nouveau sur le marché du travail. Le temps partiel subi est une réalité. En mai 2001, le nombre des travailleurs à temps partiel ou en contrat à durée déterminée, qui pourtant souhaitent un autre statut, s’élève à 645 000. Ces personnes (les DEFM 6+7+8) ont une disponibilité qui ne trouve pas à être satisfaite.

Une norme implicite

Il est indispensable de disposer d’une photo du chômage. C’est ce que proposent les statistiques officielles. Mais, de même qu’une photo est prise à partir d’un certain angle et avec une certaine profondeur de champ, de même les statistiques sont établies à travers un certain prisme. Reposant sur la catégorie DEFM 1, les chiffres officiels du chômage en France indiquent que la norme est celle du contrat à durée indéterminée à temps plein.

Cette norme correspond sans nul doute aux aspirations de la majorité de la population active. Mais est-elle cohérente avec tous les discours qui vantent l’émergence de nouveaux rythmes de travail (et en particulier le travail à temps partiel, temporaire ou saisonnier) ? Si l’on considère que la norme est de travailler, fût-ce à temps partiel et quel que soit le statut dans l’emploi, pourquoi mesurer le chômage à partir du seul nombre de DEFM 1 ? Ne convient-il pas de compter toutes les personnes qui n’ont pas travaillé et qui cherchent un emploi, quel qu’il soit (les DEFM 1+2+3) 3.

L’utilisation exclusive du critère « à durée indéterminée, à temps plein » ne permet pas de rendre compte de ce qui se passe sur le marché de l’emploi et de ce que vivent les individus au travail. Aujourd’hui, la population active inoccupée ne se divise pas en deux groupes, clairement distincts : les demandeurs d’emploi à durée indéterminée à temps plein et les autres. Au-delà de la seule catégorie des DEFM 1, beaucoup de personnes voient leurs attentes déçues, ce que traduit la définition des catégories 1 à 8 de DEFM. On peut aussi penser à tous ceux âgés de moins de 65 ans et dispensés de recherche d’emploi, qui ne figurent donc dans aucune catégorie.

Mais l’insatisfaction touche aussi des personnes qui ont un emploi. Avec Serge Paugam, on pourrait analyser l’intégration professionnelle en fonction d’un double critère : la satisfaction dans le travail et la stabilité dans l’emploi 4. Emergeraient alors quatre formes d’intégration professionnelle : l’intégration assurée (stabilité de l’emploi et satisfaction dans le travail), l’intégration incertaine (satisfaction dans le travail et instabilité de l’emploi), l’intégration laborieuse (insatisfaction dans le travail et stabilité de l’emploi) et enfin l’intégration disqualifiante (insatisfaction dans le travail et instabilité de l’emploi). Une autre piste de réflexion serait de mettre l’accent sur la notion d’emploi inadéquat 5. Cette inadéquation concerne tous ceux qui ont un emploi (quelle qu’en soit la forme) mais qui souhaitent en changer (parce que leurs qualifications professionnelles sont mal utilisées, qu’ils travaillent trop, que leurs horaires sont inadaptés, leur rémunération liée au travail est trop faible, leur statut précaire, les difficultés de transport importantes, etc.).

Etablies en référence à des critères qui ne peuvent conduire à une appréhension parfaite de la réalité, les statistiques sont toujours relatives. Elles présentent cependant l’intérêt de proposer des séries chronologiques qui permettent d’analyser les évolutions en cours. Cela suppose que soit stable la norme implicite utilisée. Dès lors que celle-ci est, dans les faits, remise en question, il convient de s’interroger sur l’établissement des statistiques et leur diffusion. C’est ce qui arrive aujourd’hui pour rendre compte de l’emploi et du chômage. Il est urgent de redéfinir les informations diffusées dans deux directions : d’une part, pour rendre compte des contraintes du marché du travail (quelle que soit l’appréciation que l’on en donne) et, d’autre part, pour prêter attention à la satisfaction au travail. Il y a là deux pistes pour élaborer des statistiques qui traduisent la réalité du chômage et de l’emploi.

Au-delà de la photo

On peut mettre en série les données chiffrées, constituer comme un jeu d’instantanés. Mais il s’agit encore d’une vision statique de l’objet étudié. En ce qui concerne le chômage, la réalité – vue à partir des personnes elles-mêmes – est différente, car le domaine de l’insertion professionnelle et sociale est marqué par le mouvement. Comment tenter de rendre compte des itinéraires que les personnes au chômage suivent dans leur marche vers l’emploi ? La notion d’itinéraire est difficile à appréhender. Face aux données quantitatives, qui rassurent et permettent la rédaction de rapports aux annexes impressionnantes (comme le savent bien les associations de solidarité avec les chômeurs soumises à la production de résultats chiffrés permettant de justifier leur action aux yeux des pouvoirs publics), la référence aux itinéraires peut dérouter, déstabiliser... : le risque du subjectivisme est réel. Et pourtant, n’est-ce pas nécessaire ?

Quelques exemples, tirés de la vie d’associations de solidarité avec les chômeurs, soulignent combien toute catégorisation concernant les demandeurs d’emploi peut prêter à des interprétations contradictoires :

– Une jeune femme en Contrat Emploi Solidarité exprime qu’elle vit fort bien sa situation de précarité dans l’emploi, parce qu’elle a une visée professionnelle : elle sait où elle veut aller et sait que son poste actuel ne la satisfait pas, qu’il ne s’agit que d’une étape vers l’avenir.

Alors qu’une autre personne ne voit dans sa situation en Contrat Emploi Solidarité qu’une très improbable et déstabilisante voie vers l’emploi.

– Des chômeurs découvrent des lieux importants de la vie, autres que le travail. Des lieux où priment les relations humaines (soins aux personnes âgées), des lieux qu’ils avaient négligés autrefois, alors qu’ils travaillaient à temps plein. Ils peuvent en conclure que leur recherche d’emploi doit se tourner vers un temps partiel, malgré les conséquences financières que ce choix entraînera.

Mais, à côté, beaucoup éprouvent l’expérience du chômage comme une intolérable mise à l’écart, l’absence de reconnaissance sociale qui ne saurait passer que par l’emploi. Pour eux, le travail à temps partiel est un sous-emploi.

– Un étranger, au chômage de longue durée et âgé de plus de 50 ans, doit accepter un stage (un de plus !) dans une entreprise au départ mal disposée à son égard... Or ce stage se déroule très bien et débouche sur un emploi.

Pour combien d’autres personnes, cependant, ces stages ne sont effectivement que des expériences sans lendemain, des « stages parkings ».

– Une personne renonce à occuper un emploi à temps plein pour lequel elle est surqualifiée pour prendre un emploi à temps partiel dans sa compétence professionnelle. Elle reprend ainsi contact avec son métier et réintègre la vie professionnelle dans un environnement qui lui est familier et qu’elle apprécie. Cela avec l’espoir de réintégrer petit à petit sa profession.

Pour beaucoup, à l’inverse, l’acceptation d’un emploi à temps partiel n’est qu’une expérience très négative.

De tels exemples pourraient être multipliés. Les associations de solidarité avec les chômeurs sont très sensibles à cette diversité des itinéraires. Au-delà des statistiques qui attribuent à chaque personne une place au sein d’une catégorie, il est important pour elles de prendre véritablement en compte ces parcours personnels. En quoi les différents statuts dans l’emploi permettent-ils la construction de véritables trajets professionnels ? Il ne suffit pas de chiffrer le nombre de personnes en Contrats Emploi Solidarité ou de celles en DEFM 6. Il importe aussi de repérer dans quelle mesure ces situations particulières relèvent « d’itinéraires cohérents vers l’emploi ». Le cliché statistique ne décrit que l’état du chômage à l’instant t ; il faut le compléter par une approche qui rende compte du mouvement.

Le difficile rapport au mouvement

La coexistence, en un même lieu de travail, de personnes dont les liens juridiques à l’entreprise sont très variés (salariés de l’entreprise en contrat à durée indéterminée à temps plein, stagiaires, salariés à temps partiel en contrat à durée déterminée, ou encore salariés d’un prestataire de services, etc.) pousse chacune à se sentir responsable de son propre itinéraire professionnel. La disponibilité à se former, à s’appuyer sur les connaissances et compétences d’un moment pour découvrir de nouvelles démarches et techniques, à entrer, en définitive, dans un réel processus de formation permanente appartient aussi aux conditions de l’emploi aujourd’hui. Certains se trouveront spontanément à l’aise dans un tel environnement, ils y ont été préparés. D’autres se sentiront déstabilisés, car ils n’ont pas été formés pour entrer dans une vie professionnelle en mouvement.

Pour chacun, la référence à un « itinéraire cohérent vers l’emploi » est liée à l’existence d’un « projet professionnel » éprouvé. Dès qu’une personne est en mesure d’identifier un objectif, elle peut élaborer une stratégie qui lui permette de s’en rapprocher. Les étapes intermédiaires – par exemple l’acceptation d’un emploi temporaire ou l’entrée dans un stage qui donne d’éprouver des compétences professionnelles dans le cadre d’une formation qualifiante – s’inscrivent sur cet horizon temporel de moyen ou long terme, et ne sont pas perçues comme des culs-de-sac ou des ornières.

Un des ressorts essentiels du soutien aux demandeurs d’emploi est leur capacité à se projeter dans l’avenir (dans la mesure où une telle projection est possible). Or de nombreuses associations de solidarité expriment leur inquiétude. Certaines qui, il y a encore quelques années, se proposaient de soutenir les chômeurs dans leur élaboration d’un projet professionnel, disent rencontrer aujourd’hui des personnes aux abois. Au jour le jour, il s’agit de s’en sortir le mieux possible : la perspective d’avoir un emploi stable paraît tenir du rêve. Après une période de reprise, où d’autres ont pu voir leurs démarches aboutir, il est difficile à ceux qui restent de se retrouver au bord de la route. Leur seule stratégie est de survivre.

L’émergence « d’itinéraires cohérents vers l’emploi » dépend aussi des environnements culturels. La possibilité de « rebondir », après les aléas de sa vie professionnelle, n’est pas identique d’un pays à l’autre. Des Français établis aux Etats-Unis témoignent, à partir de leur propre carrière, de la possibilité de traverser des échecs professionnels en recommençant « à la base ». On ne sera pas pénalisé pour avoir accepté, à la suite d’une grave difficulté, un poste pour lequel on est surqualifié. Cette situation pourra n’être que provisoire. Dans la mesure où l’on aura fait ses preuves, un nouveau départ – pour une carrière professionnelle éventuellement brillante – est possible. Le contexte culturel français présente plus de rigidités. Les risques de déclassement sont réels pour qui renonce à occuper un poste de travail correspondant à ses qualifications ou à ses responsabilités antérieures 6. L’image sociale attachée à un poste de travail est forte, elle rejaillit sur celui ou celle qui l’occupe, et il est bien difficile d’échapper à cette logique. Quand une personne en recherche d’emploi est prête à affronter ces risques de déclassement, elle éprouvera nécessaire de recourir aux non-dits dans les entretiens d’embauche, voire de présenter un curriculum vitae incomplet 7.

Des pistes pour l’avenir

L’information concernant l’état du chômage et de l’emploi peut être améliorée. Certes, des statistiques existent, nombreuses et fines, sur les différentes formes d’éloignement de l’emploi, mais l’indicateur officiel du chômage s’en tient à une seule catégorie, restreinte, de personnes : celles immédiatement disponibles et à la recherche d’un emploi à durée indéterminée et à temps plein. Il importe de rendre publiques les informations permettant de mieux prendre en compte la précarité en emploi, de diffuser les statistiques concernant les DEFM de catégories 2, 3, 6, 7 et 8, ainsi que les évolutions touchant le nombre de personnes en stages ou en contrats aidés (DEFM 4 et 5). Mais il serait aussi nécessaire, dans une seconde étape, de développer de nouveaux outils, afin de mieux appréhender les itinéraires des personnes en recherche d’emploi. La double référence à la satisfaction par rapport à l’emploi et à la définition d’un projet professionnel (est-ce que je sais vers où je veux aller à l’horizon n+1, n+2..., et est-ce que ce que je fais aujourd’hui m’en rapproche ?) peut servir de base pour cette recherche de nouveaux outils.

Dans un autre domaine, le chantier qui est devant nous est celui d’une définition des conditions juridiques d’un équilibre entre mobilité et sécurité au travail. Quand beaucoup connaissent des itinéraires professionnels hachés, entrecoupés de périodes diverses (salariat, formation, congé parental, chômage, soin d’un parent malade, création d’entreprise, etc.), il est nécessaire de « sécuriser » ces parcours. Dans le domaine professionnel, le mouvement – qui signifiera toujours une certaine déstabilisation, mais aussi une possibilité d’ouverture et de croissance personnelles – doit pouvoir être vécu avec un minimum de sécurité. Le gouvernement et le législateur, en lien avec les partenaires sociaux, devraient prendre des initiatives en ce domaine.

Enfin, mais il s’agit d’une démarche de long terme, l’enjeu est de se former pour vivre heureusement une « culture du mouvement » dans la vie professionnelle. Comment rendre possible à tous, et non à quelques-uns, l’accès au mouvement, dans la formation initiale comme dans la formation permanente ? Pour la formation initiale, la question est celle d’une véritable orientation pédagogique : apprendre à apprendre. Quant à la formation permanente, ce sont les conditions d’accès aux propositions qu’il faut évaluer : les programmes sont-ils suffisamment divers pour être adaptés aux différents profils de salariés ? Sont-ils effectivement ouverts à tous ? etc. Alors, et alors seulement, la culture du mouvement pourra être justement valorisée. L’appel au mouvement dans la vie professionnelle cessera de résonner comme une injonction à laquelle doivent se plier tous les salariés, y compris ceux-là même qui n’ont jamais été préparés à entrer dans cette dynamique professionnelle.






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1 / En mai 2002, le taux de chômage au sens du Bit s’élève à 9,1 % de la population active.

2 / On appelle « travailleurs pauvres » les personnes souhaitant travailler la majeure partie de l’année (qui font partie de la population active pendant au moins 6 mois), qui ont effectivement travaillé (au moins 1 mois sur 12), mais qui ne parviennent pas à gagner suffisamment leur vie (ils font partie d’un ménage pauvre). Cf. Jean-Michel Hourriez (Insee, division revenus) dans la contribution « Les statistiques sur les travailleurs pauvres » au colloque d’Evry-Val-d’Essonne du 29 mai 2000 sur ce thème.

3 / Selon une telle évaluation, le chômage concernerait 2 600 000 personnes en mai 2001.

4 / Cf. Serge Paugam, Le salarié de la précarité, Puf, coll. Le Lien social, 2000.

5 / Cf. « Du nouveau pour les statistiques du travail », in Revue internationale du travail, vol. 138, n° 1, 1999.

6 / Cf. Philippe d’Iribarne, Le chômage paradoxal, Puf, coll. Economie en liberté, 1990.

7 / Ces stratégies sont rarement couronnées de succès, car les recruteurs débusquent bien souvent les incohérences des itinéraires.


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